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Marie Frédérique Le Potier, Anses Ploufragan
« Un vaccin contre la peste porcine africaine n’est pas pour demain »

Nouvelle présidente du Gara (1), réseau mondial de recherche sur la PPA, Marie-Frédérique Le Potier nous livre les principales conclusions des trois jours du congrès qui s’est tenu à Ploufragan du 6 au 8 septembre dernier.

Marie-Frédérique Le Potier a organisé le troisième congrès du Gara, réseau mondial d’instituts de recherche qui mettent en commun leurs connaissances sur la PPA (voir page ??).
© DR
Quelles sont les principales conclusions de ce congrès qui a donc réuni 135 spécialistes de la PPA, venus de 30 pays ?

Les différents exposés ayant trait au virus ont confirmé sa grande complexité. Nous ignorons encore à ce jour quelle est son action chez le porc, et comment il « manipule » le système immunitaire. Nous sommes en présence d’un virus d’une incroyable virulence.

Nous ne sommes donc pas prêts à disposer d’un vaccin ?

En effet. Toutes les approches « classiques » de recherche d’un vaccin ont échoué. Nous avons bien compris qu’au stade actuel des connaissances sur le virus, de gros efforts de recherche fondamentale sont indispensables. Il s’agit d’un préalable à tout objectif de mise au point d’un vaccin.

Plusieurs présentations ont aussi porté sur les voies de transmission du virus. Qu’a-t-on appris récemment dans ce domaine ?

On sait que la principale voie de transmission du virus est le contact entre animaux mais aussi la viande. Le rôle d’autres vecteurs est à l’étude, en particulier les tiques molles qui sont un intermédiaire avéré, en particulier en Afrique. La tique s’infecte en faisant un « repas de sang » d’un suidé sauvage, le potamochère, le virus s’y multiplie, et la tique retransmet le virus à un autre animal qu’elle va piquer.

Les tiques ne se déplaçant pas, ils ne peuvent pas être vraiment responsables de l’avancée des foyers de PPA dans le monde ?

En effet. Globalement, sur notre continent, la peste porcine africaine progresse de l’Est (Pays Baltes et Pologne) vers l’ouest au rythme de 20 kilomètres par an. C’est peu, sans commune mesure avec la propagation de virus comme celui de la grippe. Car le principal responsable de cette propagation est le sanglier qui, finalement, se déplace relativement peu, et ne quitte généralement pas sa forêt.

Le risque d’arrivée brutale de la PPA en Europe de l’Ouest est donc quasiment nul ?

Par voie terrestre, oui. Mais la menace existe bel et bien par des comportements irresponsables de personnes qui, par manque d’information sur le risque, pourraient véhiculer le virus en transportant des trophées de chasse, du jambon ou autre produit carné en provenance de pays contaminés. Les Allemands sont particulièrement soucieux de ce risque, sachant que le pays accueille de nombreux travailleurs de Pologne ou des Pays Baltes, qui pourraient ramener de la viande en provenance de leur pays.

Les Danois semblent aussi préoccupés par le risque que constituent les très nombreux camions qui reviennent de pays de l’Est ?

En effet, sachant que le virus est très résistant, les camions pourraient être des vecteurs. Mais en principe ils sont lavés et désinfectés et le risque est sans commune mesure avec celui que constituerait l’importation d’animaux vivants. En respectant la réglementation en vigueur qui oblige au contrôle, voire à l’interdiction des mouvements d’animaux dans les pays infectés et les règles de biosécurité connues, il n’y a théoriquement aucune raison que le virus ne se retrouve dans un élevage de porcs des pays d’Europe de l’Ouest.

Enfin, soulignons que l’OIE a validé la « régionalisation » de l’Europe qui consiste à placer les trois Pays Baltes et la Pologne en « régions infestées », tandis que le reste de l’Europe est déclaré indemne.

(1) Gara : Global African Swine Fever Research Alliance
La PPA ne progresse que de 20 kilomètres par an d’est en ouest
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