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Le monitoring des stomates, pour démasquer les stress hydriques ou thermiques de la vigne

Le suivi de l’activité des stomates est un indicateur permettant de savoir si la vigne subit un stress hydrique ou thermique. Cette activité peut être enregistrée à l’aide de capteurs nommés Metos Stremo.

« Ce sont des capteurs très innovants, qui aident à gérer efficacement l’irrigation et le stress hydrique ou thermique de la vigne. » C’est par ces mots qu’un vigneron du nord de l’Italie qualifie les Metos Stremo, qu’il a déployés sur son domaine de 3 hectares il y a un an. Ces derniers sont de petits clips de la taille d’une pièce d’un euro, que l’on vient accrocher sur des feuilles de vigne adultes, à partir de mai ou juin.

Reliés à un boîtier électronique, à une carte mémoire ainsi qu’à un module de communication, et couplés à un capteur de température et d’hygrométrie ambiante ainsi qu’à une diode photosensible pour une mesure relative de l’irradiation, ils enregistrent l’activité des stomates via leur transpiration (capteur capacitif). En effet, la vitesse à laquelle la vapeur d’eau sort par les stomates, croisée avec la mesure d’irradiation, reflète indirectement l’état de hydrique des ceps et l’efficacité de la transpiration. C’est du moins ce qui a été prouvé par les travaux de Martin Thalheimer, du Centre d’expérimentations Laimburg, à Ora, en Italie. Cette information fournit donc une image de l’état hydrique de la vigne.

Une alerte bien avant les premiers jaunissements de feuilles

Et avoir une image précise de l’état hydrique de la vigne, c’est ce qu’apprécie le viticulteur italien que nous avons interrogé. Les systèmes dont il était équipé auparavant ne prenaient pas en compte le développement racinaire de la vigne en profondeur et ne donnaient donc qu’une vision tronquée de l’alimentation de la vigne et de ses dépenses. Il estime que les Metos Stremo reflètent mieux l’état des ceps. Selon lui, ils alertent bien plus précisément du stress hydrique ou thermique de la vigne, et ce, bien avant que des signes visuels (flétrissement, jaunissement, dessèchement et chute des feuilles) n’apparaissent. Il reçoit en effet en continu les mesures des capteurs sur une interface. Et voit aisément lorsqu’il y a un décrochage.

En effet, dès que la vigne commence à souffrir, ses stomates, habituellement fermés de nuit, le restent aussi tout ou partie de la journée. Le viticulteur est donc informé que sa vigne commence à souffrir. Néanmoins, « ces capteurs ne fournissent pas une donnée quantitative, pointe le vigneron italien. Mais en croisant ces informations et les données météo prévisionnelles, cela permet de mieux gérer le stress hydrique de la plante. Je m’explique : si les stomates sont fermés depuis plusieurs jours et que je vois que les prévisions météo sont au grand bleu pour les prochains jours, je vais déclencher une irrigation. »

Attention à ne laisser que de la feuille dans le capteur

Sur le plan pratique, ces capteurs sont simples d’usage. Ils sont néanmoins très sensibles, « le moindre espace vide dans le clip perturbe la mesure », prévient le viticulteur. Il faut donc veiller à ce que chacun des deux clips soit entièrement positionné sur une feuille adulte, et ce de manière hebdomadaire. « Le moindre coup de vent peut les faire bouger ou même les faire tomber », insiste-t-il. En revanche, il indique qu’il s’agit d’un matériel bon marché puisque l’ensemble coûte 650 euros HT, simple et compact, qui réalise des mesures de manière non destructive avec notification instantanée des résultats.

Selon la firme Pessl Instruments Gmb qui les commercialise, ces capteurs peuvent être combinés avec une station virtuelle basée sur la position GPS des clips. Ils peuvent également s’installer sur la station Metos-5, auquel cas ils ne coûtent que 250 euros HT, la partie électronique étant déjà intégrée à la station.

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