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Évaluer la sensibilité de la vigne au botrytis

Trois indicateurs complémentaires permettent, à différents stades physiologiques, d’estimer le risque botrytis. Bientôt testé dans le cadre d’un futur outil d’aide à la décision (OAD), un seul a des chances de devenir un outil de "terrain".

Le Greenseeker d'AvidorHighTech, passé un mois après floraison, donne un NDVI corrélé au taux final d'attaque de botrytis.
Le Greenseeker d'AvidorHighTech, passé un mois après floraison, donne un NDVI corrélé au taux final d'attaque de botrytis.
© Inra

Trois indicateurs sont actuellement testés pour estimer la sensibilité de la vigne au botrytis, suivant son stade physiologique.

1 - Le Potentiel de réceptivité des baies (PRB)

Son principe : Le PRB, mis au point par l’Inra de Bordeaux, est le plus ancien indicateur. Il consiste à évaluer, avant fermeture de la grappe, l’importance de la sensibilité des baies au champignon. Il est mesuré chaque année sur deux parcelles d’expérimentation non traitées de l’Inra, une de sauvignon blanc et une de merlot noir. Sa valeur qui est corrélée à l’intensité finale de la maladie à l’approche des vendanges résulte de deux dosages de composés pelliculaires (pectines facilement dégradables par botrytis et tannins synthétisés par la baie en défense face aux attaques). La valeur du PRB est diffusée chaque année par l’interprofession de Bordeaux (CIVB) en juillet.

Intérêt : c’est un indicateur régional de tendance qui donne une idée du taux de résistance naturelle des baies. Il permet surtout d’alerter les viticulteurs sur l’urgence à mettre en œuvre les mesures prophylactiques (enherbement, effeuillage, etc.), notamment sur les parcelles à risque élevé (cépages et porte-greffe sensibles).

Limites : Il permet surtout la comparaison entre millésimes et son protocole de mise en œuvre est assez long. "Cet indicateur, explique Marc Fermaud, Inra de Bordeaux, n’a pas vocation à intégrer un OAD (outil d’aide à la décision) dont le but est d’estimer le risque à la parcelle."

2 -  L’Indice de perméabilité pelliculaire (IPP)

Son principe : L’IPP, développé par l’ISVV (Institut des Sciences de la Vigne et du vin), mesure la dégradation de la paroi pelliculaire des baies, par le biais de l’analyse de l’activité de l’eau libre (aw : water activity) à la surface de la pellicule des baies. On retiendra que l’aw à la surface des baies est élevée à la nouaison et diminue au cours de la maturation. À maturité, la paroi d’une baie devient perméable et légèrement fissurée. Elle laisse sortir des exsudats dont la présence à la surface de la baie augmente la concentration du film d’eau qui devient moins pur et moins libre (l’aw diminue). Les conditions sont alors favorables au développement du champignon. Les fissures sont en effet des voies d’attaque privilégiées et la présence d’exsudats constitue un bon milieu nutritif.

Intérêt : l’IPP indique la sensibilité au botrytis en cours de maturation et permet de détecter si une infection s’est installée, avant même l’apparition des symptômes.

Limite : Son développement sur le terrain via une mesure rapide en routine se heurte toutefois à une limite : la lourdeur de sa mise en œuvre. Pour le moment, l’IPP reste donc un outil de laboratoire.

3 - L’Indice de végétation normalisé (NDVI)

Son principe : Le NDVI, pour normalized difference vegetation index, est l’indicateur le plus récent. Il permet de visualiser la porosité du feuillage et de quantifier l’hétérogénéité de vigueur d’une parcelle de vigne. Le NDVI varie entre 0 et 1 ; la valeur "1" correspondant à un rideau de feuillage parfaitement fermé.

Intérêt : Le NDVI est corrélé à la vigueur de la vigne mais surtout, et c’est son gros atout, s’il est mesuré environ un mois après floraison, il est aussi corrélé au taux final d’attaque de botrytis. Le Greenseeker d’AvidorHighTech, capteur optique qui mesure le NDVI permet des mesures en mode "piéton" mais aussi en mode embarqué. Cet indicateur dont le développement "terrain" est en cours va aussi être testé dans le cadre du programme de recherche DeciTrait piloté par l’IFV, en complément des indicateurs de risques liés au climat, à la sensibilité parcellaire évaluée via la classification de sensibilité des cépages et des porte-greffe ou encore au risque dû aux attaques de tordeuses.

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