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Des capteurs des spores pour affiner la lutte raisonnée

Les capteurs de spores reviennent à environ 1 000 euros/saison au Québec.
© A. Lefebvre, AAC

Qu’est-ce qu’un capteur de spores ?

L’équipe d’Odile Carisse, au centre de R & D d’agriculture et agroalimentaire de Saint-Jean-sur-Richelieu au Québec, a mis au point un système qui permet de capter, puis de dénombrer les spores aériennes de champignons pathogènes (mildiou, oïdium, botrytis). Une méthode de comptage moléculaire a été conçue spécialement et les résultats sont exprimés en nombre de spores/m3 d’air. Ils sont ensuite couplés à des indicateurs de risque de maladie, établis en fonction des conditions météorologiques. Il en ressort des recommandations basées sur trois niveaux de préconisation. Pour un inoculum faible, l’intervention ne se justifie pas. Si l’inoculum est moyen, il est conseillé de faire attention au prochain relevé. Si l’inoculum est élevé, la recommandation est de traiter immédiatement. Les résultats sont obtenus en moins de 24 heures dans un laboratoire utilisant des méthodes moléculaires (qPCR).

Quels sont les premiers résultats en vigne ?

La technique est utilisée depuis quinze ans en maraîchage. Elle permet en moyenne de réduire de 30 % l’application par rapport à la stratégie dite "calendrier", qui prend en compte de façon non formelle les conditions météorologiques. Depuis 2016, un premier réseau de 15 capteurs est installé chez des vignerons. Positionnés dans une zone connue pour être souvent contaminée, les capteurs sont situés juste au-dessus du couvert végétal. Le relevé des échantillons et l’envoi au laboratoire sont réalisés manuellement trois fois par semaine. L’échantillon comprend deux petites plaquettes de 2 mm sur 20 mm. L’une sert au comptage mildiou. La seconde permet les comptages pour le botrytis et l’oïdium. " 2016 a été une année très sèche, explique Odile Carisse. On a réduit de 30 % mais il est difficile de déterminer le rôle exact des capteurs. Quand l’année n’est pas favorable aux maladies, d’instinct certains producteurs traitent moins. L’année 2017 a été très pluvieuse. Les producteurs du réseau n’ont pas réduit leurs traitements mais ils les ont beaucoup mieux ciblés, ce qui leur a permis de diminuer les pertes de récolte de façon significative."

À quand le développement en viticulture en France ?

" Je ne sais pas quand la technologie arrivera en France, indique Odile Carisse. Actuellement, le coût pour les viticulteurs, qui est d’environ 1 000 euros/saison, est généralement récupéré par l’économie en fongicides. "

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