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Une maîtrise du CO2 au démarrage grâce au CBX

Les équipements de chauffage à combustion indirecte évacuent leurs gaz à l’extérieur du poulailler. Ils contribuent à limiter le taux de CO2 durant les premiers jours et à une meilleure oxygénation du poussin.

À Caulnes, dans les Côtes-d’Armor, Jean-Baptiste Lemarchand a investi début 2018 dans un poulailler de 1 400 m2 Nature d’Éleveurs, équipé d’une dalle bétonnée et d’un chauffage par deux générateurs extérieurs à combustion indirecte CBX, de Systel. Pour l’éleveur, l’un n’allait pas sans l’autre. « Le sol en béton nous oblige à traquer la moindre source d’humidité, ce n’est pas pour en ramener via le chauffage », explique-t-il, sachant que la combustion d’un kilo de gaz de propane rejette dans l’air 1,8 litre d’eau (et 2,9 kg de CO2). Mais au-delà du principal intérêt sur la maîtrise du taux d’hygrométrie, l’éleveur recherchait aussi l’impact sur les émissions de gaz carbonique. Avec cet appareil, les gaz issus de la combustion (CO2 et NOx principalement) sont évacués à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur du poulailler. « Cela permet de maintenir de faibles teneurs de CO2 en début de lot et d’améliorer l’oxygénation des poussins. Je vois la différence sur leur activité. Le ressenti de l’ambiance n’est pas le même (air moins chargé, absence d’odeur) que dans mes deux autres bâtiments, plus anciens et équipés de canons intérieurs. J’ai été très agréablement surpris lors de la mise en route du bâtiment. »

Une prise en compte par la régulation

Conçu par I-Tek-NTD, le poulailler de 15 mètres de large à ventilation transversale est par ailleurs très étanche et surisolé en toiture (deux couches de 30 mm de mousse de polyuréthane séparées par un vide d’air de 200 mm). Les deux appareils de chauffage de 80 kW sont situés du côté des entrées d’air. La sonde CO2 installée au centre du bâtiment est reliée au boîtier de régulation Avitouch de Tuffigo. L’éleveur contrôle quotidiennement la teneur en CO2 sur l’écran mais n’a pas besoin d’intervenir sur les préréglages. « On est pratiquement tout le temps en dessous de 2 500-3 000 ppm. » C’est particulièrement le cas sur les 15 premiers jours comme le montre la courbe de CO2 du dernier lot (voir ci-dessous). Dans ce poulailler, le boîtier a été programmé pour « combattre le CO2 » : dès que la teneur dépasse 3 000 ppm, le régime de ventilation augmente progressivement de 30 % en fonction d’une plage de 1 000 ppm. « C’est-à-dire qu’à 4 000 ppm, le régime de ventilation est à + 30 %. Ce taux est minoré ou majoré selon les constantes de gaz et la saison », détaille Jean-Lou Le Guellec, d’Huttepain Bretagne. En parallèle, une sécurité est activée sur la température ambiante. Si la température est inférieure de 1°C par rapport à la consigne, l’influence CO2 s’arrête, ceci pour éviter de refroidir puis réchauffer et de faire grimper la facture de propane. Les besoins de renouvellement minimum sont réglés à 1,5 m3/h/kg vif jusqu’à 5 jours, puis 1 m3 jusqu’à 10 jours. Disposant d’encore peu de recul sur les consommations de gaz, l’éleveur a mesuré toutefois une consommation moindre (de 10 à 20 %) dans le bâtiment neuf, malgré le préchauffage de la dalle pendant 7 jours, que dans ses deux autres bâtiments similaires conduits en bande unique. Il apprécie par ailleurs la facilité de nettoyage à haute pression des CBX alors que ses canons doivent être sortis à chaque vide pour être dépoussiérés (deux heures par bâtiment). "Rien que cela justifie l’écart de coût de 30 % entre les deux modes de chauffage", souligne l’éleveur qui a prévu d’en équiper à terme ses deux autres bâtiments.

Une oxygénation des poussins optimisée

"Maîtriser le CO2 sur les 10-15 premiers jours sera d’autant plus facile sur des bâtiments très étanches et équipés d’un chauffage à combustion externe, comme c’est le cas ici", complète Jean-Lou Le Guellec, d’Huttepain Bretagne. On sait qu’une mauvaise oxygénation du poussin durant les 5-10 premiers jours impacte son développement et peut avoir des conséquences visibles qu’en fin de lot, notamment les cardiaques et les problèmes d’ascites. "D’une manière générale, l’action sur le CO2 doit être décidée et affinée en fonction du type de poulailler, de son étanchéité et de ses équipements, prévient-il. L’éleveur doit s’appuyer sur la connaissance de son bâtiment et sa propre expérience. » Attention à ne pas chercher à tout prix à baisser le taux de CO2, au risque d’obtenir l’effet inverse de celui recherché.

Des gaz de combustion rejetés à l’extérieur

Les deux générateurs CBX sont installés du côté des entrées d’air du bâtiment à ventilation transversale. Le principe de chauffage est basé sur le transfert de chaleur. Le ventilateur aspire l’air du poulailler vers les tubes en aluminium dont l’intérieur est chauffé par des brûleurs à gaz situés à l’extérieur. « L’air chauffé à 80 °C est diffusé dans le bâtiment par deux déflecteurs, avec une répartition de 60 % pour l’un et 40 % pour l’autre, ce qui explique la position décentrée des appareils (plutôt sur la seconde moitié du bâtiment). Le débit élevé du ventilateur (7 400 m3/h) permet un bon brassage de l’air et d’avoir des températures homogènes », souligne Cédric Hamon, directeur commercial de Systel. L’accès au système électrique et à la rampe de gaz se fait par l’extérieur.

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