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Choisir le bon outil de manutention

Transpalettes, gerbeurs, chariots élévateurs ‹ Plusieurs outils aident à la manutention des palettes et tonneaux dans les caves. Petit tour des solutions techniques.

Les têtes rotatives 
permettent 
de renverser progressivement les caisses 
de raisin.
Les têtes rotatives
permettent
de renverser progressivement les caisses
de raisin.
© Still

“ Les caves familiales viticoles cherchent, comme dans beaucoup d’autres secteurs, à optimiser le stockage ”, explique Hervé Huygues, responsable marketing produits pour Toyota Material Handling France. À la différence près que les lieux de stockage sont souvent anciens et pas toujours optimisés pour le stockage en palettes.
L’encombrement du matériel de manutention figure donc souvent dans les critères de choix de l’appareil de manutention. “ Nous travaillons beaucoup sur les cotes minimales ”, explique Benjamin Bourguet, responsable support produit Jungheinrich. C’est la course aux millimètres. Le but est de prendre le moins de place dans les allées pour que celles-ci soient les plus étroites possibles, sans que ce soit pour autant au détriment de l’ergonomie et de la stabilité.

Stabilité pour le transpalette


Au sein des caves, trois types de matériels de manutention sont utilisés : les transpalettes, les gerbeurs et les chariots élévateurs.
Les premiers se composent de roues sous les fourches et d’une roue directrice à l’arrière. “ Cette construction s’appuyant sur trois points est la plus stable, car les roues sont toujours en contact avec le sol, ce qui n’est pas le cas quand on a quatre points d’appui sur un sol irrégulier, explique Benjamin Bourguet. Pour l’ergonomie, le timon doit être long pour faciliter les changements de direction et à ancrage bas pour éviter que l’appareil ne vienne taper dans les pieds. ” Le levage offre une course limitée à 10, 15 voire 20 cm, suffisante pour soulever une palette Europe. La montée des fourches s’effectue en pompant avec le timon sur les appareils entièrement manuels. Accessibles, ces appareils sont annoncés à des tarifs de 250-350 euros HT en entrée de gamme.
Pour gagner en confort, certains constructeurs proposent des versions semi-électriques, motorisant soit le levage, soit la traction. Mais les transpalettes entièrement électriques (traction et levage) leur sont préférés, avec des tarifs à partir de 2000 euros HT pour des capacités de levage de 1200-1300 kg. “ C’est suffisant pour soulever les palettes Europe dont les charges maximales dépassent rarement les 1200 kg, tout du moins sur les modèles classiques ”, poursuit Benjamin Bourguet. Ces appareils sont alimentés par une ou plusieurs batteries au plomb ouvert. La traction électrique facilite le transport dans les caves et cours en pente ou au sol irrégulier.

Le Gerbeur permet l’empilement des palettes


Pour gagner en hauteur, certains vignerons s’équipent de gerbeurs à conducteur marchant. Reprenant le principe des transpalettes électriques, ils s’en distinguent par la présence d’un mât soulevant la charge à des hauteurs maximales commençant à 1,60 m, ce qui permet d’empiler deux palettes l’une sur l’autre ou de manipuler une deuxième hauteur de tonneaux. Autre point de différenciation, les roulettes sont disjointes des fourches et fixées sur le châssis bas, qui peut alors s’avérer gênant pour certaines manœuvres.
Dans ces situations, seuls les chariots élévateurs avec conducteur assis permettent de poser des charges en porte-à-faux. Plus longs que les gerbeurs et les transpalettes, ils offrent malgré tout une bonne maniabilité, les modèles à trois roues pouvant même tourner sur place.
Plus coûteux (à partir de 20 000 – 25 000 euros HT), ces appareils à trois ou quatre roues sont souvent achetés d’occasion. Ils offrent des hauteurs de levée importantes (trois mètres et plus) et peuvent ainsi charger des camions sans difficulté. Ajoutons que pour être dans les règles, les salariés amenés à manutentionner doivent avoir suivi la formation Caces cariste, dès lors que le chauffeur est porté.


Chariots élévateurs : électrique ou thermique ?


Au rayon des chariots élevateurs, on distingue trois catégories, selon leur énergie : électrique, diesel et à gaz. Parmi les modèles à gaz, distinguons ceux alimentés par une bouteille et ceux dotés d’un réservoir, ces derniers nécessitant la présence d’une réserve de gaz sur l’exploitation. “ Dans les faits, on retrouve bien souvent des chariots diesel, car les exploitations viticoles ont d’autres engins roulant au GNR dans la cour, explique Hervé Huygues. Ceux qui en sont équipés ont bien souvent un transpalette ou un gerbeur en complément dans la cave, le chariot étant davantage réservé aux manutentions extérieures, car le moteur s’avère bruyant dans les lieux clos et génère des émissions. ”
D’autres exploitations font le choix de la solution unique avec un chariot élévateur animé électriquement. L’énergie électrique par batterie à plomb ouvert impose certaines contraintes en termes de charge. Pour une durée de vie maximale de la batterie, il faut attendre que cette dernière soit chargée à 100 %. Et les temps de charge sont autour de huit heures (pour une autonomie jusqu’à seize heures), ce qui peut être pénalisant. Permettant de passer outre ces problématiques de charge et de décharge complètes, les batteries lithium-ion sont encore peu répandues et plus onéreuses (cinq à dix fois plus chères). “ Mais à l’avenir, elles permettront de gagner en compacité, explique Stéphane Boutron, responsable promotion des ventes Still. De plus, il n’est pas utile d’attendre une charge complète, ce qui permet de faire l’économie d’un jeu de batteries de rechange dans certaines caves, et le nombre de cycles supportés au cours d’une vie est beaucoup plus important. ” À cela, s’ajoute la plus grande tolérance à la pluie avec des batteries lithium-ion, comparativement aux batteries à plomb ouvert, même si ces dernières ont beaucoup évolué en terme d’étanchéité.
Côté entretien, “ il faut compter un contrôle tous les 500 heures et un check-up plus détaillé toutes les 1000 heures, explique Benjamin Bourguet. Et sur les modèles thermiques, il faut prévoir vidange et changement de la distribution toutes les 2500 à 3000 heures. Au final, l’électrique est 10 à 15 % plus cher à l’achat, mais moins onéreux en entretien. ”

Spécificité Des équipements dédiés à la cave


Les constructeurs d’engins de manutention proposent des équipements s’adaptant sur les gerbeurs et surtout sur les chariots élévateurs conçus spécifiquement pour les caves. On trouve ainsi les kits permettant d’accrocher rapidement des caisses, des revêtements de fourches en caoutchouc pour réduire le risque de glissement de l’outil attelé, mais également des têtes rotatives pour verser progressivement le contenu d’une caisse.
Certains spécialistes proposent également des pales spécifiquement dessinées pour la manutention des tonneaux, parfois avec un système de pivotement à 90°.

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