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Une nouvelle porcherie technologique et pédagogique au lycée de Saint-Lô

L’atelier naisseur-engraisseur neuf du centre de formation Saint-Lô Thère a été conçu pour que les étudiants y reçoivent une formation pratique dans les meilleures conditions et avec les dernières technologies.

Lavage d’air, échangeur de chaleur, cooling, cases balances en maternité, multiphase en post-sevrage… Le bâtiment neuf de l’établissement public d’enseignement qui abrite 128 truies productives et 1 050 places d’engraissement sur paille rassemble les dernières techniques et équipements. L’élevage est conduit en quatre bandes avec sevrage à 21 jours, bref, un élevage moderne, adhérent au groupement Cap 50, peuplé avec des cochettes Nucléus issues de la filière assainie et engagé dans des démarches de qualité…
Ce qui le distingue d’un élevage de production classique, ce sont essentiellement les aménagements spécifiques liés à sa vocation pédagogique. Saint-Lô Thère est en effet un établissement reconnu pôle de compétence de l’enseignement agricole régional en formation porcine.
À ce titre, il divulgue des formations pratiques dans l’élevage, essentiellement pour les BTS en production animale. La conception de l’atelier s’en trouve donc « impactée » à quasiment tous les niveaux.
Un couloir de visite extérieur permet de voir chaque salle du bloc naissage, y compris par des personnes à mobilité réduite. L’entrée de l’élevage abrite une salle de cours et des vestiaires conçus pour qu’un groupe de vingt puisse se doucher et se changer.
Dans l’élevage, la priorité a été donnée à la luminosité des salles pour le confort des animaux mais aussi des étudiants qui y effectuent les différents apprentissages. La largeur des couloirs est aussi conçue pour la circulation de groupes d’une dizaine de personnes. En gestantes, le logement des truies en quatre salles indépendantes avec réfectoires courettes est aussi dicté par cette vocation pédagogique. « Les truies y sont amenées dès le sevrage et bloquées autour de l’insémination. Ce système permet aux étudiants d’inséminer calmement et de réaliser les interventions (échographies…) en toute sécurité », justifie Gilles Cousin, responsable de l’élevage.

Le conseil régional de Basse-Normandie a financé l’intégralité


Une autre spécificité majeure de l’élevage est d’être engagé dans une démarche « durable, visant l’autonomie ». Un positionnement essentiellement lié à la demande du conseil régional de Basse-Normandie qui a financé l’intégralité de l’investissement, tout comme la rénovation du reste de l’exploitation (60 vaches laitières) pour un budget total de 4,2 millions d’euros. Dans le cahier des charges défini avec le financeur, cet aspect a justifié le logement des porcs en engraissement sur paille et le compostage du fumier mélangé à celui des bovins. « Ce compostage est particulièrement intéressant pour notre exploitation, située dans le Parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin, donc en zone humide. Les composts sont épandus sur les cultures et les prairies ne pouvant pas recevoir de lisier. Nous gagnons donc en surface épandable, en souplesse d’utilisation et en valorisation agronomique ! », apprécie Claude Tapin, directeur de l’exploitation. L’élevage de porc est par ailleurs certifié EQC, engagement qualité Carrefour, avec une alimentation sans OGM. Et tout récemment il s’est engagé dans la production de porcs sans antibiotique mise en place par le groupement Cap 50.

Recherche de performance économique


Peuplé en février 2014, l’élevage commence à avoir un certain recul sur les performances. Globalement, les objectifs fixés à la base du projet sont tous atteints : 11,57 porcelets sevrés par portée sur les six premiers bandes, 38 kg de poids de sortie du post-sevrage à 77 jours d’âge… En engraissement, Gilles Cousin et Mickaël Delion, référant porc, craignaient l’impact du bâtiment sur paille non-isolé sur les performances. Or, les deux premières bandes sorties les ont rassurés : 850 g/j et 900 g/j respectivement, 16 centimes de plus-value, 40 kg de paille par porc… « Il nous faut maintenant voir ce que donneront les lots d’hiver », préviennent-ils. Rendez-vous est donc pris pour le printemps prochain.

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