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Des égreneurs plus respectueux

Les nouvelles générations d’égreneurs exploitent la fréquence et l’amplitude de secouage des grappes plutôt qu’une action mécanique forcée, avec un plus grand respect et une plus grande propreté de la vendange à la clef.

Ces dernières années, des nouvelles méthodes de séparation de la vendange sont apparues sur le marché. Contrairement aux égrappoirs et érafloirs classiques, ces égreneurs exploitent la différence d’inertie entre les baies et les rafles pour les séparer les unes des autres : fréquence et amplitude sont alors les deux principaux paramètres à régler. Mieux, ces machines réalisent un travail de tri, qui permet de se dispenser d’une table de tri et du personnel qui gravite autour.
Trois marques proposent des égreneurs : Bucher Vaslin avec le Delta Oscillys, Pellenc avec le Selectiv’ Process Winery et Socma et son égreneur vibrant Cube.
“ Si au premier abord, les prix de ces appareils (29 000 à 58 000 euros) peuvent paraître prohibitifs, il ne faut pas oublier qu’ils remplacent un égrappoir et une table de tri, précise Stéphane Cottenceau, responsable marketing matériel de chai Pellenc. Pour un égrappoir de dix tonnes par heure, il faut compter 10 à 12 000 euros, et autant pour une table de tri vibrante de quatre mètres de long. À cela, il faut ajouter le personnel dédié au tri. Une Selectiv’ Process Winery M remplace huit hommes au tri. Le retour sur investissement s’effectue sur trois saisons. Qui plus est, cette machine garde toutes ses performances de tri, alors que des saisonniers affectés au tri avouent ne plus rien voir au bout de deux heures. Elle peut travailler à toute heure, ce que ne permet pas toujours le droit du travail. ”
Gérant de Socma, Joseph Ferrandez ajoute à la liste des atouts le plus grand respect des baies et le temps de lavage réduit par rapport à un ensemble égrappoir et table de tri. Les baies sont foulées à la dernière minute et le moût moins oxydé.

Bucher Vaslin Delta Oscillys, l’égrenage pendulaire


L’offre se compose de deux appareils, l’Oscillys 100 et 200 annoncés aux tarifs de 30 à 35 000 euros pour des débits de chantier allant de 2 à 20 tonnes par heure (vendange machine et manuelle). Ces égreneurs à mouvement pendulaire se composent d’une (Oscillys 100) ou deux cages perforées (Oscillys 200) orientées à 45° environ, surplombant une table à rouleaux. Mobiles, ces cages décrivent un mouvement pendulaire dont l’amplitude et la fréquence de secouage sont réglables. Les grappes tombent à l’intérieur de la cage. Puis, au fur et à mesure de leur descente, les rafles sont délestées de leurs baies à maturité. “ Lorsque l’égreneur est bien réglé, les verjus et grains millerandés restent accrochés aux rafles ”, explique Corinne Delpy de Bucher Vaslin. Baies et rafles tombent ensuite sur une table à rouleaux crantés, au travers desquels les baies passent, tandis que les rafles sont évacuées vers l’extérieur.
Le lavage nécessite environ une demi-heure. Les cages se démontent aisément, ce qui facilite le nettoyage et permet de les interchanger selon les cépages. Bucher Vaslin proposant trois diamètres de trou (20, 25 et 30 mm).

Plus de 1500 machines Pellenc en fonctionnement


L’offre du constructeur vauclusien se compose de trois modèles Selectiv’ Process Winery S, M et L, aux tarifs respectifs de 29 000, 40 000 et 58 000 euros. Permettant de traiter jusqu’à 20 tonnes par heure (25 en vendange mécanique), ces appareils se composent d’un convoyeur à claire-voie, au travers duquel  passent les baies déjà séparées, qui, aidé de doigts ameneurs supérieurs poussent la récolte vers un égreneur linéaire haute fréquence reprenant le principe des secoueurs de machine à vendanger. Cet égreneur sépare les baies des rafles, (les baies tombant au travers du convoyeur), tandis que les rafles et autres gros débris sont évacués. Les baies tombent sur la table à rouleaux dont la première partie, formée de rouleaux pleins, oriente les pétioles et laisse passer pépins, raisins secs, baies avortées et insectes, qui sont ensuite évacués. Les baies passent au travers de la deuxième partie, tandis que les pétioles et autres résidus sont évacués sur le côté.
Pellenc propose quatre réglages, dont trois électriques (vitesse du convoyeur, fréquence des égreneurs, vitesse des rouleaux) et un mécanique (écartement des rouleaux).
Côté nettoyage, compter 15 à 30 minutes sur le modèle S, 20 à 45 sur les deux autres.

Le Cube de Socma : l’avancement par gravité


Compact, cet appareil est facturé 36 000 euros et propose un débit jusqu’à dix tonnes par heure en vendange manuelle. La récolte arrive par le sommet de la machine puis, passe au travers de doigts vibrants combinés à des disques à doigts souples servant à la régulation du flux. Ces doigts décrochent les baies des rafles par vibration. La récolte tombe ensuite sur un système de tri Viniclean, composé d’un système de tamisage à barrettes ajourées, éliminant les petits débris, et de rouleaux crantés, au travers desquels passent les baies. “ L’égreneur vibrant ne foule pas la vendange, explique Joseph Ferrandez. Et il n’y a aucune contrainte mécanique, puisque les disques à doigts ont davantage tendance à freiner la descente de la récolte pour qu’elle soit bien égrappée, plutôt que de la pousser. ” Côté réglage, un potentiomètre permet de moduler les vibrations. Enfin, compter 10 à 15 minutes pour nettoyer le Cube selon le constructeur.


L’IFV les a testé les trois solutions du marché


De 2008 à 2012, l’IFV de Bordeaux-Aquitaine et la chambre d’agriculture de Gironde ont testé et comparé ces trois solutions du marché. Il ressort une efficacité moyenne de 93 % (de 84 à 97 %) et un pourcentage moyen de déchets dans la vendange après de traitement de 0,3 %, une valeur jugée satisfaisante par l’IFV. Les pertes de vendange fluctuent de 0,2 à 4,1 %, pour une moyenne de 1,2 %. D’une moyenne de 3 %, l’intensité de dilacération (0,8 à 5,3 %) est comparable aux valeurs obtenues avec des égrappoirs classiques bien réglés. Côté nettoyage, le Delta Oscillys est ressorti du lot pour sa facilité.


Plus d’infos sur www.matevi-france.com

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