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« Pour que l'apprentissage réussisse, il faut accorder du temps à l’échange »

Élise Garnier, vigneronne au domaine Materne Haegelin et filles, à Orschwihr, dans le Haut-Rhin, recrute régulièrement des apprentis. Elle livre ses conseils pour un bon accueil. 

Elise Garnier et sa mère Régine sont à la tête du domaine Materne Haegelin, à Orschwihr, dans le Haut-Rhin, en Alsace.
Élise Garnier et sa mère Régine, vigneronnes au domaine Materne Haegelin et filles, à Orschwihr, dans le Haut-Rhin, consacrent du temps à l'accueil d'apprentis..
© Lucile K

« Nous prenons des apprentis de différents niveaux. Ils peuvent être en CAP, Bac pro ou BTS. Nous sommes assez clairs sur l’enjeu. Il ne faut pas s’attendre à avoir de la main-d’œuvre opérationnelle et pas chère. La première année, ils découvrent le métier en participant à une diversité de travaux. On prend le temps de réexpliquer les consignes et la portée des tâches à réaliser. Ce n’est pas toujours facile car le contrat démarre pendant la période des vendanges.

Pour les règles de sécurité comme le port de lunettes, gants ou combinaison pour certaines taches, c’est beaucoup de répétitions. Il est donc important que toute l’entreprise soit impliquée pour rappeler les règles et que tout le monde soit exemplaire. La deuxième année, on attend plus d’autonomie, selon l’âge et ce qu’il peut faire ou pas.

Un engagement entre le domaine, le jeune et le CFA

Nous ne sommes que six dans l’entreprise, donc beaucoup d’adaptabilité est attendue. Une fois par semaine, on vérifie le cahier de suivi, s’il a bien fait le lien entre ce qu’il a appris à l’école et au domaine. 

Lire aussi : Bien accueillir un apprenti ne s'improvise pas 

Nous avons eu quelques rares échecs qui viennent d’un manque d’engagement du jeune. Il faut comprendre que les jeunes évoluent. On voit arriver des apprentis qui sont très à cheval sur plein de choses, par exemple les horaires pendant les vendanges, et des parents très protecteurs. Mais on ne fait pas du baby-sitting. C’est en engagement entre nous, le jeune et l’école. Les apprentis sont intégrés dans la répartition du travail.

Il faut bien poser les choses et accorder du temps à l’échange pour ne pas laisser d’incompréhension. On accueille des apprentis aussi parce qu’on aime ces échanges-là. Les jeunes vous apprennent des choses, vous posent des questions pertinentes. Chacun vient avec son bagage, c’est intense humainement. »

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