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Trésoreries : Une bonne année 2023 en élevage de porc

La hausse du prix du porc en 2023 a permis de renflouer les trésoreries des élevages de porc, mises à mal depuis 2020. L’étude prospective de Cogedis table sur un premier trimestre 2024 dans la même lignée.

La conjoncture économique plus favorable en 2023 encourage les investissements dans les bâtiments d'élevage.
La conjoncture économique plus favorable en 2023 encourage les investissements dans les bâtiments d'élevage.
© A. Puybasset

Après deux années critiques pour les trésoreries des élevages de porcs bretons adhérents de Cogedis, avec parfois un excédent brut d’exploitation couvrant à peine les annuités, la situation économique s’est totalement inversée en 2023 grâce à l’envolée du prix du porc et à un prix d’aliment stable, voire en diminution. 

Lire aussi : Productivité et coût du travail font la différence dans les élevages de porcs européens

« C’est une année “extraordinaire” en termes d’excédents de trésorerie », a relevé Olivier Perret, directeur recherche et développement de Cogedis à l’occasion de la journée porcine organisée par les Chambres d’agriculture de Bretagne en décembre. 

Lire aussi : International : chute drastique des résultats des élevages de porc en 2022

Le centre de gestion a comparé le prix de vente des porcs (plus-values incluses) au point d’équilibre, prix auquel il faut vendre les cochons pour couvrir toutes les dépenses, y compris les prélèvements privés (voir infographie ci-dessous). Les trésoreries sont en excédent depuis le second trimestre 2022. « Même si un fléchissement est observé depuis juillet 2023, la tendance reste positive malgré un coût de production qui reste relativement élevé. »

Des prévisions positives pour 2024

À partir des perspectives de marché, Cogedis a estimé une hausse de l’excédent de trésorerie à 20 €/100 kg nets entre le premier trimestre de 2023 et celui de 2024. Cela représente une augmentation de 124 000 euros pour un élevage type naisseur-engraisseur de 240 truies. Cette étude prospective est calculée à partir de la moyenne des bilans comptables des adhérents (clôtures réalisées durant le premier trimestre 2023), ainsi que des indices de prix agricoles (Ipampa, mis à jour début décembre). « Ces résultats sont sous réserve d’hypothèses de prix et de charges qui se confirment avec une hausse du prix de vente du porc (198 €/100 kg nets au premier trimestre 2023 contre un prix de 212 €, estimé au premier trimestre 2024) qui reste supérieure à celle des intrants », prévient Olivier Perret. Dans ce scénario, le point d’équilibre passe de 175 €/100 kg nets au premier trimestre 2023 à 169 € à celui de 2024, grâce essentiellement à la baisse du prix de l’aliment.

 

Olivier Perret souligne que ces résultats économiques intéressants offrent de meilleures perspectives pour les élevages de porcs même s’il faut « rester vigilant face à une conjoncture qui peut se retourner rapidement ». L’enjeu pour le producteur est de s’adapter à une conjoncture de plus en plus imprévisible et de mieux gérer les risques de volatilité des prix.

Une tendance qui reste positive en 2024 malgré un coût de production qui reste élevé

 

 

Des trésoreries en excédent depuis mars 2023

Comparaison entre prix de vente et coût de production en porc
(en €/100 kg nets)
Source : Cogedis

 

 

Une hausse de la trésorerie des élevages de porc estimée à 20 €/kg en un an

Excédent moyen de trésorerie en 2023 et projection pour 2024 (premier trimestre)
Source : Cogedis à partir des résultats comptables des adhérents et indice Ipampa

 

Olivier Perret, directeur recherche et développement de Cogedis

« Connaître en permanence son point d’équilibre »

 

 
Olivier Perret, Cogedis
Olivier Perret, Cogedis © A. Puybasset

« Être producteur de porcs c’est gérer du risque ! Cette notion devient de plus en plus vraie, dans un contexte de forte volatilité des intrants (matières premières, énergie…) et une conjoncture de prix du porc qui peut rapidement se retourner. Cela nécessite d’avoir un pilotage financier extrêmement fin de son exploitation. Connaître en permanence son point d’équilibre est incontournable pour mettre en place une stratégie de « précaution financière », c’est-à-dire mettre de côté lorsque le contexte est plus favorable pour affronter les périodes de pertes de trésorerie. Les effets fiscaux et sociaux de ces revenus fluctuants peuvent être lissés par différentes stratégies (moyennes triennales, choix des outils d’optimisation sociale et fiscale, organisation juridique adaptée…). »

 

La technicité, premier facteur de réussite en élevage de porc

L’analyse des résultats de bilans comptables des adhérents Cogedis confirme que la technicité reste le premier facteur de performances économiques parmi les leviers internes à l’élevage. L’écart de coût de production entre la moyenne des éleveurs et les 25 % meilleurs est de 19 € pour 100 kg nets, passant de 185 à 164 € selon les bilans clôturés durant le premier trimestre 2023. 

Un écart de 20€ /100 kg entre la moyenne et les 25% des meilleurs élevages
Résultats technico-économiques moyens et du premier tiers des élevages (1)
(1) premier ...

Les charges proportionnelles représentent 80 % du coût de production, soit un écart de 15 €/100 kg entre la moyenne et le premier quart des élevages. Cet écart s’explique essentiellement par le poste aliment qui représente 70 % du coût de production. L’écart concernant les charges de structure est moins élevé que celui des charges proportionnelles (6 euros). « Leur maîtrise reste toutefois importante dans le pilotage des investissements à réaliser au sein de l’élevage », relève Olivier Perret de Cogedis.

L'aliment représente 70% du coût de production	
Répartition des charges proportionnelles et de structure (en €/100 kg nets)

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