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Nucleus sélectionne les verrats Ino

Ino comme inodore, le nouveau label verrat proposé par Nucleus sur ses verrats Piétrain et Vigor (Large-White x Piétrain) permet une baisse sensible du nombre de carcasses de mâles entiers présentant des défauts d’odeur à l’abattoir.

Nucleus a mis au point un test sanguin sur ses verrats de ses lignées mâles candidats à la reproduction pour déterminer si leurs descendants développeront un risque de carcasse malodorante à l’abattoir. Initié en 2014 à la demande de son principal actionnaire, Cooperl Arc Atlantique, ce programme a permis de mettre en place des verrats Ino dans les centres d’insémination depuis septembre 2016. Les premiers porcs charcutiers issus de ces verrats ont commencé à être abattus. " Le principe est de sélectionner à 150 jours d’âge les futurs verrats reproducteurs dont les taux d’œstradiol sanguin sont bas ", explique Bruno Ligonesche, généticien Nucléus. " Grâce à la forte héritabilité de ce caractère et au lien démontré entre l’œstradiol sanguin et l’androsténone du gras, l’un des composants responsables des odeurs sexuelles, les descendants mâles entiers de ces verrats ont moins de probabilité de produire des carcasses malodorantes. "

Ce test est indirectement le fruit du programme Utopige initialement destiné à développer l’utilisation des informations génomiques. Utopige avait démontré la complexité et le coût élevé d’une sélection génomique pour supprimer les odeurs sexuelles des carcasses. " Une centaine de marqueurs moléculaires étaient impliqués, avec pour chacun un effet très faible. " En revanche, l’unité Pegase de l’Inra de Saint-Gilles avait alors mis en évidence un lien important entre le taux d’œstradiol dans le sang et la quantité d’androsténone dans le gras. Une information exploitée par Nucléus. " Dans un premier temps, nous avons démontré la corrélation entre le taux d’œstradiol sanguin des futurs verrats à 150 jours, âge auquel nous procédons à leur sélection, et le taux d’androsténone dans le gras sur ces mêmes animaux à 170 jours, l’âge moyen d’abattage des porcs charcutiers ", détaille Bruno Ligonesche. " Aujourd’hui, nous pouvons prédire avec un haut niveau de précision le niveau d’androsténone dans le gras de ces animaux à partir d’une simple prise de sang. " Dans un second temps, les équipes de Nucléus et de Cooperl ont réalisé un test à la station expérimentale de la Ville Poissin avec, d’un côté, des mâles entiers issus de verrats dont les taux d’œstradiol à 150 jours d’âge était élevé, et de l’autre des issus d’animaux dont le taux d’œstradiol était faible (verrats Ino). " Le résultat a été sans appel ", souligne Bruno Ligonesche : 12,6 % de carcasses malodorantes pour le premier lot, contre 3,9 % pour le lot Ino ! " Un écart significatif qui nous a permis de valider notre méthode de détection et de proposer ces verrats en CIA. " Par ailleurs, les performances de production des deux lots ont été strictement identiques (voir tableau). Pour améliorer la sensibilité du test, Nucleus mesure également le taux de testostérone sanguin. " Ce paramètre apporte un complément d’information, en révélant le degré de maturation sexuelle de l’animal. Mais en aucun cas il ne servira à sélectionner les animaux sur leur âge à la puberté. "

Aujourd’hui, la moitié des verrats lignée mâle Nucléus Piétrain et Large-White x Piétrain placés en CIA sont labellisés Ino. " L’objectif est d’augmenter leur nombre, pour atteindre 100 % en 2018. " Un objectif raisonnable, puisque le Piétrain est la race porcine qui présente le moins de risque d’odeurs sexuelles à l’abattage. "Même si cette rareté empêche de mettre en place une sélection quantitative classique, leur caractérisation par les prises de sang devrait se traduire par une baisse rapide du taux de carcasses malodorantes dans les élevages", conclut Bruno Ligonesche.

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