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« J'aimerais partager cette syrah non dépérissante et à port droit en créant un nouveau clone »

Le village de Cabrières dans l’Hérault abrite une syrah plantée en 1973 non sujette au dépérissement et à port droit. Arnaud Poitrine, son propriétaire, souhaite en faire un nouveau clone à disposition de la profession.

Arnaud Poitrine a commencé le travail de repérage des ceps indemnes de virose en faisant faire des analyses par un pépiniériste. © X. Delbecque
Arnaud Poitrine a commencé le travail de repérage des ceps indemnes de virose en faisant faire des analyses par un pépiniériste.
© X. Delbecque

Une parcelle de syrah avec des pieds âgés de 60 ans et quasiment aucun manque, voilà qui a de quoi faire rêver bon nombre de viticulteurs du sud de la France. C’est pourtant le cas d’une parcelle qu’exploite Arnaud Poitrine, installé à Cabrières dans l’Hérault. Une syrah plantée en 1973 sur quelques dizaines d’ares, les tout premiers greffés-soudés du village, qui ne souffre d’aucun dépérissement. « Les pieds sont magnifiques et les feuilles restent bien vertes tout l’automne, témoigne Arnaud Poitrine. Les quelques ceps qui manquent sont dus à la mécanisation. » Cerise sur le gâteau, son port est quasiment droit. Au village, cela fait des années que l’on parle de ces syrahs, d’autant plus que les techniciens amont de la cave coopérative de L’Estabel qui se succèdent sont tous bluffés par la qualité de la parcelle et de sa résistance. « Les pieds sont plutôt productifs, font de bons produits et semblent aussi sensibles aux maladies que les autres », ajoute le viticulteur. Conscient du potentiel trésor génétique qu’il détient, Arnaud Poitrine aimerait le faire partager au plus grand nombre. Il s’est donc lancé à ses frais dans une entreprise assez folle, celle de faire valider un nouveau clone agréé.

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Bientôt 300 greffons pour créer une vigne-mère

Le viticulteur a contacté plusieurs organismes et pépiniéristes. La pépinière Mercier a accepté l’an dernier de le suivre dans sa démarche. Cet hiver, un technicien est venu récolter des bois à des fins d’analyses, afin de trouver des souches saines et d’éliminer le risque de présence des virus du court-noué et de l’enroulement. Le pépiniériste a identifié à ce jour 9 échantillons sains. Cette année, Mercier va greffer près de 300 greffons, dont les bois seront revérifiés après les vendanges. Le viticulteur va planter avec cela une vigne-mère, qui sera agrandie au fur et à mesure. En parallèle, Arnaud Poitrine, appuyé par sa cave coopérative et son ODG, a contacté l’IFV pour lancer la démarche de classement d’un nouveau clone. Un spécialiste viendra sur place en juin. « J’aimerais vraiment que cela aboutisse car il y a un véritable besoin : à l’heure actuelle il y a seulement trois clones non-dépérissant sur le marché, dont un qui ne fait pas de raisin », avoue le viticulteur, qui va maintenant devoir en découdre avec l’administration française et les dossiers FranceAgriMer. Il se dit têtu et compte bien aller jusqu’au bout, conscient que l’étude des valeurs agronomiques, technologiques et environnementales (Vate) prendra quelques années.

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