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Bien s’équiper lors de la taille

La MSA Grand Sud s’est penchée sur l’habit du tailleur et a testé plusieurs vêtements. Imperméabilité et respirabilité sont des critères importants à prendre en compte.

Une veste imperméable avec un indice de respirabilité maximum est recommandée par les conseillers prévention de la MSA. © J.- C. Gutner
Une veste imperméable avec un indice de respirabilité maximum est recommandée par les conseillers prévention de la MSA.
© J.- C. Gutner

Trois mois complets en extérieur à braver le froid hivernal, c’est aussi ça le métier de vigneron. La taille est une étape physique, et qui peut l’être encore plus si on est mal équipé. Dès lors, comment s’équiper pour supporter au mieux les frimas et l’humidité ? L’Association des salariés de l’agriculture pour la vulgarisation du progrès agricole (ASAVPA) et le service santé et sécurité au travail de la MSA Grand Sud ont réalisé il y a quelques années une campagne d’essai des vêtements de taille. Quinze tailleurs audois, parmi lesquels douze ouvriers et trois chefs d’exploitation, ont testé pendant toute la saison sous-vêtements (caleçon long, chaussettes, t-shirt à manches longues), pulls, vestes et pantalons. Trois types de vestes et de pantalons différents ont été essayés et comparés en condition de travail. Et cela en fonction de différents indices d’imperméabilité et de respirabilité. « Dans notre cahier des charges nous sommes partis sur des références qui répondaient à la norme européenne EN 343, explique Élodie Biringer, conseillère en prévention des risques professionnels à la MSA Grand Sud. Nous avons choisi des vestes et pantalons ayant un niveau d’imperméabilité maximum et trois degrés de respirabilité différents. » Cela se traduit en termes de norme par des équipements estampillés 343-3-1, 343-3-2 et 343-3-3, le chiffre du milieu indiquant le niveau d’imperméabilité et le dernier celui de respirabilité.

La veste avec des indices d’imperméabilité et de respirabilité maximums donne satisfaction

Chaque testeur a donné ses impressions dans une grille d’évaluation contenant des points sur la résistance à la pénétration de l’eau, la résistance évaporative, la résistance au vent ou encore les éléments techniques (aspect, coupe, poches…). Du côté de la veste, les deux premières (343-3-1 et 343-3-2) ont donné satisfaction sur l’imperméabilité, mais beaucoup moins sur la respirabilité. La troisième a quant à elle donné satisfaction sur les deux critères. Toutefois, les vestes les moins respirantes ont été jugées légèrement plus imperméables. Du côté des pantalons, les tailleurs ont davantage préféré ceux étant normés 343-3-1 et 343-3-3. Celui avec un indice de respirabilité moyen a été jugé moins satisfaisant. Mais Élodie Biringer prévient : il n’y a pas de réponse unique à la question du bon équipement pour la taille. « Bien entendu, tout cela dépend du contexte, de la région, de la météo, avoue-t-elle. Nos résultats ne sont pas forcément valables dans le reste de la France où le climat peut être plus froid et plus humide. » Les conseillers en prévention émettent toutefois des préconisations d’ordre général. Ils recommandent par exemple, pour un confort de travail sec, aéré et modulable suivant la température, d’opter pour trois couches de vêtements.

Avoir plusieurs vestes permet de s’adapter à la météo du jour

« Ce n’est pas la peine d’empiler les habits pour avoir chaud, assure Élodie Biringer. Mieux vaut avoir moins de couches pour favoriser la mobilité. » L’idée est de porter un sous-vêtement technique à manches longues, permettant d’évacuer la transpiration. Cela doublé d’une veste polaire pour apporter la chaleur et d’une veste d’hiver imperméable. « Il s’agit ensuite de s’adapter aux conditions météo du jour : température, vent et pluie », ajoute la conseillère. Elle conseille par exemple d’avoir deux vestes dans la voiture : un imperméable si les conditions sont humides et une autre coupe-vent pour le moment où mistral et tramontane viendraient à se lever. « Bien s’habiller est d’autant plus important que le froid aggrave les troubles musculo-squelettiques », avertit-elle. À la mi-saison, lorsque les températures remontent, le sous-vêtement technique et la polaire seuls peuvent suffire.

Les vêtements techniques de sport sont une option valable

Lors de l’expérimentation dans l’Aude, les membres de l’ASAVPA et de la MSA ont fait le choix de ne tester que des vêtements possédant la norme européenne EN 343, étudiée pour les vêtements de travail. « Mais il faut savoir qu’il existe aussi des vêtements techniques tout aussi performants mais non normés, car ils sont destinés à des usages de loisir », précise la conseillère MSA. Pour elle, il est tout aussi pertinent de se fournir dans les magasins de sport, par exemple. Car bien que destinés aux loisirs, certains vêtements doivent convenir à des usages tout aussi éprouvants que la taille comme la chasse, le trail, la navigation… Il est important toutefois de regarder certains points lors de l’achat, afin de travailler confortablement. La coupe, l’entretien, l’accessibilité et la taille des poches, le serrage et l’aération des manches, le rangement et la forme de la capuche ainsi que la visibilité, le confort au niveau du col de la veste ou encore au niveau de la taille du pantalon sont autant d’éléments à prendre en compte. Et bien entendu, il est primordial d’essayer la veste et le pantalon de travail pour voir s’ils sont bien adaptés à sa morphologie.

Les sur-chaussures n’évitent pas de prendre l’humidité par les pieds

Les conseillers de la MSA Grand Sud ont également testé l’intérêt de sur-chaussures, du fabricant espagnol Pattones Roberts. « En règle générale le retour est positif. Elles permettent de ne pas avoir de boue sur les chaussures et peuvent faire gagner deux kilos de terre en moins par pied », relate Élodie Biringer. Il y a toutefois quelques inconvénients qu’il faut avoir à l’esprit. Sur les sols caillouteux notamment, les sur-chaussures ne se révèlent pas assez résistantes et s’abîment rapidement. D’autre part, la couche est suffisamment imperméable pour donner chaud et engendrer des problèmes de transpiration en mi-saison, mais pas assez imperméable pour éviter de prendre l’humidité lors de rosées ou de pluies, ce qui augmente alors la sensation de froid.

L’accessibilité et la taille des poches, le serrage et l’aération des manches, le rangement et la forme de la capuche ainsi que la visibilité sont autant d’éléments à prendre en compte

en bref

Trois couches pour travailler confortablement

Les conseillers préconisent de ne pas multiplier les épaisseurs de vêtements mais d’opter pour seulement trois couches. Un sous-vêtement à manches longues au contact de la peau, d’une matière non irritante. Il est préférable d’éviter le coton et de choisir un tissu synthétique pour évacuer la transpiration. Une veste polaire ensuite, d’une épaisseur raisonnable pour rester libre de ses mouvements et de bonne qualité pour éviter les déformations au premier lavage. Une veste d’hiver enfin, de préférence imperméable et respirante. La norme européenne EN 343 permet d’apprécier ces deux critères.

L’avis des internautes

Nombreux sont les viticulteurs à chercher des avis à propos des équipements auprès de leurs confrères sur les réseaux sociaux. Lorsque la question des références de vêtements chauds et imperméables pour la taille est posée, la marque Guy Cotten est fréquemment mentionnée. L’entreprise est spécialisée dans les vêtements de mer, et notamment les cirés. Elle propose toutefois une gamme pour les professionnels de l’agriculture, comprenant le modèle Isofarmer, un manteau étudié pour rester imperméable tout en maîtrisant la condensation, et qui répond à la norme européenne EN 343. Décathlon est également recommandé à de nombreuses reprises. C’est d’ailleurs là où les femmes ont le plus de facilité à trouver des équipements qui leur conviennent. La marque du distributeur destinée aux activités de chasse, Solognac, peut répondre aux attentes d’un viticulteur. En termes de bottes et de chaussures, ce sont les marques Aigle, Meindl et Salomon qui sont les plus plébiscitées sur les réseaux.

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