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Filière
Bruno Kessler, président de l´Afed*, réclame la mise en place de Val de France

Que la demande de fixation d´un prix minimum à l´achat à l´hectolitre de vin émane du négoce en a surpris plus d´un. Pourquoi une telle revendication ?


Pourquoi le négoce revendique t-il la fixation d´un prix d´achat minimum/hl ?
Bruno Kessler : Qu´il s´agisse des vignerons, du négoce ou de la distribution, personne ne gagne d´argent actuellement dans la filière viticole. La spirale à la baisse des prix découle d´un problème structurel. Il y a donc nécessité pour en sortir de trouver des solutions structurelles. Encore faut-il être capable d´en débattre dans une ambiance sereine. Or, nous sommes dans une situation très dure, exceptionnelle, qui justifie des mesures exceptionnelles et transitoires. Ne peut-on pas alors, pour une durée limitée, trouver un outil qui permettrait de stabiliser peut-être artificiellement le marché ? Tout le monde doit être conscient qu´il sera très dur de faire remonter le prix de vente au consommateur et que cette tendance à la baisse du prix de vente ne peut qu´entraîner une démobilisation au niveau de l´assurance-qualité. Et, si le consommateur gagne en prix, il perdra en rapport qualité-prix.
Certains doutent de la possibilité juridique de mettre en place un tel dispositif.
B. K. : Dans la filière des fruits et légumes, en évoquant des ventes à perte, des prix anormalement bas, il a été possible d´instaurer un prix minimum. Aux personnels compétents des ministères concernés de plancher sur la question pour être notamment en accord avec la législation européenne. Il y a urgence, même si nous sommes conscients que cette fixation d´un prix minimum n´est qu´une mesurette et qu´il faut vraiment être arrivé à une telle extrémité pour en être réduit à faire cette proposition.
Quelles sont les solutions qu´il faudrait, selon vous, mettre en place ?
B. K. : Nous voulons Val de France c´est-à-dire qu´on nous offre la possibilité d´assembler des vins de pays déjà labellisés par des opérateurs qui ont contractualisé une partie des volumes dont le négoce a besoin pour approvisionner ses marques. Tout a été écrit là-dessus. Sans doute n´est-on pas assez dans la mouscaille pour mettre en place ce produit. Pourtant, ce sont les producteurs les premiers pénalisés par cette absence. Il faudra bien que la filière accepte de reconnaître qu´il y a d´un côté des vignerons rattachés à un système terroir et des négociants rattachés à un système de vins de marque. Le client est roi, dit le dicton populaire. Or, le négoce qui réalise 72 % des ventes de vins, qui connaît les besoins des consommateurs n´est pas écouté par le vignoble qui estime encore que c´est à lui d´imaginer le vin que le négoce doit vendre. Il ne faut pas venir se plaindre que le négoce trouve ailleurs ce dont il a besoin.

* Association française des éleveurs, embouteilleurs et distributeurs de vin et spiritueux.
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