Aller au contenu principal
Font Size

La reconnaissance de « vins naturels » par Paris serait-elle contraire au droit européen ?

Les autorités françaises ont-elles l’intention de contourner la réglementation européenne en créant une nouvelle dénomination sous le nom de « vin méthode nature » ? C’est en tout cas le sens de la question posée par une eurodéputée italienne à la Commission européenne.

La DGCCRF a validé en mars dernier le cahier des charges élaborés par le syndicat de défense des vins naturels. Les adhérents à la charte peuvent apposer le logo ci-dessus sur leur bouteille, ce que dénonce une députée européenne.
© Syndicat de défense des vins naturels

L’eurodéputée italienne, Elena Lizzi (groupe « Identité et Démocratie, extrême-droite) explique que la réglementation européenne actuelle interdit l’utilisation du terme « vin naturel » et qu’il n’existe pas de définition unique de ce petit secteur dans le monde, car, dit-elle, « il est très difficile de donner une définition précise du terme “naturel” ». Pour elle, les autorités françaises auraient donc décidé de contourner la loi en créant une nouvelle dénomination sous le nom de « vin méthode nature », après avoir établi une liste de critères ainsi qu’un protocole de sélection pour cette nouvelle dénomination. Pire, à ses yeux, « les producteurs qui décident d’utiliser cette nouvelle dénomination seront autorisés à apposer sur chaque bouteille un logo portant les termes “vin méthode nature” ». Conclusion de l’eurodéputée : cette initiative est susceptible « de créer une concurrence déloyale en mettant tous les producteurs de vin européens dans une situation de désavantage concurrentiel et générer une confusion chez les consommateurs, qui pourraient être induits en erreur par des étiquettes portant une mention non reconnue au niveau européen ». D’où sa question à la Commission européenne : « Estimez-vous acceptable que le vin en France puisse être étiqueté avec la mention « vin méthode nature », lequel vin a été créé avec l’intention de contourner les règles européennes » ? Contactée par Agra Alimentation, une attachée de presse de la Commission européenne a répondu que la question de l’eurodéputée italienne est en cours d’examen et qu’une recherche d’informations sur l’initiative française pourrait être diligentée afin d’apporter une réponse, sans donner d’autres précisions.

Plus de dix ans d’efforts

Il aura fallu plus dix ans de travail et de démarches aux membres du Syndicat de défense du « vin méthode nature » (basé à Angers), pour que la définition et le label soient validés en mars 2020 par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Selon la charte du syndicat angevin, un « vin méthode nature » se doit d’être un vin bio ou biodynamique certifié, issu de vendanges manuelles, de levures indigènes et conçu sans aucun intrant (à l’exception possible mais pas encouragée d’un éventuel ajustement en sulfites de pas plus de 30 mg/l au total et que cela soit indiqué sur le logo). En plus des contrôles officiels par l’administration française, des contrôles aléatoires par le syndicat sont prévus pour traquer d’éventuelles fraudes (résidus de pesticides de synthèse par un laboratoire indépendant, vérification des analyses et traçabilité des pratiques de vinification). L’ambition affichée du syndicat est essentiellement de faire adopter la charte par le plus grand nombre de vignerons. Fin mai 2020, on comptait une centaine de vignerons français qui avaient déjà adhéré à la charte « vin méthode nature ». À ce jour, ce label privé n’existe pas à l’étranger mais de premiers contacts ont été pris avec des États membres (Italie, Espagne, Allemagne, notamment) et la Suisse en vue d’une éventuelle future demande de reconnaissance européenne du label.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Vigne

Les plus lus

Selon les réglages, les brosses viennent plus ou moins lécher les pieds de vigne. © Boisselet
La brosse rotative intercep travaille en surface
Cet outil de travail du sol intercep permet un désherbage sous le rang tout en limitant les risques d’érosion.
Ecoceps
L'Ecocep revient sur le marché des interceps viticoles
Un an après la fermeture de CGC Agri, trois anciens salariés ont repris le brevet de l'Ecocep pour relancer cet outil de travail…
vinitech-sifel 2018
Le salon Vinitech-Sifel confirme la tenue de son édition 2020
La 22e édition du Vinitech-Sifel aura bien lieu du 1er au 3 décembre au parc des expositions de Bordeaux.…
La reconnaissance de « vins naturels » par Paris serait-elle contraire au droit européen ?
Les autorités françaises ont-elles l’intention de contourner la réglementation européenne en créant une nouvelle dénomination…
 © TikTok/ranjeet32432
Fixer aisément la barre du troisième point
L’astuce du mois nous vient des réseaux sociaux. Une idée pour attacher la barre de poussée du troisième point du tracteur d’une…
 © DR
Diag’Pulvé, un outil pour estimer la qualité d’application avec son smartphone
Pour mesurer rapidement la qualité de la pulvérisation, un projet de recherche appliquée dénommé Diag’Pulvé (1) vient…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole