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Après l´arrachage de vignes
Ne pas « planter » sa replantation

Le Languedoc-Roussillon a payé un lourd tribut à l´arrachage. Aujourd´hui, la reconversion qualitative différée du vignoble est en marche. On arrache pour mieux replanter.


S´il y a 15 ans, on arrachait dans le seul but de réduire le volume de production, aujourd´hui, on arrache avec l´intention de replanter et de faire de la qualité. D´où un certain nombre de précautions à prendre. « Le choix du porte-greffe est déterminant, assure Cédric Lecareux, de la Chambre d´agriculture de l´Aude. Il doit être choisi selon des critères précis comme le type de sol et la recherche de rendement ou de qualité. Les trois porte-greffes majoritaires du Languedoc-Roussillon que sont 110 R, 140 RU et SO4 évitent les problèmes de chlorose mais laissent parfois à désirer du point de vue qualitatif et même quantitatif. »

Des essais sur syrah de la Chambre d´agriculture de l´Aude montrent par exemple qu´à rendement équivalent, le porte-greffe 3309C offre un degré de plus que le porte-greffe SO4. De plus, des dégustations ultérieures ont démontré que le porte-greffe 3309C donnait de meilleurs résultats qualitatifs. « L´analyse de sol est primordiale car elle permet de choisir le porte-greffe le plus adapté à la parcelle, sans forcément se limiter à l´un des porte-greffes du triptyque méditerranéen », poursuit Cédric Lecareux.
« L´étude de la vigne précédente peut être très instructive, indique Nathalie Goma-Fortin de la Chambre d´agriculture de l´Hérault. Ainsi, avant d´arracher, le creusement d´un fossé pédologique permettra de connaître le comportement de la vigne et d´observer d´éventuelles discontinuités du sol qu´il sera utile de faire disparaître lors du travail du sol au moment de la replantation ».
©C. Corbier


Cultures intermédiaires : une solution d´attente
Le coût moyen de plantation d´un hectare de vignes est de l´ordre de 10 à 15 000 euros avant la première vendange. Il faut donc chercher à optimiser financièrement les pratiques et les choix menant à la replantation d´une parcelle. Mettre en place des cultures intermédiaires entre arrachage et replantation peut constituer une solution aux multiples atouts : limitation de l´érosion et des adventices indésirables, entretien ou augmentation du taux de matière organique, bénéfices sur les ventes des cultures. Selon le type de sol et le nombre d´années de repos prévues, différentes cultures peuvent être mises en place comme des céréales, des graminées fourragères, des légumineuses voire des courgettes, des melons ou des asperges. « Les céréales sont les espèces qui se comportent le mieux que ce soit en sol acide ou en sol calcaire, indique Christelle Alengry, de la Chambre d´agriculture des Pyrénées-Orientales. De plus, elles conviennent parfaitement pour une durée de repos du sol de un à deux ans. » Cette durée de repos correspond en particulier aux viticulteurs entrés dans la démarche de reconversion qualitative différée instaurée désormais pleinement dans le Languedoc-Roussillon.

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