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Des fûts à vin pour séduire les CHR

Conditionner le vin en fûts plastiques : telle est la nouvelle possibilité qui s’offre aux vignerons souhaitant travailler avec les CHR.

Le fût serait-il l’avenir du vin en cafés, hôtels et restaurants (CHR) ? Depuis peu, la société jurassienne CG Industry propose aux vignerons ses fûts Ecofass. Ces bidons réutilisables de 20, 25 ou 30 litres, sont fabriqués en matière plastique recyclable (polyéthylène haute densité). Le vin est placé dans une poche en aluminium jetable à l’intérieur du fût, ce qui évite tout contact avec le matériau extérieur. Sophie Vialis, chargée d’étude pour Inter Rhône a testé ce nouveau mode de conditionnement. Elle s’est intéressée à sa perméabilité. « Elle était tellement faible que nous n’avons pas pu la quantifier », assure-t-elle. Mais l’intérêt majeur du contenant repose sur sa capacité de conservation. « Nous garantissons une qualité de poche bien supérieure à celle du BIB, cela nous permet de garder le vin plus longtemps », estime Alain Robez, directeur technique chez CG Industry.

Un stockage facilité

Le fût est ensuite relié à une tireuse à bière standard, dont le système de réfrigération permet un service à la température souhaitée. Ainsi, plus besoin de chambre froide pour le stockage à l’arrière des bars et des restaurants. Et ce d’autant plus que les vins mis en fûts Ecofass se montrent peu sensibles aux variations de température. « Nous avons placé les fûts dans un local à 20 °C pendant dix semaines, puis à 30 °C pendant les sept semaines suivantes. Les vins n’ont absolument pas bougé », constate Sophie Vialis. À ce jour, le point le plus contraignant reste le remplissage des poches, qu’aucune chaîne de conditionnement ne permet d’automatiser. Enfin, reste à prévoir la récupération des fûts. Côté prix, il faut compter entre 49 et 53,90 euros pour un fût de 20 litres. À cela s’ajoute la poche intérieure dont le tarif est compris entre 3,50 et 5,90 euros.

Des fûts néerlandais entièrement jetables

La société néerlandaise Keykeg propose elle aussi des fûts viti-vinicoles. Vincent Hudon, assistant de direction technique pour les domaines Perrin en Côtes-du-Rhône, les a testés. Il a mis ses premiers vins en fûts en août 2015 et attend les retours d’acheteurs. « Pour l’instant, nous avons voulu cibler les CHR aux États-Unis. Le marché y est déjà bien développé pour ce type de produits », commente-t-il. Vincent Hudon a opté pour les bidons Keykeg, entièrement jetables, afin d’éviter le problème du rapatriement. « Le coût au litre est similaire pour des BIB de dix litres ou des fûts de vingt litres », calcule-t-il. Aujourd’hui, il expédie environ vingt fûts de vingt litres, tous les deux mois. « Si cela prend aux États-Unis, pourquoi pas développer la production pour s’adresser au marché CHR national. Mais dans ce cas-là, il nous faudra investir dans une chaîne de tirage pour faciliter la phase de remplissage qui reste pour le moment très artisanale », conclut-il.

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