Aller au contenu principal

Réglementation
L’impasse technique menace

De nouveaux critères d’exclusion des produits phytosanitaires sont à l’étude au niveau européen. Selon l’IFV, cela ne peut que conduire à des impasses techniques, avec pertes de récolte à la clé et au final des répercussions sur le revenu et l’emploi viticoles.

Le recours au cuivre ’pourrait être interdit si les propositions de restriction de substances actives du Parlement européen étaient adoptées
Le recours au cuivre ’pourrait être interdit si les propositions de restriction de substances actives du Parlement européen étaient adoptées
© DR

Les arbitrages n'ont pas encore été rendus sur les propositions mises sur la table à la fois par la Commission européenne et par le Parlement européen concernant les nouveaux critères toxicologiques et écotoxicologiques d'exclusions de certaines substances actives. Mais l'IFV a d'ores et déjà conduit une étude prospective afin d'étudier les conséquences techniques et économiques de ces éventuels retraits. Et quelque soit la version retenue, sachant que celle présentée par le Parlement européen est la plus sévère, l'adoption de ces nouveaux critères va conduire à des impasses techniques en matière de lutte contre l'oïdium, les tordeuses de la grappe ou la pourriture grise, s'alarme l'étude de l'IVF. L'élimination de certaines molécules pourrait même entraîner, par endroit, la destruction totale de la récolte en cas de forte pression mildiou, met en garde l'IFV. Avec inévitablement des conséquences sur le revenu et l'emploi et au-delà sur les résultats de la filière à l'export et sur le marché français.

Principe d'alternance remis en cause

Dans le cadre de la lutte contre le mildiou, 21 substances actives homologuées ont été passées au crible et dans la proposition du Parlement, seul le dimétomorphe serait approuvé. Même le cuivre se retrouverait exclu car jugé dangereux pour les abeilles. « Le principe d'alternance des familles chimiques pour limiter les résistances risque d'être sérieusement remis en cause », estime Thierry Coulon, de l'IFV. En ce qui concerne l'oïdium, le Parlement est encore plus restrictif : toutes les substances homologuées sont exclues ou à substituer y compris les QoI et le folpel. Dans la version Commission, subsistent les QoI mais sont retirés les triazoles, le dinocap et le quinoxyfène ainsi que toutes les associations comprenant ces substances. Contre le botrytis, toujours selon la version de la Commission, l'iprodione et le thirame seraient exclues et le cyprodinil à substituer. Cette décision permettrait encore l'alternance. Mais cette possibilité se verrait largement limitée si la proposition parlementaire était acquise avec la substitution demandée du fluazinam et du thiophanate méthyl. En matière d'insecticides, (tordeuses, cicadelles, pyrales...), aucune des substances actives actuellement homologuées n'est retenue par le Parlement. Côté Commission, on peut noter l'exclusion définitive du lufénuron, du flufenoxuron, de l'esfenvalerate et la probable exclusion de la deltaméthrine,du dimethoate et du bifenthrine. « Même si certains points d'interrogation subsistent au niveau de ce projet, cela ne peut que renforcer nos intentions d'avancer sur des programmes de protection alternatifs aux phytosanitaires », indique encore Thierry Coulon.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Vigne

Les plus lus

L'utilisation de filets d'ombrage pourrait être un levier à moyen terme pour s'adapter à la hausse des températures et le changement du profil des vins. © CA 84
Cinq pratiques viticoles pleines d’avenir
Autres temps, autres mœurs. Le changement du climat et l’avènement de l’agroécologie vont faire évoluer petit à petit le…
Robert Plageoles, vigneron au domaine éponyme, a fait référencer les pieds de vigne sauvage de la forêt de Grésigne afin de les protéger des arrachages intempestifs. © J. Gravé
La vigne sauvage, un potentiel en tant que porte-greffe à explorer
Dans le Tarn, Robert Plageoles, du domaine Plageoles, se passionne pour la vigne sauvage, ou Vitis sylvestris. Persuadé que son…
Flavescence dorée : la réglementation évolue
Début 2021, un nouvel arrêté de lutte contre la flavescence dorée et son agent vecteur devrait être publié. Des discussions sont…
Les turricules témoignent de la présence de vers de terre, et donc d'une partie de l'activité biologique. © C. Gloria
À la reconquête de la fertilité biologique des sols viticoles
Anciennement perçu comme un simple réservoir, le sol et son fonctionnement reviennent petit à petit au centre des préoccupations.
 © J.- C. Gutner
S’adapter petit à petit à soigner la vigne autrement
Les produits de protection des plantes que l’on connaît classiquement ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Mais il faut…
En Bretagne, Edouard Cazals crée le premier domaine viticole professionnel
En 2018, Édouard Cazals, vigneron au domaine La cabane aux longues vignes, a planté deux hectares de vigne près de l'estuaire de…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole