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Le vin de demain
En Bretagne, Edouard Cazals crée le premier domaine viticole professionnel

En 2018, Édouard Cazals, vigneron au domaine La cabane aux longues vignes, a planté deux hectares de vigne près de l'estuaire de la Rance, en Ile-et-Vilaine. Cela fait de lui le premier viticulteur à titre professionnel de la région. Sa première production ne sera pas commercialisée avant 2023. Rencontre.

À contre pied des idées reçues, l'expérience d'Edouard Cazals montre qu'en Bretagne aussi, les vignes souffrent de la sécheresse.
© E.CAZALS

Il y a un peu plus de trois ans, un champs de sarrazin comme on en trouve beaucoup dans la grande péninsule, s’étendait sur une parcelle surplombant l’estuaire de la Rance, en Ille-et-Vilaine. Depuis 2018, cette parcelle accueille deux hectares de pinot noir, chardonnay et grolleau, à l’initiative d’Édouard Cazals, vigneron au domaine La cabane aux longues vignes. « Les sols argilo-limono-sableux contiennent beaucoup de cailloux et sont assez lessivants, ce qui en fait une bonne terre pour cultiver la vigne », explique le vigneron. Bien qu’implantée en Bretagne, la vigne, exposée plein sud, souffre comme partout ailleurs de la sécheresse. « Au cours des deux dernières années il n’y a pas eu une goutte d’eau entre le 15 juin et le 15 août », rapporte Édouard Cazals

Un risque botrytis élevé en fin de campagne

L’estuaire est régulièrement balayé par des vents, qui a certaines périodes s’avèrent particulièrement chauds et secs. « Lorsque les racines seront un peu plus profondes, je pense que les vignes souffriront moins », espère le vigneron. Pour le moment, il observe un débourrement précoce lié à l’exposition et aux températures relativement douces tout au long de l’année. Et fait état d’une très bonne situation sanitaire liée à l’absence d’inoculums. « Cela viendra sûrement avec le temps », estime Édouard Cazals, qui n’a pas non plus observé de cicadelles. « Je dirai que le défi concerne plutôt le botrytis qui se développe rapidement à l’approche des vendanges, ce qui risque de poser problème pour pousser les maturités. C’est pourquoi je pense produire uniquement des effervescents », expose-t-il.

 Un réseau de distribution déjà sur pied

Édouard Cazals vendangera pour la première fois en 2022. En attendant, il construit une cuverie dimensionnée pour 5 ha, surface dont il disposera à termes. « Dans un premier temps, je vais faire un peu de négoce afin de vinifier l’équivalent de 5 ha, ce qui me permettra de faire 20 000 à 25 000 bouteilles par an. C’est un minimum pour en vivre », affirme-t-il. Il projette de s’approvisionner dans le vignoble le plus proche, celui du pays nantais. Côté commercialisation, Édouard Cazals ne se fait pas trop de soucis. « La rareté du produit me permettra de bien le valoriser », commente-t-il. Ila d’ailleurs déjà trouver un distributeur pour assurer la commercialisation dans toute la Bretagne au tarif de 16,50 € TTC la bouteille. Le reste de la production sera vendue au domaine « aux locaux ». « Je ne serai probablement plus pour longtemps le seul producteur de la région, » avance Édouard Cazals. À sa connaissance, une quinzaine de projets d’installation en viticulture sont en cours.

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