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Cinq matériels de décompaction des sols viticoles pour cinq usages

Il existe de nombreux outils pour décompacter les sols viticoles, allant des cultivateurs aux sous-soleuses. La chambre d’agriculture de la Gironde a fait le point sur leurs effets lors d’une démonstration.

La chambre d’agriculture de la Gironde a organisé en novembre dernier une démonstration de cinq matériels pour décompacter les sols viticoles. « Nous avons connu ces dernières années des printemps humides, où il a fallu passer avec des appareils de traitement lourds sur des sols détrempés, a rappelé André Faugère, président de l’Adar des deux rives. D’où une résurgence de problèmes à la vigne liés à la compaction des sols, comme des asphyxies racinaires. » Une fosse pédologique a été faite pour chaque matériel testé, afin d’évaluer le résultat. Du fait d’un sol encore très sec pour la saison dans les couches inférieures, les outils ont eu du mal à pénétrer en profondeur, mais ont tous bien fonctionné. « Il n’y en a pas eu un meilleur qu’un autre, tout dépend de l’objectif », a résumé David Clerdan, conseiller viticole.

Les cultivateurs bouleversent davantage les premiers horizons du sol

David Clerdan recommande, d’une manière générale, d’intervenir en fonction des problématiques et des types de sols. Une dent centrale corrige un tassement créé par la machine à vendanger là où deux dents au niveau des bandes de roulement permettent de rattraper une compaction en profondeur causée par les tracteurs. Pour des tassements moins profonds, ou des décompactages annuels, les cultivateurs sont une bonne option « mais détruisent le premier horizon de sol », avertit le conseiller. Les sols grumeleux sont moins sujets à la problématique, alors que les sols argileux se compactent rapidement. Sur limon, le tassement est souvent superficiel. La fosse pédologique ou le profil de sol restent les meilleurs moyens de définir la problématique.

« En ce qui concerne les couverts végétaux, dont on entend beaucoup parler, on connaît leurs avantages sur le sol et la porosité. Mais c’est surtout bon pour entretenir un sol en bon état. On pourrait dire qu’ils ont un effet plutôt préventif et les décompacteurs un effet curatif », précise David Clerdan.

Quivogne - Aérer et drainer en un seul passage

 

 
La sous-soleuse Quivogne n'a qu'une seule dent, équipée d'un boulet pour le drainage.
La sous-soleuse Quivogne n'a qu'une seule dent, équipée d'un boulet pour le drainage. © Quivogne
L’outil est descendu jusqu’à 40 centimètres de profondeur, et l’on voit bien la forme du boulet, destiné à drainer l’eau. En condition habituelle, nous aurions pu espérer une dizaine de centimètres supplémentaires. La pose d’un fer plat en bout de dent, à la place de la pointe, a entraîné une remontée de terre conséquente, d’où la formation d’une butte en surface sur environ 80 centimètres de largueur. La dent a réalisé un travail horizontal et vertical, et a légèrement déstructuré les horizons. « L’outil est redoutable sur une semelle de labour, mais il faut faire attention dans les parcelles calcaires à ne pas créer de remontée », commente David Clerdan. Cette configuration n’a pas travaillé sur les bandes de roulement du tracteur. L’engin de 80 chevaux avec deux roues motrices n’a pas peiné. « La présence de la motte implique un passage de disques en sortie d’hiver », précise le conseiller.

 

 

 
La sous-soleuse Quivogne à une dent droite a réalisé un travail horizontal et vertical en profondeur.
La sous-soleuse Quivogne à une dent droite a réalisé un travail horizontal et vertical en profondeur. © X. Delbecque

 

Ferrand - Un effet en profondeur

 

 
L'Helisol de Ferrand comprend deux dents Michel et un rouleau plein.
L'Helisol de Ferrand comprend deux dents Michel et un rouleau plein. © Matevi
La sous-soleuse Helisol de Ferrand est l’outil qui a travaillé le plus en profondeur, à 45 centimètres, notamment grâce aux pointes au bout des dents. Elle a été efficace sur le décompactage, particulièrement en surface, mais avec un travail horizontal moins large que le premier outil (Quivogne). Le rouleau a assuré un bon ré-appui, évitant le phénomène de butte. Les lames sont rentrées aisément avec le tracteur deux roues motrices de 80 chevaux. « On peut se poser la question de l’écartement entre les deux lames, s’interroge David Clerdan. Je préconise d’être à plus de 50 ou 60 centimètres des ceps, car on observe des racines primaires à cette distance. Donc dans ce cas de figure nous sommes bons. »

 

 

 
La sous-soleuse Ferrand à deux dents Michel est celle qui a travaillé le plus en profondeur.
La sous-soleuse Ferrand à deux dents Michel est celle qui a travaillé le plus en profondeur. © X. Delbecque

 

Gardell - Un travail superficiel en entretien

 

Les cadres Gardell Culti'Vigne ont des dents montées sur ressort.
Même si le Culti’Vigne fait partie des cultivateurs, au même titre qu’un Actisol, il reste imposant et assez lourd pour décompacter les sols. Les dents sont montées sur ressort afin d’améliorer la fragmentation. Lors de l’essai, l’outil s’est enfoncé à une vingtaine de centimètres. « Nous espérions une trentaine », avoue David Clerdan. Le travail a toutefois été efficace pour décompacter en surface. L’aspect visuel est complètement différent de celui des autres matériels, et l’on voit clairement que les horizons du sol ont été bouleversés. Le tracteur de 90 chevaux à quatre roues motrices n’a pas eu de problème pour tirer l’outil. « L’avantage de ce matériel est que l’on peut l’utiliser aussi en saison pour griffer, en le réglant à 10 ou 15 centimètres de profondeur, complète le conseiller. Mais il n’est pas fait pour décompacter en profondeur. »

 

 

 
Le cultivateur Gardell à cinq dents a réalisé un décompactage efficace sur toute la largeur, mais à faible profondeur.
Le cultivateur Gardell à cinq dents a réalisé un décompactage efficace sur toute la largeur, mais à faible profondeur. © X. Delbecque

 

Agrisem - Une fissuration horizontale

 

 
Le Cultiplow 15 d'Agrisem se compose d'un cadre avec trois dents et d'un rouleau cage libre.
Le Cultiplow 15 d'Agrisem se compose d'un cadre avec trois dents et d'un rouleau cage libre. © X. Delbecque
Bien que le Cultiplow n’ait que trois dents, il n’est pas vraiment considéré comme un matériel de sous-solage. La firme le définit comme un « ameublisseur », pour travailler entre 15 et 35 centimètres. Lors de la démonstration, l’outil est descendu à 30 centimètres, moins qu’espéré vu qu’il n’y a que trois dents, mais le montage avec des fers plats n’a pas facilité les choses. Il a assuré une fissuration plus horizontale que verticale, et réalisé un bon travail sur la largeur. « C’est un matériel qui ne déstructure pas les sols, les horizons ne se mélangent pas, observe David Clerdan. Il est efficace en profondeur mais ça ne se voit pas de l’extérieur puisqu’il garde l’enherbement. » En revanche, il a fallu faire marcher les quatre roues motrices du tracteur et le différentiel pour réussir à tirer l’outil.

 

 

 
Le cultivateur Agrisem à trois dents a permis une bonne fissuration horizontale sans déstructurer les horizons du sol.
Le cultivateur Agrisem à trois dents a permis une bonne fissuration horizontale sans déstructurer les horizons du sol. © X. Delbecque

 

Clemens - Décompacter les bandes de roulement

 

 
Le Bison de Clemens possède deux dents Michel et un rouleau plein à l'arrière, appuyé par un vérin.
Le Bison de Clemens possède deux dents Michel et un rouleau plein à l'arrière, appuyé par un vérin. © Clemens
Le rouleau du Bison de Clemens est monté sur vérin. Une spécificité qui a permis lors de la démonstration de laisser un sol entièrement plat. L’outil, monté sur un Massey Fergusson de 80 chevaux, est descendu à environ 30 centimètres. « Mais nous aurions pu atteindre 50 centimètres sans souci dans de meilleures conditions », estime David Clerdan. Chacune des deux lames a été efficace sur une bande de 30 à 40 centimètres de large, correspondant aux bandes de roulement du tracteur. « Il n’y a rien à redire, la fragmentation du sol a été bonne dans la zone travaillée », poursuit le conseiller. Il est possible d'installer quatre dents pour élargir la largeur de travail, « mais il faut compter une bonne vingtaine de chevaux par dent », prévient David Clerdan.

 

 

 
La sous-soleuse Clemens à deux dents Michel a fragmenté le sol efficacement au niveau des bandes de roulement du tracteur.
La sous-soleuse Clemens à deux dents Michel a fragmenté le sol efficacement au niveau des bandes de roulement du tracteur. © X. Delbecque

 

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