Aller au contenu principal

L’hydrogène en viticulture : la manutention est pionnière

Chariots élévateurs et chargeurs télescopiques figurent parmi les premiers véhicules animés par hydrogène. Deux technologies s’affrontent : la pile à combustible et le moteur thermique.

Toyota peut équiper a posteriori des chariots élévateurs d’une pile à combustible.
Toyota peut équiper a posteriori des chariots élévateurs d’une pile à combustible.
© Toyota

Le monde de la manutention s’intéresse à l’exploitation de l’hydrogène pour animer ses engins. Manitou travaille sur deux prototypes (chariot rotatif et chariot télescopique) notamment en collaboration avec l’entreprise nantaise Lhyfe, qui vient d’inaugurer une usine de production d’hydrogène vert.

De son côté, le britannique JCB commercialise déjà une tractopelle fonctionnant à l’hydrogène et, depuis peu, un chargeur télescopique de la série III, sur la base d’un modèle Telescopic 542.70 (4,2 t ; 7 m). L’hydrogène alimente un moteur à combustion Dieselmax que JCB a modifié sur la partie supérieure (injection spécifique et présence de bougies d’allumage).

Une autonomie d’une journée de travail

Si deux technologies de motorisation à l’hydrogène cohabitent, la combustion thermique est la plus à même de répondre aux exigences agricoles, selon Philippe Girard, directeur général de JCB France. « La pile à combustible ne permet pas d’atteindre les performances voulues pour l’agricole, commente-t-il, fort de l’expérience de JCB sur cette solution intégrée à une tractopelle. Elle ne sera mature qu’à l’horizon 2030 et à des tarifs très élevés. Qui plus est, elle demande des performances de refroidissement quatre fois supérieures à celles du diesel et n’aime pas la poussière. Quant au tarif du moteur à hydrogène, il faut compter un léger surcoût par rapport au diesel, mais qui n’est pas non plus exorbitant, au regard des bénéfices environnementaux. »

 

 
JCB lance un chargeur télescopique doté d’une motorisation thermique fonctionnant à l’hydrogène.
JCB lance un chargeur télescopique doté d’une motorisation thermique fonctionnant à l’hydrogène. © JCB
L’autonomie annoncée sur le prototype de chargeur télescopique est d’une journée. Les 6 à 10 kg d’hydrogène nécessaires à une journée complète prennent à peine plus de place que le réservoir à carburant sur une version diesel classique.

 

De faibles émissions en motorisation thermique

Côté pollution, le moteur à hydrogène génère tout de même des oxydes d’azote (NOx), « parce qu’il y a toujours un peu d’huile pour lubrifier le moteur, confie Philippe Girard. Et c’est la combustion de cette huile qui génère des NOx, mais à des niveaux deux fois moindres qu’aux exigences de la norme Stage V. »

Du côté des chariots élévateurs, la technologie de la pile à combustible semble faire l’unanimité chez les principaux fabricants qui s’intéressent à l’hydrogène. Le fonctionnement se rapproche de celui d’une batterie. Stocké dans des bouteilles, le dihydrogène est combiné avec le dioxygène de l’air au sein de la pile à combustible, dans lequel un électrolyte et des catalyseurs produisent de l’eau et de la chaleur, générant au passage un courant électrique. Ce courant électrique anime tous les organes de l’engin de manutention, de la même manière qu'une batterie acide-plomb ou lithium-ion. Une petite batterie peut intégrer la pile à combustible pour absorber les excès de production d’électricité de cette dernière.

Absence de bruit avec la pile à combustible

À l’inverse des chariots télescopiques, les chariots élévateurs ont des besoins en termes de couple faibles et évoluent peu dans des milieux poussiéreux, ce qui légitime l’usage de la pile à combustible. Cette dernière est aussi choisie par les constructeurs pour son absence d’émissions polluantes et de bruit ; un avantage en bâtiment fermé face aux motorisations thermiques.

Les deux technologies présentent néanmoins plusieurs points communs : le temps pour faire le plein, qui ne dure que quelques minutes, et la densité énergétique permettant un usage intensif sur une certaine durée.

Retrouvez notre dossier complet sur l'hydrogène :

Hydrogène en viticulture : mirage ou réel virage ?

L'hydrogène, une solution de plus pour le mix énergétique viticole

Les intrants de la filière viticole seront plus verts grâce à l’hydrogène

L'hydrogène est encore difficilement accessible pour les viticulteurs

Les véhicules utilitaires roulant à l’hydrogène sont propres, mais chers

L’hydrogène, une option pour motoriser les tracteurs vignerons

L’hydrogène en viticulture : la manutention est pionnière

Hennessy veut décarboner la distillation de cognac

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Sylvain Vatel du Domaine du Fossile devant un tracteur Kubota M5072</em>
En Indre-et-Loire : « J'ai opté pour un tracteur vigneron opérationnel neuf mais à tarif contenu »

Le Domaine du Fossile a fait le choix d’un tracteur simple et économique neuf plutôt qu’un tracteur d’occasion récent.

<em class="placeholder">Drone effaroucheur</em>
En Seine-et-Marne : « Les drones effaroucheurs détectent parfaitement le gibier de nuit dans mes parcelles »

L’agriculteur Frédéric Brunot s’est équipé d’un drone effaroucheur. Il lui permet de détecter la présence du gibier la nuit,…

<em class="placeholder">Effaroucheur à gibier à ultrasons Repzen.</em>
Dans le Vaucluse : « Les effaroucheurs à ultrasons marchent très bien contre les sangliers »

Le maraîcher et viticulteur vauclusien Pierre Avon arrive à limiter les dégâts de sanglier en employant un effaroucheur à…

<em class="placeholder">véhicules anciens rénovés pour évènements festifs</em>
Des véhicules de collection pour sublimer le service du vin et les instants festifs

Transformer un vieux camion Citroën en cave à vin pour créer une ambiance unique lors d’évènements festifs : telle est l’…

<em class="placeholder">Tracteur enjambeur New Holland TE6 au salon Sitevi 2025 </em>
New Holland – Un nouveau séquençage de bout de rangs sur les enjambeurs TE6
New Holland fait évoluer le séquençage de bout de rang sur ses enjambeurs.
<em class="placeholder">parcelle en hydrologie régénérative en vallée du Rhône</em>
En Drôme-Ardèche, dix-sept projets d’hydrologie régénérative avec zéro reste à charge pour les agriculteurs

Pour s’adapter au changement climatique, deux communautés de communes du nord de la vallée du Rhône ont lancé un projet…

Publicité
Titre
VENTE FLASH
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[VENTE FLASH] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole