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Anticiper la lutte contre le black-rot

Sur les parcelles très fortement touchées en 2015, la lutte ne devra pas attendre le déclenchement des traitements anti-mildiou et oïdium.

Le black-rot sera un risque majeur dans les parcelles au fort inoculum.
© G. Delbecque

« Il va falloir être extrêmement prudent en ce début de saison, car l’inoculum black-rot est énorme », lançait Bernard Molot le 23 février dernier, lors des entretiens vignes et vin de l’IFV à Narbonne. Le technicien précisait également que, contrairement au mildiou, la lutte contre ce pathogène doit commencer avant les contaminations primaires pour être efficace. « Les périthèces sont matures dès le début du mois de mars, et 15 à 18 heures d’humectation suffisent à déclencher les contaminations. De plus ces dernières ne s’observent que tardivement, car la période d’incubation est 50 % plus longue que pour le mildiou », rappelle encore Bernard Molot. Dans ce contexte, Blandine Broquedis, de la chambre d’agriculture du Gard, a présenté la stratégie à mettre en œuvre dès le début de la campagne. Pour elle, l’enjeu principal est de classer les parcelles en fonction de leur sensibilité.

La lutte précoce est recommandée sur les parcelles touchées en 2015

Pour les zones ayant eu des dégâts significatifs en 2015, ou régulièrement touchées, la lutte devra être raisonnée en fonction du black-rot. C’est-à-dire que dès les premières feuilles étalées, il faudra traiter en anticipation des épisodes contaminants, à savoir une pluie ou période d’humectation couplée à une température supérieure à 9 °C. Pour les parcelles ayant présenté des symptômes maîtrisés l’année dernière, le déclenchement pourra se faire en fonction des critères des autres parasites (mildiou, oïdium ou excoriose) dans le cadre d’une lutte mixte. Pour ce qui est des résistances aux matières actives, peu de chance qu’elles se développent sur les QoI, mais le risque existe sur les IDM.

Autre attention à porter au cours de la saison : une attaque sur grappe est possible même si aucun symptôme sur feuilles n’a été observé. Un orage violent en juillet, par exemple, peut être source de contamination. Il faudra donc veiller à ne pas se découvrir jusqu’à la véraison.

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