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Le siège réversible optimise le travail du sol

Dominique Roy s’est équipé d’un tracteur avec siège de conduite réversible. Il témoigne d’un gain de temps et de confort pour le passage des interceps.

C’est ce que l’on pourrait appeler un coup de cœur. En novembre 2016, Dominique Roy, viticulteur à Biron, en Charente-Maritime, se rend au Vinitech de Bordeaux et tombe nez à nez avec le Tony SR d’Antonio Carraro, un petit tracteur spécialisé articulé avec poste de conduite réversible.

À cette époque, il réalise le travail du sol intercep à l’aide de son Same Frutteto 3, et l’outil est attelé sur le relevage avant. Mais ce dernier commence à montrer des signes de faiblesse, notamment à cause du poids de l’outil (plus de 700 kg), et Dominique Roy est à la recherche d’un tracteur supplémentaire.

Ni une ni deux, le viticulteur charentais s’empresse de prendre de plus amples renseignements auprès du concessionnaire, et de négocier un essai sur ses terres. Lequel a lieu le mois suivant, avec son outil. “Nous avons été surpris du résultat, avoue le viticulteur. Malgré l’humidité et le dévers, nous avons réussi à rouler assez vite et droit. Dans les mêmes conditions, avec le Same, nous aurions avancé en crabe.”

Il est possible de rouler aussi vite en marche avant qu’arrière

Il faut dire que le tracteur est particulièrement bien adapté à ce travail. La répartition du poids de façon équivalente sur les quatre roues motrices de même dimension le rend très agile. De cette façon, il n’y a plus vraiment d’avant et d’arrière, ce qui permet de travailler « à reculons » tout en ayant l’outil de face.

Il n’en faut pas plus à Dominique Roy pour prendre sa décision et garder le Tony SR sur l’exploitation, malgré le prix, comparable à un Fendt Vario. Depuis, il ne regrette pas son choix. Le tracteur est ainsi dédié au passage des lames intercep (cadre Arrizza avec centrale hydraulique), ainsi qu’au broyeur, également en conduite poussée, afin de ne pas écraser au préalable la végétation.

Une configuration qui lui confère des bénéfices non négligeables. « Par rapport à l’ancien tracteur, nous constatons un gain de temps de 30 %, et moins de fatigue, expose Dominique Roy. Le Tony est devenu très utile, notamment pour effectuer le travail en temps et en heure. » Pour le reste des travaux, les traitements sont réalisés grâce à la cellule d’un porteur polyvalent Grégoire, l’écimage et le travail du sol grâce à un Same Frutteto 3 et à un McCormick F105, ce qui fait que le viticulteur et ses employés n’ont quasiment plus besoin de dételer les outils en saison.

Les employés apprécient le confort et la souplesse du Tony

Pour Anthony Jouberteau, employé du domaine, la prise en main se fait sans souci. « La transmission à variation continue aide beaucoup », estime-t-il. En effet, la pédale d’embrayage est devenue inutile, si ce n’est pour allumer le tracteur. Le chauffeur lève simplement le pied en bout de rang pour freiner, et si d’aventure l’appareil perd en régime, il adapte automatiquement sa vitesse. L’inverse est également possible, à savoir que l’engin peut adapter son régime moteur à la vitesse d’avancement choisie. « Il n’y a pour ainsi dire qu’à tenir le volant et regarder l’outil ! », se réjouit le tractoriste. Au-delà du confort, il apprécie également la souplesse du tracteur, procurée par la transmission hydrostatique. De même, le relevage, monté sur boule d’azote, se fait sans à-coups.

La tenue de route à grande vitesse est également satisfaisante. « Bien qu’il y ait une habitude à prendre, nuance Anthony Jouberteau. Comme il tourne fort, il faut faire attention aux coups de volant. » L’articulation permet de tourner entre deux murs espacés de 6,5 m. « Ça le rend très agile dans les tournières, c’est très pratique », estime Dominique Roy.

Une agilité renforcée par un centre de gravité très bas (malgré une garde au sol de 32 cm), assurant une grande stabilité même dans les coteaux escarpés. Le tracteur est également étroit, d’une largeur hors tout de 1,22 m, ce qui étonne à première vue dans des vignes à 2,70 m. « Cela ne me gêne pas, au contraire », assure le viticulteur, qui apprécie le fait d’avoir davantage de liberté vis-à-vis du palissage, mais aussi de ne pas rouler sur le travail qu’il fait avec les interceps.

Trois coups de manettes suffisent pour changer de sens

Un autre élément qui aide la prise en main est la facilité avec laquelle le poste de conduite se retourne. « Nous avons trois îlots de production sur le domaine, précise Dominique Roy, ainsi nous pouvons rapidement nous mettre dans le sens de la route, changer de lieu et nous remettre en position de travail. » En trois coups de manettes et moins de 30 secondes le tour est joué. « Et lorsque l’on tourne, toutes les fonctions restent les mêmes, cela ne change rien à la conduite », précise Anthony Jouberteau.

Côté entretien, Dominique Roy ne se plaint pas. Bien que le tracteur soit bardé d’électronique, il n’a jamais eu de problème en deux ans. Il faut toutefois faire attention à ne pas monter dans les tours pendant les quelques minutes qui suivent le démarrage, le temps que l’huile de la transmission chauffe. Et lorsque l’on demande au viticulteur s’il reprendrait un Tony, il s’avance sans détour : « je n’ai pas intérêt à avoir un deuxième identique, mais quand il faudra remplacer celui-ci, j’en reprendrai un sans hésitation ».

Pour voir le Tony SR d’Antonio Carraro au travail, rendez-vous sur www.reussir.fr/vigne

Repères

Antonio Carraro Tony 9800SR

Surface 60 ha

Type de sol argilo-calcaire

Topographie plaine et coteaux

Distance interrangs 2,70 m

Prix 86 600 € HT

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