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Les entreprises françaises à la recherche d’une taille critique

Alfredo Manuel Coelho, chercheur à l’Inra-Supagro.
Alfredo Manuel Coelho, chercheur à l’Inra-Supagro.
© Réussir

Les opérations de fusion-acquisition menées par JeanjeanSA et Laroche qui ont abouti à la création d’Advini (200 millions d’euros de chiffre d’affaires) et par Val d’Orbieu et l’Uccoar (300 millions d’euros de chiffre d’affaires) leur ont permis d’accéder au rang des plus importantes entreprises de vin du monde. “ Ceci est positif pour le secteur du vin mais finalement, il est assez logique que ces mouvements de concentration se produisent actuellement ”, indique Alfredo Manuel Coelho, chercheur à l’Inra-Supagro. Plusieurs phénomènes l’expliquent. En premier lieu, une succession de petites récoltes au niveau mondial (22 millions d’hl en moins entre 2009 et 2012) ont fait grimper les prix du vin notamment en Europe du sud où les cours du vin ont été multipliés par six, sur les six derniers mois de 2012. Et ils continuent de monter. Les effets de la réforme de l’OCM intervenue en 2008 quant aux soutiens à la promotion sur pays tiers se font désormais sentir. “ Ceci a notamment été sensible en 2011. Le commerce mondial s’est alors accéléré, tirant les exportations européennes ”, souligne Alfredo Manuel Coelho.


“  Ceux qui détiennent le vin ont désormais le pouvoir ”


Le marché du vin en vrac en 2012 est resté stable avec des niveaux de stocks très faibles, ce qui a incité beaucoup de metteurs en marché à se recentrer sur le conditionné. “ Mais le phénomène nouveau est que depuis l’été dernier, nous assistons à un transfert de pouvoir du négoce vers la production. Ceux qui détiennent le vin ont désormais le pouvoir. Le négoce s’inquiète de ne pas disposer de sourcing ou de devoir payer le vin très cher. Or, le négoce a de l’argent, la situation financière des entreprises s’étant améliorée. Cela permet de se projeter dans l’avenir, d’envisager des rachats d’entreprises, de mettre en place des stratégies collectives, de faire des fusions-acquisitions pour assurer leur sourcing et accéder à de nouveaux marchés. Et d’augmenter ainsi son pouvoir de négociation vis-à-vis de ses clients et de ses fournisseurs. Les fusions-acquisitions d’Advini et de Val d’Orbieu Uccoar s’inscrivent dans ce mouvement et traduisent une amélioration des conditions de commercialisation du vin à l’échelle internationale. ” Le vin redevient donc un produit attractif. Et depuis début 2011, d’autres fusions-acquisitions ont eu lieu en France. Boisset a racheté Skalli ; Raphaël Michel a pris une participation dans les coopératives d’Uzège et a racheté les Terrasses de Saint-Pierre ; Castel a racheté Patriarche… “ En revanche, dans le nouveau monde, il n’y a pas eu, depuis 2011, l’émergence d’entreprises ayant la taille de Val d’Orbieu Uccoar ou d’Advini. Ce phénomène de concentration concerne essentiellement l’Europe du sud. Felix Solis Avanté, groupe espagnol (240 millions de chiffres d’affaires) qui connaît une très forte croissance (+ 18 %) dispose d’une winery en Chine et cherche à s’implanter au Chili pour disposer d’une nouvelle source d’approvisionnement. Le leader coopératif italien Cavit vient de racheter le producteur de vin effervescent allemand Kessler. Un moyen de renforcer sa position sur le marché allemand et de réduire les intermédiaires. Il est donc allé investir en dehors des frontières de son pays d’origine, ce qui constitue une première pour un groupe coopératif et qui tendrait à prouver que les coopératives italiennes ont un temps d’avance sur leurs homologues françaises. ” Sans doute y a-t-il matière à réflexion.

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