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Gel : des dégâts sur vigne encore difficiles à évaluer

Un peu plus de 10 jours après la vague de froid, les dégâts sont encore difficiles à estimer dans les vignes. Les cépages et les parcelles les plus précoces semblent touchés ; chardonnay en tête.

Après le gel de début avril, les vignerons essaient d'évaluer leurs pertes.
Après le gel de début avril, les vignerons essaient d'évaluer leurs pertes.
© J. -C. Gutner

L’une des régions qui semble à première vue la plus touchée par le gel de ce début avril est le Gers. Joël Boueilh, vigneron sur Saint-Mont, estime qu’il y aura très peu de chardonnay cette année. « Il y a eu 3 matins à -5/-6°C, rapporte-t-il. Les jeunes vignes, c'est 100% de destruction. On aurait eu besoin d'avoir une année pleine après 2021. » Même échos chez Alain Brumont, à Castelnau-Rivière-Basse. « Le chardonnay et le pinot noir, ainsi que les terroirs précoces ont gelé », constate Antoine Veiry, responsable technique.

En Dordogne, les dégâts sont disparates. « C’est difficile de savoir si nous avons beaucoup gelé, témoigne Laurence Faucheux, vigneronne au domaine Moulin Garreau, à Lamothe-Montravel, en Dordogne. Nous en avons parlé avec les collègues et personne ne sait encore. Sur notre propriété, certains bourgeons qui n’étaient pas sortis lors de la vague de froid semblent avoir gelé. Pourtant, nous avions taillé plus long et retardé l’attachage. Mais ça a gelé dans le coton. »

Pour autant, la viticultrice n’est pas alarmiste. Son domaine se situe près de Castillon-la-Bataille, à l’Ouest de l’appellation. Or le gel a frappé plus fort aux alentours de Bergerac. Cela semble être le cas au domaine Moulin Caresse, à Saint Antoine de Breuilh, à proximité de Sainte Foy la Grande. « Tout a gelé chez nous, car nous avions tout taillé et attaché, déplore Sylvie Deffarge. Pourtant, en 2021, nous avions échappé au gel, nous sommes sur des coteaux, donc nous ne nous sommes pas inquiétés. Mais cette année, tous les cépages précoces ont gelé. Il n’y a que le cabernet sauvignon qui soit passé au travers. Nous allons avoir une petite récolte. »

De son côté, le château Monestier La Tour situé à Monestier, au Sud-Est de Sainte Foy la Grande, devrait avoir tiré son épingle du jeu. « Nous avons été un peu touchés sur quelques parcelles, rapporte Margaret Delbeke. Mais c’est encore trop tôt pour évaluer les dégâts. Il faut voir ce qui sort du coton. »

Dans le Bordelais, le Bulletin de Santé du Végétal (BSV) Nouvelle-Aquitaine indique que le vignoble a subi plusieurs épisodes de gel consécutifs, avec des températures allant localement jusqu’à -5°C.

"Cet épisode de gel étant intervenu assez tôt dans la saison, son impact global sur la récolte est très difficile à estimer à ce stade, note le BSV. Les parcelles où les bourgeons avaient déjà débourré et celles à un stade plus avancé seront les plus impactées. Naturellement, la vigne va réagir à cet épisode de gel en développant des contre-bourgeons, mais avec une certaine hétérogénéité de développement, ce qui qui va entrainer des volumes en baisse pour les zones concernées. »

En Charente, il est difficile de quantifier immédiatement les dégâts possibles sur les bourgeons peu développés.
« Les dégâts sont bien visibles sur les cépages précoces (phénomène généralisé), les bourgeons d’ugni blanc les plus avancés et les jeunes plants. Ils sont considérables, notamment sur l’Ile de Ré et l’Ile d’Oléron (jusqu’à 100 % sur chardonnay, colombard et cabernet franc) » détaille le BSV Charentes.

Dans le Val de Loire, l’interprofession annonce que « des dégâts seront à déplorer même s’il est difficile de les mesurer à ce stade ». Et de poursuivre : « l’épisode de gel a été étalé dans le temps et le débourrement de la vigne plus tardif d’une semaine. Après une première évaluation rassurante, les dégâts semblent plus importants que prévus. Il est encore toutefois difficile, à l’heure où nous parlons, d’estimer l’impact sur le potentiel de la récolte 2022, mais cet épisode ne devrait pas être sans conséquence ».

Les nouvelles du Languedoc semblent rassurantes. Selon le Bulletin de Santé du Végétal, le Gard n’est presque pas touché. L’Aude déplore des dégâts localisés principalement sur les cépages très précoces sur le secteur ouest du département (Limouxin, Cabardès, Carcassès, Lauragais). Dans l’Hérault, les chardonnays et syrahs de la Vallée de l’Orb Lodévois ont été touchés, ainsi que la commune de Villemagne-l’Argentière.

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