Aller au contenu principal

S’équiper d’une pompe doseuse pour la médication en post-sevrage

L’administration par l’eau de boisson devient une voie privilégiée pour réaliser un traitement médicamenteux des porcelets malades. Elle nécessite l’utilisation d’une pompe doseuse adaptée.

Avec l’évolution réglementaire sur la commercialisation d’aliments médicamenteux, la pompe doseuse devient un équipement de secours indispensable pour réaliser un traitement curatif auprès des animaux malades, en particulier en post-sevrage. Plus complexe à mettre en œuvre pour l’éleveur (contraintes d’équipement et de réglage), la voie d’administration par l’eau de boisson avec une pompe doseuse ne manque pas d’atouts.

Elle permet une action rapide dès les premiers symptômes et une consommation plus sûre, l’animal malade continuant de boire plus longtemps qu’il ne mange.

Elle donne de la souplesse pour adapter le traitement, tout en ciblant les animaux à traiter par salle ou par demi-salle.

Mais attention, toutes les pompes doseuses ne sont pas adaptées à un usage pour de la médication en post-sevrage.

Un dosage d’au moins 5 %

Le premier critère de choix est le réglage du dosage de la pompe qui doit atteindre au moins 4-5 %. Ces gros dosages sont nécessaires pour s’adapter aux limites de solubilité de certains antibiotiques, souvent présentés sous forme de poudre. Plus le produit sera concentré dans le bac de la solution mère (et le dosage faible), plus il risque de précipiter, d’autant plus dans le cas d’une eau dure. Ces dosages élevés sont aussi recommandés lors d’une vaccination des porcelets par voie orale (contre l’iléite, E. coli…) ou pour certaines spécialités en poudre (vitamines, probiotiques, antidouleurs…).

Deux autres paramètres à vérifier sont les débits minimal et maximal d’eau admissibles par la pompe, la consommation d’eau variant fortement durant la journée et selon l’âge des porcelets.

Un débit maximal suffisant

La pompe doit avoir un débit maximal compatible avec le débit au pic d’abreuvement. Il est calculé ainsi : nombre d'abreuvoirs du circuit à traiter x débit par abreuvoir x 70%. Si la capacité de la pompe n’est pas suffisante, le risque est d’avoir un sous-dosage du traitement, de réduire son efficacité avec un impact sur le risque d’antibiorésistance. Les pompes hydrauliques de type Dosatron ont des débits maximaux jusqu’à 2 500 litres par heure, adaptés à la plupart des installations. Variable selon le type de pompe électrique, ce paramètre doit être vérifié sur la notice.

Le débit d’eau minimum est pour sa part lié à l’actionnement d’un seul abreuvoir, c’est-à-dire 60 litres par heure en post-sevrage. Enfin, il est important de garantir une bonne homogénéité du traitement en sortie de pompe, pour que chaque animal reçoive la bonne dose. Un bocal d’homogénéisation s’avère souvent nécessaire en sortie de pompe.

Hydraulique ou électrique

Les constructeurs et distributeurs de pompes doseuses interrogés présentent leurs modèles de pompes doseuses, adaptées à une utilisation pour la médication en post-sevrage (voir tableau ci-dessous). Elles sont classées en deux grandes catégories :

  1. Les pompes hydrauliques. De type Dosatron et dominant le marché, elles utilisent la force motrice de l’eau pour actionner un piston qui libère un volume de solution mère dans la pompe. Leur point fort est la qualité d’homogénéisation. Le mélange se fait directement dans le corps de la pompe hydraulique. « L’injection est proportionnelle au débit d’eau. Le dosage est constant, indépendant des variations de débit et de pression d’eau », explique Xavier Cherhi, de Dosatron. 
     
  2. Les pompes électriques à membrane ou péristaltique. Elles fonctionnent avec un compteur d’eau à impulsion ou détecteur de flux. Il envoie un message au moteur de la pompe, qui injecte un volume de solution dans le circuit d’eau. Certains modèles ont des plages de dosage très larges, leur permettant d’avoir une double fonction, pour la médication (dosage d’incorporation élevé) ou pour l’acidification à faible dosage, par exemple.

Quel que soit le modèle utilisé, le pré-réquis au traitement par pompe doseuse est d'avoir une eau potable aux niveaux  bactériologique et chimique (pas d'excès de fer ni de manganèse...). Les pompes hydrauliques sont plus exigeantes sur le respect de l’entretien et de la qualité de l’eau pour maintenir la précision du dosage au fil des ans notamment pour des petits débits. Les compteurs d'eau ou débitmètres, indispensables aux pompes électriques, s'usent également avec la qualité de l'eau et doivent être vérifiés régulièrement. 

Un rinçage de la pompe doseuse doit être réalisé après chaque utilisation. 

 

 

 

Des équipements autour de la pompe

Les fournisseurs de pompes doseuses innovent pour faciliter la mise en œuvre de la médication par l’eau de boisson.

 

 
Les vannes de couleur aident à visualiser les circuits d'eau claire et traitée. © A. Puybasset

 

Au-delà des caractéristiques de la pompe en elle-même, les fournisseurs mettent en avant les équipements en amont et en aval pour garantir la réussite du traitement.

Beaucoup proposent un tableau de distribution d’eau complet, prêts à poser (Cerati, Aquadis…). « On a beaucoup travaillé sur l’environnement de la pompe doseuse (réducteur de pression, filtre à 20 microns, détecteur de flux en amont, vanne de remplissage du bac, bocal d’homogénéisation en aval…) », confirme Fabien Vautrin, de Calipro. Son tableau Distridose modulable (pour 2 jusqu’à 20 salles) permet de visualiser clairement les circuits d’eau claire et traitée. « On préconise un circuit de distribution par salle. L’intérêt est d’avoir un traitement bien ciblé tout en évitant le risque de contamination croisée. Cela facilite le rinçage du réseau d’eau après traitement et permet de maintenir la désinfection de l’eau dans les autres salles. »

 

Vers des pompes connectées

D’autres innovations portent sur les bacs de solution mère pour maintenir une bonne homogénéité en amont, tels que le bac à fond incliné Optidos 100 d’Ocene ou l’agitateur magnétique de Synthèse Élevage.

Chez Aquadis, la grande majorité de ses pompes Aqua3 sont désormais commercialisées avec le coffret iDose. « Il ajuste la dose à partir du débit d’eau mesuré par le compteur émetteur d’impulsion et permet une plus grande amplitude de dosage. Il apporte un confort d’utilisation et facilite la surveillance grâce à l’affichage de défaut et d’alerte clignotante », précise Philippe Allioux.

Synthese Élevage propose une version de la pompe péristaltique Select connectable avec son boîtier de collecte de données TX-Box. « Il permet de surveiller la consommation d’eau ainsi que celle du produit pompé, pour vérifier le bon démarrage du traitement », précise Franck Verron.

Dosatron va encore plus loin dans la connectivité, avec sa pompe Smart Dosing commercialisée par Ocene. Associée au logiciel d’analyse de données Smart-Link, elle facilite le suivi en temps réel des courbes de consommation, l’enregistrement les traitements effectués et la sélection d’alarmes de fonctionnement et de maintenance.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir porc.

Les plus lus

Evel’Up en baisse incite ses éleveurs de porcs à investir
Le groupement d'éleveurs de porcs Evel’Up a enregistré une production en baisse de 3 % à 3,6 millions de porcs. Ce qui ne l’…
Cooperl a bien résisté en 2021
Malgré une conjoncture défavorable, la coopérative lamballaise a réalisé un résultat nettement positif en 2021. Elle s’inquiète…
Avec un bâtiment semi-ouvert, le bien-être animal est considéré comme amélioré mais la réduction des émissions de gaz à effet de serre est plus délicate que dans un bâtiment fermé.
Deux visions possibles pour l’engraissement de porcs de demain
Deux concepts très différents ont été imaginés pour concevoir un engraissement de demain permettant de concilier environnement et…
François Pot, président du MPB, a mis en avant l'esprit pionnier des créateurs du marché du porc breton, dont  le finistérien Jean Moal, président de 1981 à 1992.
Marché du Porc Breton, 50 ans et toujours indispensable
Malgré les critiques et la baisse du nombre de porcs signalées chaque semaine, le marché du porc breton s'avère toujours…
La marge des GMS sur le jambon cuit augmente continuellement
La marge des GMS sur le jambon cuit augmente continuellement

 

Selon les données de l’observatoire de la formation des prix des marges (…

Coup de chaleur : 4 points de vigilance pour limiter le stress thermique des porcs
Anticiper le risque de stress thermique à l’approche de la saison estivale doit être un prérequis d’une bonne conduite d’élevage…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)