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réussir demain
Des photoprotecteurs pour allonger la durée de vie des produits phytos

De quoi s’agit-il ?

L’Institut de chimie de Clermont-Ferrand et l’Inra de Bordeaux ont découvert qu’il est possible d’augmenter la durée de vie des produits phytosanitaires à l’aide de sous-produits de la vinification. En effet, les polyphénols issus du marc de raisin ont un effet photoprotecteur. En les utilisant comme écran, à l’image des crèmes solaire, ils empêchent la déstructuration des molécules phyto par les UV. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont comparé en laboratoire le temps de dégradation des pesticides (demi-vie) seuls ou additionnés d’une solution de polyphénols, lorsqu’ils étaient exposés à la lumière.

Quels sont les premiers résultats ?

Sur les herbicides, les résultats sont sans appel. À la dose de 5 kg/ha, les photoprotecteurs ont multiplié par deux la durée de vie du bromoxynil, par trois celle de la sulcotrione et par neuf celle de la mésotrione ! Sur les fongicides par contre, les résultats sont plus mitigés. Les gains sont inférieurs à 10 % sur le métirame, le mancozèbe et le diméthomorphe, mais atteignent 15 % sur le cymoxanil et même 50 % sur la trifloxystrobine. Quant aux insecticides, ils ont tendance à se comporter comme les fongicides (deux familles hydrophobes).

Quel avenir pour les phytoprotecteurs ?

« Ces résultats sont encourageants, estime Claire Richard, chercheuse en photochimie à Clermont-Ferrand. Si cela marche sur le principe, il n’y a pas de raison que nous ne trouvions pas de solution pour développer une application concrète. » Selon elle, il s’agirait avant tout d’un problème de dose et de formulation à régler. D’autres recherches restent toutefois à effectuer, notamment pour déterminer quels sont les pesticides sensibles à la photodégradation. Ensuite, la protection devrait être étudiée au cas par cas. Mais pour l’heure, les essais sont à l’arrêt faute de temps et de budget. Ils pourraient néanmoins reprendre si une firme s’y intéressait. Ce qui est à souhaiter, car ce pourrait être un moyen de diminuer les traitements. D’autant plus que la filière d’extraction des polyphénols existe déjà pour la cosmétique, permettant un éventuel sourcing au coût non prohibitif…

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