Aller au contenu principal

Leasing et warrant améliorent l’accès aux banques

Le leasing permet de s’équiper en évitant les gros investissements. Le warrant agricole est quant à lui particulièrement adapté au vin, mais augmente la facture du prêt.

Certaines sociétés, à l'instar de H & A location, proposent des locations de barriques sous forme de crédit-bail.
© C. de Nadaillac

Le leasing, même s’il ne permet pas de financer un projet, peut être un levier pour acquérir du matériel et préserver la capacité d’investissement de l’entreprise. En effet, grâce à la location de longue durée (avec ou sans option d’achat derrière), le ratio dettes/capital diminue. Au niveau comptable, cela s’explique par l’inscription du matériel acquis non pas dans l’actif du bilan, mais dans la ligne des charges.

De nombreux constructeurs et filiales de banques proposent ce type de crédit-bail, encore peu usité en agriculture. En apparence plus cher qu’un crédit classique, il peut se monter compétitif si l’on tient compte de l’intérêt fiscal. Classiquement utilisé pour les tracteurs et les utilitaires, il devient possible de louer de plus en plus de matériel, à l’image des barriques. La société H & A location, par exemple, gère un parc de quelque 50 000 barriques sur tout le territoire français. « C’est un moyen de financement mais aussi une prestation de service », explique Xavier Renard, responsable marketing de l’entreprise. Cette dernière a deux casquettes : elle joue le rôle de courtier avec la banque, et organise la logistique. « Le vigneron s’occupe simplement de négocier le prix et les critères techniques avec son tonnelier. Ensuite nous prenons tout en charge : le règlement des factures, la livraison et le retrait à la fin du contrat. L’exploitant a juste à payer le loyer mensuel », résume le responsable marketing. Tout cela est à peine plus onéreux qu’un taux bancaire, grâce à un système de valorisation par de la revente d’occasion. La société pourrait d’ailleurs étendre bientôt son offre au matériel roulant.

De son côté, la société Corhofi propose de la location sur pratiquement tout. Elle achète ce dont vous avez besoin auprès de vos fournisseurs, puis vous fait payer un loyer. « Contrairement aux banques, nous pouvons financer tous les besoins liés à l’entreprise. Il peut s’agir de véhicules, d’informatique, de matériel de production, ou même de matières sèches, informe Sébastien Mazoyer, consultant de l’entreprise pour la filière vin. De plus, nous avons des niveaux d’exigences moindres. »

Transformer ses stocks en trésorerie

La durée de financement est variable, mais ne dépasse pas 72 mois, avec des taux fixés en fonction de l’entreprise. Plus le risque sera gros, plus le taux sera élevé. Il est même possible de dégager de la trésorerie, grâce à l’activité de lease-back. Pour schématiser, la société rachète votre matériel puis vous le loue. « Nous traitons des dossiers à partir de 1 500 euros, et jusqu’à plusieurs millions, pour répondre aux besoins des petits coopérateurs comme des grands châteaux, précise Sébastien Mazoyer. De plus, nous pouvons être très réactifs : sous dix jours l’accord est donné et les fonds débloqués. »

Une autre possibilité pour générer de la trésorerie est de mettre ses stocks en gage. « Nous sommes un intermédiaire entre l’exploitant et la banque qui prête l’argent », explique Vanessa Marrache, responsable Sud-Ouest pour Eurogage. Son rôle est d’estimer le montant des stocks de vins, soit par rapport au coût de revient, soit par rapport au cours du vrac. Ce montant constituera ainsi la garantie pour l’organisme prêteur. « Il ne faut pas hésiter à en parler à son banquier lors d’une demande d’emprunt, car tous ne sont pas au courant que cela existe », prévient la responsable. Olivier Antoine-Geny, d’AOC Conseil, met cependant en garde : « ce sont des solutions qui peuvent être onéreuses, car il faut payer l’entreprise qui vient régulièrement vérifier l’état des stocks. De même, cela pose des contraintes organisationnelles car les lots doivent être séparés et identifiés ». Cette solution reste toutefois plus avantageuse que les autres solutions pour dégager de la trésorerie comme les créances, crédits court terme ou l’affacturage.

En bref

Conditions à destination de tous. Conditions souvent identiques aux banques, parfois plus souples.

Montant jusqu’à plusieurs millions d’euros pour le leasing ; en fonction du stock pour le warrant.

Contacts Eurogage, Auxiga, Corhofi, H & A location.

voir plus loin

Pour accéder plus facilement à un prêt bancaire, les vignerons peuvent également avoir recours à des sociétés de cautionnement. Ce sont des réseaux solidaires qui apportent une garantie financière à la banque, en se portant caution. La Siagi, par exemple, aide les entreprises pour des montants de prêts allant jusqu’à 150 000 euros, et le réseau France Active jusqu’à 100 000 euros, au coût maximum de 2,5 % du montant garanti.

Les plus lus

<em class="placeholder">Thomas Berger-Leslavergne, viticulteur à Troissy, dans la Marne</em>
En Champagne : « J’ai imaginé une fraise de curetage pour lutter contre les maladies du bois de la vigne »
Le vigneron champenois Thomas Berger-Leslavergne a cocréé une fraise de curetage, l’OB 20, plus maniable et précise que les…
<em class="placeholder">barriques de vinaigre dans une serre à Cadillac en Gironde</em>
En Gironde : « J’ai installé mes barriques à vinaigre dans une serre et non dans mon chai »

Vigneron multi-actif, Vincent Lataste, du Château Mamin à Cadillac en Gironde, vient d’ajouter la production de vinaigre à son…

Vidéo - En Gironde : une remorque faite maison pour lutter contre le gel de la vigne

Un vigneron bordelais, Frédéric Lahaye, a conçu une remorque antigel. La voici en action.

<em class="placeholder">Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire</em>
En Indre-et-Loire : « Notre programme de traitement de la vigne à environ 400 euros/ha/an intègre des biocontrôles »

Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire, intègre du biocontrôle dans ses…

Julien Chadutaud devant les vignes des domaines Jean Martell
En Charente : « Les tanins de châtaigne permettent de diminuer les doses de cuivre pour lutter contre le mildiou de la vigne »

Julien Chadutaud, responsable vignoble aux domaines Jean Martell, à Rouillac, en Charente, a testé les tanins de châtaigne…

<em class="placeholder">Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine &amp; Spirits Business.</em>
Inde : « Il faut que la filière viticole française ait bougé d’ici un ou deux ans maximum car tout le monde lorgne sur ce marché »

Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine & Spirits Business, analyse le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole