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[ Covid-19] Les Vignerons indépendants demandent des mesures fortes

Fragilisés par l’impact de la taxe Trump, le Brexit et désormais le coronavirus, les domaines viticoles demandent des aides spécifiques à leur situation. Le syndicat des Vignerons indépendants s'en fait le porte-parole. Explications avec son président, Jean-Marie Fabre.

L'équipe des vignerons indépendants a élaboré ses propositions pour adaptater les mesures de soutien gouvernemental à la réalité des entreprises viticoles indépendantes.
© C.GERBOD

Report des échéances administratives, chômage partiel, fonds de solidarité, soutien aux entreprises exportatrices… Depuis le début de la crise sanitaire liée au coronavirus, le gouvernement a engagé d’importants moyens pour soutenir l’économie française. « Ce sont des mesures que l’on peut dans l’ensemble saluer, tant sur la rapidité de mise en place que sur le volume des fonds publics mis à disposition », commente Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants. « Mais il est nécessaire de les adapter à la réalité de nos entreprises vitivinicoles. »

Taux de salariés important et ratios d’emprunts élevé

Dès le mercredi ayant suivi l’annonce du confinement, les Vignerons indépendants se sont réunis pour élaborer leurs propositions. « Nos entreprises génèrent 60% du chiffre d’affaires de la ferme viticole française », rappelle Jean-Marie Fabre. Nos activités, qui vont de la culture de la vigne au conditionnement, font de nous le premier employeur de main d’œuvre du secteur agricole », complète-t-il. Au-delà de ça, le président des Vignerons indépendants souligne la dynamique d’investissement importante des entreprises du réseau, qui ont ainsi des ratios d’emprunt élevés. « Par conséquent l’arrêt brutal des exportations suite au confinement en Asie, et maintenant l’arrêt total du marché traditionnel en CHR met gravement en danger la pérennité de nos entreprises qui n’ont plus aucune entrée d’argent, mais tout autant de dépenses. »

Prise en charge d’une partie des salaires par L’État

Selon Jean-Marie Fabre, plusieurs mesures permettraient d’apporter aux domaines indépendants une bouffée d’oxygène. « Le chômage partiel des salariés viticoles ne peut pas être envisagé, ça condamnerait la future récolte. Une prise en charge d’une partie des salaires par l’État serait plus pertinente. » Les Vignerons indépendants ont ainsi demandé l’exonération totale de charges patronales et salariales sur les salaires des employés, ainsi que l’exonération totale des charges sociales de l’exploitant.

Année blanche et paiement des intérêts intercalaires par l’État

Le syndicat a par ailleurs entamé des négociations avec les banques pour bénéficier d’une année blanche sur les emprunts en cours. « On ne demande pas à se soustraire à nos engagements envers les banques, mais à les reporter en fin de plan d’amortissement », explique Jean-Marie Fabre. Ainsi pour un crédit accordé sur une période allant de 2018 à 2028, la fin du remboursement serait repoussé à 2029. Les Vignerons indépendants sollicitent l’aide de l’État pour prendre en charge les intérêt intercalaires pendant cette période blanche, avançant le fait que les taux sont en ce moment relativement bas. « Cela coutera moins cher que de voler au secours d’entreprises en procédure de liquidation », pointe Jean-Marie Fabre. Plusieurs banques se sont montrées ouvertes à cette proposition, à « décider au cas par cas. » Le syndicat a par ailleurs obtenu la validation de prêts de court terme (12 mois) à taux zéro, dans la limite de 25% du chiffre d’affaires.

Fonds de compensation et négociation sur les droits de douanes

Quant aux demandes de soutien sur les marchés export, le fonds de compensation demandé en réponse à la taxe Trump qui s’applique depuis octobre 2019 est toujours d’actualité. « Didier Guillaume nous avait annoncé un déblocage de la situation pour mi-avril, mais nous craignons que la situation actuelle repousse l’échéance. Nous restons toutefois pleinement mobilisés », assure Jean-Marie Fabre. Le président du syndicat mise par ailleurs sur « les bonnes relations actuelles entre la France et la Chine » pour ré-engager le dialogue autour des droits de douane. "Nous demandons l'exonération de ces droits, comme c'est actuellement le cas pour l'Australie et le Chili. "

Des outils pour gérer au mieux la prochaine récolte

Avec le ralentissement ou l'arrêt total de ventes sur certains circuits, le risque est que les chais soient un peu trop pleins au moment d'accueillir la récolte 2020. "Il faut que l'on ait une réflexion sur les outils de gestion des volumes de stocks au niveau européen", alerte Jean-Marie Fabre. Faire du gel hydroalcoolique? Du bioéthanol? "L'idée est d'avoir une boîte à outils dans laquelle chacun puisse piocher ", commente le président. Des questions qui valent la peine d'être posées avec anticipation et en concertation avec nos voisins européens.

 

 

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