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Produit
L'art de définir les vins sans indication géographique

Faut-il encadrer règlementairement les conditions de prodcution et le contrôle de la qualité des vins sans indication géographique? Le débat anime la filière.

De l’avis du négoce, il serait intéressant de mettre en place un contrôle qualité calqué sur celui pratiqué par l’Australie, notamment une dégustation systématique des vins exportés.
De l’avis du négoce, il serait intéressant de mettre en place un contrôle qualité calqué sur celui pratiqué par l’Australie, notamment une dégustation systématique des vins exportés.
© P. Cronenberger

En août 2009, une nouvelle catégorie de vins, les vins sans indication géographique, verra le jour. C'est la réglementation européenne qui les crée en leur donnant une possibilité : indiquer sur l'étiquette la mention de cépage et du millésime. En clair : l'Europe donne la possibilité de produire des vins qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à ceux du Nouveau monde. Avec de tels produits, les vignobles européens peuvent désormais se poser comme des challengers sur les marchés internationaux. Et les partisans du libéralisme en matière de production viticole se frottent les mains : l'Europe ne prévoit aucune condition de production pour ces vins là, notamment les rendements sont totalement libres.

Encadrer la qualité

Reste que dans notre grand pays producteur, cette liberté bouscule quelque peu les repères. Les AOC et les vins de pays utilisant la mention de cépage s'inquiètent : ces vins deviennent de sérieux concurrents car ils seront positionnés à un prix d'entrée de gamme qui ne sera pas tenable par les vins à indications géographiques. C'est pourquoi, certains se sont empressés, avant même la signature de la nouvelle réglementation européenne, de réclamer à corps et à cri que soit encadrée un minimum la production de ces vins, désormais baptisés par abus de langage « vins de cépage ». « C'est une catégorie où les volumes vont l'emporter sur la qualité. Il va falloir faire pisser la vigne ! Et qui nous dit que demain, ne sera pas demandé l'autorisation de certains produits aromatiques pour compenser la maigreur des goûts de ces vins » s'alarme Joël Hérissé, président du syndicat des vins de pays de Loire. Bref, l'encadrement qualitatif devrait permettre de garantir au consommateur que ce qu'il boit n'est pas une piquette où le goût de sauvignon se perd dans une acidité proche de celle du vinaigre. Mais mettre en place cet encadrement n'est pas du tout du goût de Philippe Vergnes, président du syndicat des vignerons du Languedoc-Roussillon : « Il ne faut rien encadrer du tout. C'est l'Europe qui l'a voulu, maintenant faisons avec. Cela fait trente ans que nous produisons de la qualité dans notre région, je ne vois pas pourquoi il faudrait encadrer la qualité. Il ne faut pas se mettre de contraintes supplémentaires. Les Espagnols et les Italiens ne le feront pas ! ».

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