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Désalcoolisation
Ne pas passer à coté d´un nouveau marché

Comme beaucoup de " liristes ", Paul Bunan a tenté l´expérience du lir par curiosité. Les clients ne sont pas encore au rendez-vous mais ce producteur d´AOC Bandol ne voulait pas se priver d´un éventuel marché.


Si la famille Bunan a décidé de désalcooliser une partie de ses vins, au printemps dernier, c´est d´abord par curiosité. " On aime tout ce qui est nouveau, tout ce qui est dans le vent. Quand on voit le tapage que l´on fait sur l´excès d´alcool, on se dit que les vins allégés doivent intéresser un public ", estime Paul Bunan.
Mais voilà, le domaine Bunan, réputé pour ses vins hauts de gamme AOC Bandol ne pouvait pas se permettre de nuire à sa réputation. " Le lir n´est pas un vin, mais l´on retrouve dans ce produit une partie des caractéristiques de notre vin, sa couleur, ses arômes. " Conquis par la qualité du produit, la famille décide de tenter l´expérience. 40 hl de rosé de Bandol et de côte de provence sont expédiés en deux fois chez Michael Paetzold pour y être " lirisés ".
Le vin est envoyé en vrac et revient au domaine, désalcoolisé à 6º, embouteillé et étiqueté. Coût de la prestation, y compris la bouteille et la capsule, (sans le vin) : 1,60 ? par bouteille.
La famille Bunan croit en son "Délire" : "Quand on voit le tapage que l´on fait sur l´excès d´alcool, on se dit que les vins allégés doivent intéresser un public." ©DR

" Pour un nouveau produit, il faut un packaging particulier, nous avons opté pour des bouteilles fermées par une capsule avec une étiquette gaie et colorée. " Quant au nom du produit, il est rapidement trouvé : le " Délire des domaines Bunan ".
Dès la présentation du produit à Vinexpo 2005, la nouveauté suscite beaucoup d´intérêt. " J´ai même été contacté par une journaliste du New-York Times ! " Beaucoup d´intérêt mais pas encore la clientèle espérée. " Nous avons vendu environ 1500 bouteilles, soit le tiers de la production, la clientèle féminine semble plus intéressée. " Quant aux amateurs de vins, ils y sont totalement réfractaires. Il faudra attendre l´été prochain pour espérer voir décoller les ventes car l´hiver n´est pas propice à ce type de boisson désaltérante et légère, à boire frais. " Il faut veiller à ne pas dépasser la DLC de 18 mois, imposée sur ce type de boisson ", rappelle le viticulteur.

Alors, le lir ne serait-il qu´un doux délire ? " C´est trop tôt pour faire un bilan, on se cherche un peu ", avoue Paul Bunan. " Nous ne ciblons pas une clientèle précise. Nous sommes dans une phase d´explication car le concept est totalement novateur. Il faut se bagarrer pour le faire connaître. " Vendu d´abord 10 ? la bouteille, le prix a été revu à la baisse et se situe autour de 7,5 ?, encore bien au-dessus du prix moyen des autres lirs (environ 4 ?). " Nous travaillons avec une matière première chère et nous ne pouvons pas nous permettre de brader le produit. " Et c´est peut être là que le bât blesse. Quoi qu´il en soit, Paul Bunan n´a pas l´attention, pour l´instant, d´arrêter l´expérience. " A force d´en parler, il peut y avoir un retournement de situation et un engouement. On ne peut pas se permettre de passer à côté d´un marché ! "

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