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La brosse rotative intercep travaille en surface

Cet outil de travail du sol intercep permet un désherbage sous le rang tout en limitant les risques d’érosion.

Selon les réglages, les brosses viennent plus ou moins lécher les pieds de vigne. © Boisselet
Selon les réglages, les brosses viennent plus ou moins lécher les pieds de vigne.
© Boisselet

Composée de fils métalliques, la brosse rotative intercep est à l’origine issue des balayeuses de collectivité. Dans les vignes, elle est animée par un moteur hydraulique qui la fait tourner vers l’interrang, où sont déposées les adventices éliminées. Selon le type de vigne et l’enherbement, la vitesse de travail avec ces outils varie. En moyenne, la vitesse tourne autour de 5 à 6 km/h. « Mais j’ai des clients viticulteurs qui avancent à plus de 7 km/h », confie Jacques Villa Campes, dirigeant de la société girondine Naturagriff qui construit ce type d’intercep. La position verticale des brosses est à régler à l’aide de patins ou de roues de jauges, selon les machines. Insuffisamment écrasée, la brosse ne réalise pas de vrai travail de mulchage. Trop, elle va générer beaucoup de poussière et s’user prématurément. Pour le reste, le poids naturel de l’outil (brosses et porte-intercep) suffit à appliquer une pression suffisante au sol.

Le réglage des palpeurs qui escamotent ces interceps doit être effectué de façon à venir chatouiller le pied des vignes. Il dépend également du port de la vigne (cordon bien taillé ou guyot tortueux), ainsi que de la sensibilité du plant. Sur un jeune plant qui ne dispose pas de tuteur solide, il est conseillé de prendre un peu de distance pour ne pas risquer d’endommager la soudure du porte-greffe et l’écorce encore tendre. « Mais si la jeune plantation est bien tutorée, il est tout à fait possible de passer au ras de la vigne », rassure Jacques Villa Campes.

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Seule ou complémentaire d’autres outils

Des déflecteurs permettent d'aplanir la terre déplacée par les brosses. © Naturagriff

Certains viticulteurs n’utilisent la brosse rotative qu’en deuxième moitié du cycle cultural de la vigne. « Selon les années, quand les conditions sont favorables à la poussée de l’herbe, la brosse rotative permet de désherber sans perturber le sol et d’éliminer les liserons qui grimpent sur les vignes », explique Fabrice Dulor, directeur de Boisselet, qui construit le Brosmatic.

Pour Jacques Villa Campes, « la brosse rotative peut servir toute l’année. Par exemple, certains viticulteurs passent un premier coup de brosse juste après les vendanges. Si l’on ne veut aucune herbe, l’idéal est de réaliser un léger buttage avec un disque que l’on positionne à 5 cm du pied. Aux alentours de la mi-février, dès lors qu’il est possible de circuler dans les vignes, on passe un coup de brosse. En avril, s’ensuit un troisième passage, éventuellement remplacé par un buttage. Le quatrième passage est réalisé autour de la fin juin et un dernier passage est réalisé au besoin avant les vendanges. » Pour les viticulteurs désirant un travail ponctuellement plus profond, Naturagriff propose des brosses au cœur desquelles sont boulonnées trois dents qui déstructurent le sol plus en profondeur. Certaines adventices à racine profonde sont touchées, tandis que le travail de la brosse est facilité. « Dans ces situations, on peut abaisser la vitesse de rotation de 80-100 tr/min à 40 tr/min, confie Jacques Villa Campes. L’usure de la brosse est alors moindre. » Au besoin, un déflecteur ramène le mélange de terre et d’herbes balayées par la brosse et l’étale vers le rang.

Désherber tout en limitant l’érosion

Côté tarif, Naturagriff débute autour de 18 000 €, pour un cadre avec deux brosses. « Cela peut monter à 24 000-26 000 €, si on ajoute des équipements annexes, comme des disques, des lames ou des rotofils et/ou différentes options, comme le rouleau arrière ou le kit inclinaison », renchérit Jacques Villa Campes. Ce kit permet de donner un angle à la brosse rotative et ainsi de travailler le talus sur certaines vignes plantées en terrasse, tout en limitant le risque d’érosion. C’est d’ailleurs un des atouts de la brosse, d’autant plus quand il y a un déflecteur qui redépose le mulch sur la bande travaillée.

Les brosses rotatives peuvent évoluer dans tout type de sol.  © Boisselet

La brosse rotative peut travailler dans certaines terres humides, « parfois à la limite de la portance pour le tracteur », avance Jacques Villa Campes. « Cela vaut pour des sables, des graves », confirme Fabrice Dulor, qui appelle toutefois les viticulteurs à garder leur bon sens. « Bien entendu, dans une argile humide, la terre va s’agglomérer. » Les brosses rotatives peuvent également évoluer dans les sols caillouteux. Les hautes herbes ne constituent pas non plus un frein au travail des brosses. « Certains viticulteurs ne passent de la brosse que deux fois par an, lorsque l’herbe atteint le fil du haut », cite pour exemple le dirigeant de Naturagriff. Fabrice Dulor poursuit : « dans ces situations, l’outil agit un peu comme un tire-bouchon. L’herbe vient par paquet, mais le travail est fait ».

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Travailler à faible régime

Pour ce qui est de la durée de vie, elle dépend bien entendu de la nature du sol. Les terres usantes pour d’autres outils de travail du sol le seront également pour les brosses. Une pression excessive sur les brosses constitue également un facteur aggravant. Pour Jacques Villa Campes, l’un des paramètres conditionnant le plus l’usure reste la vitesse de rotation des brosses : « je conseille toujours de travailler à bas régime (1 100 à 1 200 tr/min au moteur). Les brosses n’ont pas besoin de tourner très vite pour être efficaces. En plus, le chauffeur travaille dans un contexte plus silencieux et consomme moins de carburant ». Chez certains viticulteurs habitués au travail du sol à régime élevé, le naturel finit par revenir au sol. Faire tourner plus vite les brosses ne réalise pas un meilleur travail mais réduit drastiquement leur longévité. « Dans les mêmes conditions, certains réaliseront 80 ha avec une brosse dans une vigne à 1,40 m d’interrang, quand d’autres devront la changer au bout de 20 ha », cite Jacques Villa Campes. « Au bout d’un certain temps, les poils de brosses finissent par se courber un peu. En permutant les deux brosses de chaque côté du cadre porte-intercep, on peut contrer cet effet et allonger la durée de vie des brosses », conseille Fabrice Dulor. Quoi qu’il en soit, le coût des brosses n’est pas excessif (entre 60 et 90 € selon leurs dimensions).

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