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Dossier
Le vin pris de malaise

C’est l’indignation. Le vin et la modération sont dans la ligne de mire de certains qui verraient bien disparaître toutes boissons alcoolisées de la vie des Français. Engagé depuis le début des années 1990, ce mouvement devient de plus en plus jusqu’au-boutiste. Pour la filière, c’est un coup de massue sur la tête. Et si la première bataille parlementaire a été gagnée, la guerre n’est pas terminée. Le vin est plus que jamais mobilisé.

La vente de boissons alccolisées en station service est mise sur la sellette. La position de l'Assemblée nationale est de l'autoriser de 8h à 18h contre 6h à 22h actuellement.
La vente de boissons alccolisées en station service est mise sur la sellette. La position de l'Assemblée nationale est de l'autoriser de 8h à 18h contre 6h à 22h actuellement.
© P. Cronenberger

La crise qu'a traversée ces dernières semaines la filière est preuve d'un profond malaise du vin vis-à-vis de la question de la santé. Difficile pour elle de trouver le ton adéquat entre un sentiment légitime d'injustice et un discours qui pourrait apparaître comme irresponsable. Et le combat n'est pas gagné car le vote de l'assemblée d'un compromis n'est qu'une première étape. Le Sénat doit encore se pencher sur la loi, puis la Commission mixte paritaire, connue pour être plutôt sensible aux arguments de la santé, doit entériner le texte fin mai.


La défense du vin dans la société ne fait que commencer et ce terrain syndical pourrait même monter en puissance. Car un énorme travail reste à mettre en place comme le souligne Bruno Kessler, vice-président de l'ANEV. « 2009 est pour nous une année charnière en terme syndical. Ces dernières années nous avons beaucoup travaillé sur la mise en place de l'OCM. Ces discussions se tenaient entre personnes de la filière, c'est-à-dire entre amis. Cette année, la défense de nos intérêts va passer par une professionnalisation de nos plate-formes syndicales. Le terrain syndical va changer. Nos interlocuteurs seront des gens très professionnels et cela va coûter plus cher. On se trouve là sur un vrai défi syndical. Je pense que petit à petit il est possible que nous aboutissions à la création d'un syndicat unique représentant de l'industrie viticole dans son ensemble » a déclaré Bruno Kessler lors du Salon de l'agriculture.


Le désir de prendre les choses en main est donc bien là. Mais quelle stratégie adopter ? « Quand nous finançons des études pour démontrer les effets bénéfiques du vin sur la santé, elles se trouvent souvent décrédibilisées aux yeux des journalistes» indique Vin et Société. Il est donc clair que ces études ont un moindre intérêt pour la défense de la filière. « Il nous faut plutôt des études qui nous permettent de nous défendre » indique Jérôme Agostini, directeur général du CNIV. Vin et société disposait ainsi d'une étude de plusieurs centaine de pages qui lui a permis d'adopter un argumentaire face à la brochure dévoilée par l'INCA où le vin est clairement considéré comme une boisson responsable du développement de certains cancers. Mais le problème de ce type de contre-expertise est le coût : 25 000 euros pour celle-ci.

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