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Satellites, drones, capteurs : l’imagerie au service du viticulteur

Satellites, drones et capteurs embarqués ne se contentent pas d’établir avec finesse les cartes des parcelles. Ils fournissent aussi des indicateurs de vigueur et d’état de santé des ceps.

Le service Œnoview permet de traduire en cartes la surface foliaire de la vigne et les caractéristiques de vigueur et d'hétérogénéité. © ICV
Le service Œnoview permet de traduire en cartes la surface foliaire de la vigne et les caractéristiques de vigueur et d'hétérogénéité.
© ICV

Les outils de cartographie récents offrent aux vignerons un regard nouveau sur leur domaine. Mais la télédétection produit également des indicateurs et la possibilité de segmenter rapidement le parcellaire. Par exemple, le duo EADS Astrium-Institut coopératif du vin propose Œnoview, une expertise viticole venue du ciel, inspirée de Farm Star, système utilisé par les céréaliers depuis 1996. Les images de haute résolution (visible et infrarouge) traduisent en cartes la surface foliaire de la vigne et les caractéristiques de vigueur et d’hétérogénéité. Une visite in situ d’un expert affine les éléments et fournit un rapport avec les données de cartographie mais aussi des indications sur le poids des grappes et des baies, le stress hydrique et la composition du raisin. Une application affiche directement la cartographie végétale sur le téléphone. Le système compatible tous GPS analyse les parcelles et suggère des critères d’allotements pertinents.

Des drones pour repérer les ceps manquants

D’autres sociétés proposent un service identique à partir d’images de drones. C’est le cas de Vantage. Cette société spécialisée dans la gestion-régulation de la pulvérisation vend une palette de services en télédétection. Les capteurs embarqués mesurent la réflectivité lumineuse (capteur NDVI) quantifiant la quantité de biomasse. Le plan de vol d’un drone assure la collecte d’images permettant de différencier la vigne et l’herbe pour dessiner la carte des pieds manquants. La mesure de la conductivité du sol aborde une autre approche, plus physique du système sol/vigne. En connaissant la variabilité de ses sols, un vigneron dispose de données intéressantes pour affiner ses choix de porte-greffe, de cépages et de clones. Les différentes cartographies d’hétérogénéité peuvent ensuite être importées dans un GPS embarqué afin de moduler automatiquement en intraparcellaire les engrais ou la phyto. La conductivité est mesurée par un surfeur (une « boîte » tirée derrière un quad, tracteur, 4x4). La société Chouette dispose d’un réseau de correspondants dont les drones parcourent les vignobles pour enrichir une base de données de repérages des attaques de pathogènes tel le mildiou. Les images de haute définition recueillies sont ensuite traitées par informatique une par une pour établir la réalité d’une attaque. « C’est techniquement intéressant ", reconnaît Adel Nakache, conseiller viticole de la chambre d’agriculture de Gironde. Mais pour cet ancien de l’Irstéa, il faudrait pouvoir aller plus loin pour aider plus concrètement le viticulteur. « Il est très difficile de détecter une attaque précoce du fait de l’extrême sensibilité à la lumière des capteurs utilisés, et de la complexité du traitement des données recueillies. Quand on voit la maladie c’est trop tard. »

Cartographier pour connaître l’impact ZNT

Avec un utilitaire de cartographie libre de droit (qgis.org) renseigné des données cadastrales (cadastre.data.gouv.fr), du CVI et de Prodouane, Guillaume Delanoue, ingénieur IFV du Vinopôle d’Amboise a obtenu la carte du vignoble familial. Puis, il a isolé les parcelles avec bâtiments et dessiné avec un outil d’intersection, les scénarios ZNT (5, 10, 15 m). Objectif, mesurer la surface impactée par les zones non traitées. « Après deux jours de formation, un vigneron est en capacité d’acquérir un savoir-faire utile surtout pour les grands domaines », signale ce fils de vigneron ligérien. Selon le scénario retenu, les vignerons de Bourgueil en Indre-et-Loire perdraient entre 85 et 268 ha. En prenant une vendange à 45 hl/ha au prix de 235 €/hl, la perte nette collective de chiffre d’affaires ira de 1 à 3 M€. Le gouvernement n’a pas dit comment il compenserait ce manque à gagner.

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