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Se défendre contre les vols de moutons

En Loire-Atlantique, les mesures mises en place par les éleveurs et la gendarmerie ont permis de réduire les vols de moutons, qui restent toutefois encore trop nombreux.

<em class="placeholder">Une sensibilisation des éleveurs a été faite lors de la journée par la Cellule de Prévention Technique de la Malveillance de Loire-Atlantique et la brigade mobile ...</em>
En Loire-Atlantique, la Cellule de Prévention Technique de la Malveillance de Loire-Atlantique et la brigade mobile d’Héric travaillent ensemble à limiter les vols sur les exploitations.
© Gabriel Omnès

« Chaque année, 250 à 300 brebis sont volées en Loire-Atlantique, a indiqué Fulbert Frémont, éleveur à Saffré et membre du Collectif des éleveurs pillés, lors de la journée régionale ovine organisée par la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire. Et ce nombre a diminué. En 2018, 450 animaux avaient été volés. » Les éleveurs sont très impactés, notamment près de Nantes et le long des voies rapides, de même que les particuliers et les entreprises d’écopâturage. Les vols ont lieu toute l’année, mais plus fréquemment en mars-avril, à Pâques et à la Pâques Orthodoxe. Les animaux sont rarement retrouvés ou morts, les pattes attachées avec du fil de fer. 

 

Des impacts bien au-delà du vol

Pour les éleveurs, l’impact est à la fois financier et humain. « Les assurances remboursent les brebis, mais elles ne prennent pas en compte la perte de production, déplore Fulbert Frémont. Sur mon élevage, alors que la fertilité en désaisonnement lumineux est en général de 80 %, elle est tombée à 50 % sur un lot où il y avait eu un vol. » L’existence de franchises et la crainte d’être considéré par l’assureur comme « à risque », car mal protégé, fait aussi que les éleveurs ne signalent pas toujours le vol à leur assurance. 

Et au-delà de l’aspect purement financier, il y a le temps passé à rentrer les animaux, les recenser, aller à la gendarmerie porter plainte. « À chaque fois, c’est une journée de travail », indique Gaëtan Lefeuvre, éleveur à La Grigonnais. S’y ajoutent encore les traumatismes engendrés par les vols et le stress pendant les périodes à risque.

Des moyens techniques et humains

En 2018, les éleveurs ont donc créé le Collectif des éleveurs pillés, qui regroupe une cinquantaine d’éleveurs, pour comptabiliser les vols, inciter les victimes à porter plainte et soutenir les éleveurs. Ils ont créé un groupe WhatsApp, qui inclut la gendarmerie, sur lequel ils signalent les vols, des véhicules suspects… et où ils donnent pour la gendarmerie les points GPS de leurs troupeaux aux périodes à risque. Sur les conseils de la gendarmerie, ils ont installé des clôtures, des barrières métalliques cadenassées, des caméras de chasse. Ils évitent désormais les champs et les bâtiments isolés. Et certains utilisent des chiens de protection.

Lire aussi : Comment luttez-vous contre le vol d’animaux ?

La gendarmerie est aussi très impliquée pour limiter les vols. Créée en 2024, la brigade territoriale mobile d’Héric patrouille jour et nuit sur les exploitations et rencontre tous les éleveurs des quatorze communes de sa zone. Elle envoie aussi des messages au collectif et à tous les éleveurs du département par le biais de la Chambre d’agriculture. Depuis 2023, les vols ont ainsi diminué. Alors qu’en 2021, 51 vols d’ovins avaient été déclarés sur les huit premiers mois de l’année, il n’y en a eu que 45 en 2023 et 28 en 2025. Mais en parallèle, les vols ont augmenté dans le département voisin du Maine-et-Loire.

Stratégie de sûreté

« Nous devons travailler ensemble, ont insisté auprès des éleveurs les gendarmes de la Cellule de prévention technique de la malveillance de Loire-Atlantique. Il faut porter plainte à chaque vol et nous signaler tout ce qui peut paraître suspect, un véhicule que vous n’avez pas l’habitude de voir, avec sa couleur, son immatriculation, quelque chose d’inhabituel à l’entrée d’un champ… Nous avons besoin de connaître l’état de la délinquance, où elle opère, quand, comment…, pour cibler les actions. » 

La gendarmerie conseille d’installer des clôtures, des portails, un éclairage avec détection de présence. Mais aussi protéger les véhicules et objets de valeurs, et de renforcer les ouvrants, notamment en façade arrière. Une mise sous alarme ou vidéoprotection est également possible. Il est important aussi de sensibiliser le personnel et, en cas de vol, surtout de ne rien toucher et d’appeler la gendarmerie.

 
Rédaction Réussir

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