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Accord de durabilité pays d’oc : faut-il convaincre les consommateurs ou la GD ?

Les accords de durabilité de l’IGP pays d’oc permettent de publier des prix d’orientation pour le vin bio et HVE. Reste une question clé : qui doit absorber la hausse des prix, les consommateurs ou la grande distribution ?

<em class="placeholder">De gauche à droite: Frédéric Saccoman de la coopérative Héraclès, Carole Frelin de la maison de négoce Frelin, Fabien Castelbou des Vignerons coopérateurs ...</em>
Le salon Millésime Bio 2026 a organisé une table ronde intitulée « Comment produire durablement l'IGP pays d'oc bio en Occitanie, premier vignoble bio français ? ».
© S. Favre

Qui dit accords de durabilité dit calcul de coûts de production. « La Commission européenne nous a demandé de travailler sur des données fiables et vérifiables. Grâce au Cerfrance Midi Méditerranée nous avons pu le faire », s’est félicitée Florence Barthès, la directrice d’Inter Oc. 800 compatibilités d’exploitations viticoles et 150 de coopératives ont ainsi été analysées. Il en ressort un coût de production moyen calculé à 7 200 euros par hectare en bio, à 5 200 euros par hectare en HVE. Les frais de vinification s’établissent, quant à eux, entre 30 et 32 euros par hectolitre selon la couleur.

20 à 30 centimes de plus sur une bouteille

« À marge constante, si les acheteurs vrac appliquent des prix compris dans le tunnel d’orientation, construit à partir de ces coûts de production, cela représente 20 peut-être 30 centimes d’euro en plus sur le prix final de la bouteille, estime Julien Franclet, président de SudVinBio. C’est une somme ridicule. »

Pourtant, la grande distribution se montre d’ores et déjà réticente à accepter cette hausse. « Les metteurs en marché bio sont conscients des coûts mais ils ressortent toujours l’excuse de l’acceptation du client à payer plus, déplore Carole Frelin, directrice générale du groupe Frelin, maison de négoce et producteur de vin bio. Le succès des initiatives comme 'C’est qui le patron ? !' montre pourtant que les consommateurs sont prêts à choisir des produits qui rémunèrent correctement les producteurs. »

« La balle est dans le camp des producteurs »

Faut-il alors aller vers la création d’un nouveau label ? « C’est une option, parmi d’autres, à envisager », estime Fabien Castelbou, président des Vignerons coopérateurs d’Occitanie. L’effort financier se porterait sur les consommateurs, ce qui exaspère Fabrice Guiraud, représentant des caves particulières à la table ronde. « Le problème, ce sont les marges et le manque de transparence de certains, fustige-t-il.

Il faut refuser de vendre en deçà et déclasser en conventionnel tous les vins bio qui ne trouvent pas d’acheteurs aux prix du tunnel. Sans ça, c’est la filière des vins bio en Occitanie qui est en péril.

« La grande distribution au travers de ses marques de distributeurs achète du vin en vrac. Les enseignes vont donc être confrontées, rapidement et en direct, aux accords de durabilité de pays d’oc », rappelle Carole Frelin. « Et il faudra faire front commun », encourage Frédéric Saccoman, directeur de la cave coopérative bio Héraclès dans le Gard.

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