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Quelle place pour l’IA en élevage ?

L'Institut de l'élevage s'intéresse de près aux applications de l’intelligence artificielle (IA) en élevage. Facilitant l'accès aux connaissances, l'IA amènera aussi les métiers du conseil à évoluer.

Troupeau de brebis vu du dessus.
Une IA a été entraînée à reconnaître et à compter les brebis dans le cadre du projet Icareus.
© A. lebreton

C’est la grande révolution technologique du début de ce siècle. L’intelligence artificielle (IA) révolutionnera les processus de recherche et développement, et donc les services proposés aux éleveurs. L’Institut de l’élevage en a fait le cœur d’une table ronde à l'occasion de son assemblée générale, le 4 juin. L’occasion de revenir sur les applications en élevage des deux grands types d’IA : l'IA prédictive, capable de prédire des événements futurs sur des données historiques, et l'IA générative, capable de générer du texte, des sons, des images.

 

L'IA prédictive trouve déjà des applications en élevage

L’IA prédictive en élevage est déjà une réalité : l’Institut de l’élevage la teste dans des projets de recherche, pour par exemple prédire le poids des bovins en les scannant en 3D, la quantité de gras sur une carcasse à partir d’une photo ou le comportement animal d’après une simple vidéo. Du côté des ovins, le projet Icareus a entraîné une IA à reconnaître et à compter des brebis. « Mais le numérique n’est pas une fin en soi », précise Clément Allain, expert de l'élevage de précision à l'Institut, lors de la table ronde. « L'Institut de l'élevage teste des technologies présentes sur le marché pour en objectiver l'utilité en élevage. »

Lire aussi : Du numérique dans les pâtures des ovins

Les organismes professionnels agricoles pourraient bien être assis sur une mine d'or de données. Comme l'indique Jacques Sainte-Marie, chercheur à l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, « les données qui ont le plus de valeur sont désormais celles qui ne sont pas en libre accès. Elles ne sont pas exploitables par des IA généralistes, accessibles à tous en ligne ». Parmi ces données stratégiques : celles du contrôle laitier officiel ou des contrôles de performances. Le groupe Eliance, par exemple, entraîne déjà une IA pour prédire la production de lait sur douze mois, à partir des données de contrôle de performances et des données de livraisons laitières.

 

L'IA amènera une transformation du conseil en élevage

Rares sont ceux qui n'ont jamais posé de question à une IA générative en ligne. « L’IA est un vecteur d’interaction avec les connaissances » explique Jacques Sainte-Marie. « C’est outil puissant et en même temps, très simple à utiliser, ce qui est totalement inédit. » Avec cet accès facilité à la connaissance, les métiers du conseil vont être amenés à se transformer… mais pas à disparaître. Clément Allain se veut rassurant : « Les éleveurs sont déjà très seuls dans leur travail. L’IA ne remplacera pas le conseil en élevage : il y aura toujours besoin d’un contact humain ». 

Lire aussi : Des bâtiments d'élevage intelligents

D’autant que les systèmes d’élevage présentent « une vraie complexité » : si l’IA est prometteuse, il faudra tout de même « sécuriser les modèles et adapter les conseils face à la diversité des élevages » estime-t-il.

 

L'adoption du numérique en élevage connaît des limites

On le sait, le partage des données est stratégique, ce qui soulève de nombreuses craintes concernant leur confidentialité, auxquelles les éleveurs n’échappent pas. Mais l'adoption du numérique en élevage connaît des freins. Par exemple, le manque d’interopérabilité entre technologies. Les différentes technologies ne sont souvent pas faites pour dialoguer entre elles et partager des données, ce qui oblige parfois les éleveurs à saisir plusieurs fois les mêmes informations. Le manque de connectivité internet peut aussi être une limite au numérique en élevage. « Certes, la couverture réseau est de plus en plus large, mais les données collectées sont aussi de plus en plus précises et fréquentes », note Clément Allain. 

Sans compter que le secteur numérique a déjà un poids environnemental conséquent. Il représente 4,4% des émissions de CO2 en France.

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