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Les vêtements chauffants apportent un confort lors de la taille des vignes

Nous avons testé des vêtements chauffants pendant la taille, et constaté le gain de confort thermique. Ils séduiront les plus frileux et les plus exposés au froid.

Mardi 9 janvier 2024, 7h45. Le thermomètre indique -1 °C à mon arrivée dans les vignes, et 64 % d’humidité. La journée est annoncée particulièrement fraîche, le mercure ne devrait pas monter beaucoup plus : il n’en fallait pas davantage pour me réjouir ! Car je suis équipé ce jour de vêtements chauffants, que nous avons décidé de mettre à l’épreuve. Une veste, des chaussettes et des gants de la marque française G-Heat, sélectionnés parmi toute une panoplie d’équipements chauffants disponibles.

Pour me faire une idée de la fraîcheur, je commence à tailler tranquillement sans mettre en marche le système chauffant. Au bout d’une petite demi-heure je commence déjà à sentir le froid : j’allume, en mettant la puissance au maximum (il y a trois niveaux d’intensité correspondant à 37, 40 et 45 °C). Je pensais sentir les résistances me réchauffer, mais en vérité, à l’allumage, je ne sens rien, ce qui me décontenance légèrement. Aussi je décide de garder une chaussette sur les deux éteinte, idem pour les gants, et de travailler ainsi afin de pouvoir comparer.

En milieu de matinée, le constat est sans appel : j’ai froid à un seul pied et à une seule main, ceux où le système chauffant est éteint. Ce qui me fait dire, avec le recul, que ce ne sont pas des vêtements qui réchauffent à proprement parler, mais qui évitent de se refroidir. Pour ce qui est de la veste, la sensation de maintien de la chaleur est plus difficile à appréhender puisque je n’ai pas de point de comparaison. Il n’empêche que je suis peu couvert sous la veste (un t-shirt et un léger pull) mais ne suis pas dérangé par le froid.

Des vêtements qui sont déjà tout chauds quand on les enfile

En prenant une pause dans la matinée, je découvre un autre effet pour le moins inattendu et plutôt agréable du système chauffant. J’enlève mes gants pour peler et manger ma clémentine, et quand je les remets quelques minutes plus tard, à mon grand bonheur, le gant droit est encore à la température de mon corps : comme si je venais de l’enlever.

Au début de l’utilisation je craignais de sentir un impact des chaussettes sur la circulation sanguine. Mais, malgré les heures qui passent, je ne ressens pas de gêne. Quand vient l’heure du déjeuner, je rentre au domicile familial et constate que j’ai toujours un pied froid et l’autre chaud, idem pour les mains. Du côté où les équipements étaient en marche, les extrémités de mes doigts et de mes orteils sont à la même température que le corps.

Lors de la reprise, en début d’après-midi, je rallume les équipements : veste et chaussette-gant du côté que j’avais laissé éteint le matin. Je sens cette fois-ci une légère chaleur, très diffuse, qui enveloppe les mains et les pieds. Mais pas le tronc : la sensation n’est observable que sur les parties du corps les plus sensibles et en contact direct avec les résistances. Je décide de mettre la chaussette sur la puissance minimale. À la fin de la journée, je peux dire que je ne sens pas vraiment la différence entre la puissance minimale et maximale, ni sur les sensations ni sur la chaleur. Peut-être que les 4 °C de plus que le matin biaisent mon jugement. En quittant les équipements, je fais le même constat qu’à midi, les extrémités des doigts et orteils chauffés sont restés à température, alors qu’ils sont froids de l’autre côté. Je remarque également que j’ai légèrement sué lors de ma journée de taille, mais pas plus que d’habitude. Je n’ai donc pas l’impression que ces équipements chauffants fassent transpirer davantage. L’autonomie des batteries, quant à elle, est conforme à celle annoncée par le fabricant, à savoir quatre heures en pleine intensité et huit heures sur la puissance minimale.

Un moyen d’enlever des couches et d’être moins engoncé

Pour conclure, je trouve que ces vêtements chauffants ont un intérêt, mais qui est à relativiser selon les situations. En ce qui me concerne je suis moins soumis à la rigueur de l’hiver, étant en contexte méditerranéen. L’utilité de ces équipements ne se révèle que les jours de grand froid ou de fort mistral. Ou bien pour gagner en confort au petit matin, pendant les moments d’inactivité et à la tombée du jour, en allumant le dispositif à ces moments-là. Il faut toutefois garder en tête que ça n’est pas un coup de baguette magique, l’effet se fait sentir au fil des heures. Les tailleurs champenois ou alsaciens les adopteront peut-être plus volontiers quotidiennement. Si je devais investir, ce serait dans les chaussettes et peut-être les gants, sans doute parce que je suis sensible des extrémités. Je suis un peu plus circonspect sur la veste. Mais certains apprécieront de pouvoir enlever des couches en dessous, et gagner ainsi en mobilité et confort de travail. Dans ce cas, peut-être qu’un sous-vêtement ou un pull chauffant (également au catalogue) ferait davantage l’affaire, et pour un prix plus accessible.

 
La veste chauffante testée est plutôt confortable, mais l'effet thermique est moins flagrant qu'avec les gants et chaussettes.
La veste chauffante testée est plutôt confortable, mais l'effet thermique est moins flagrant qu'avec les gants et chaussettes. © G. Delbecque

Manteau chauffant Camouflage - réf HV09 - 239,90 € avec batterie

La veste est plutôt chaude de base, et bon coupe-vent. Je la trouve relativement confortable, bien coupée et de bonne facture. En revanche, la batterie que l’on doit loger dans la poche extérieure gauche n’est pas pratique. Pour moi cela mériterait un petit compartiment spécial sur l’intérieur. Peut-être également des élastiques au niveau du poignet pour éviter que le vent s’y infiltre les jours de fort mistral. La prise en main est facile, mais la notice d’utilisation gagnerait en clarté avec un petit schéma. G-Heat arrête ce modèle, et propose à la place la veste Softshell chauffante (169,90 €) ou la doudoune chauffante sans manches EVO (179,90 €).

 
Les chaussettes chauffantes montent presque jusqu'au genou.
Les chaussettes chauffantes montent presque jusqu'au genou. © G. Delbecque

Chaussettes chauffantes Outdoor - réf. HS03 - 129,90 € avec batterie

Lorsque j’ai enfilé les chaussettes, j’ai ressenti la forte épaisseur et les résistances qui passent sous les pieds. Puis une fois dans les chaussures de sécurité, je n’ai plus rien senti. Le poids des batteries m’a fait peur au début, mais finalement on l’oublie rapidement. C’est bien moins gênant que la batterie du sécateur ! Une petite télécommande permet d’allumer et d’éteindre le système pour la paire, et de modifier la puissance. Cela me paraît un peu gadget pour notre usage, bien que cela permette de ne pas avoir à remonter le pantalon.

 
Les gants G-Heat sont un peu rigides pour les travaux viticoles, mais remplissent bien leur rôle.
Les gants G-Heat sont un peu rigides pour les travaux viticoles, mais remplissent bien leur rôle. © G. Delbecque

Gants de manipulation chauffants - réf. GL-12 - 149,99 € avec batterie

Les gants sont un peu rigides au départ. On dirait des gants de moto ou de ski : pas très fins, donc on perd en doigté pour manier le sécateur électrique. Même si la précision s’amenuise toujours avec des gants, l’épaisseur de ceux-ci laisse moins de maniabilité que les classiques gants de travail en cuir. À l’usage ils sont toutefois relativement confortables, le poids des batteries sous les poignets est bien réparti. On peut sentir une gêne à cause de la batterie quand le poignet est en forte extension, de même sur la base du pouce on peut percevoir selon le mouvement le petit câble chauffant. Le principal point négatif, pour ceux qui taillent au sécateur électrique, reste qu’ils ne sont pas compatibles avec les diverses sécurités anticoupes. Une paire de sous-gants chauffants (au catalogue) serait peut-être, dans ce cas, davantage adaptée.

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