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Sven Haüser, directeur du secteur élevage, DLG
« Nous devons anticiper les demandes sociétales »

Directeur du secteur élevage de la DLG, Sven Haüser témoigne de l’évolution nécessaire des systèmes d’élevage pour répondre à un marché de plus en plus exigeant sur les conditions de vie des animaux.

Cette édition du salon Eurotier met à nouveau en avant des solutions pour aller davantage dans le sens du bien-être animal et de la préservation de l’environnement. Pourquoi ce thème récurrent à chaque édition ?

Parce que la demande sociétale dans ces domaines est là, croissante, et que nous devons trouver nous-mêmes les réponses. Car cette demande citoyenne finit généralement par se transformer en réglementation, comme c’est le cas depuis plusieurs années et dans de nombreux pays. De plus en plus, une frange des consommateurs entend avoir son mot à dire sur la façon dont les animaux sont élevés et l’environnement protégé. Nous devons donc nous-mêmes imaginer des systèmes d’élevage qui soient parfois radicalement différents de ceux que nous avons développés au cours de ces décennies, mais qui répondent à ces attentes.

Cela signifie qu’il va falloir changer radicalement la façon d’élever les porcs ?

Non. Nous sommes convaincus que les systèmes doivent cohabiter. Clairement, la demande est différenciée et deux marchés se dessinent. Celui d’une viande de qualité, bon marché, pour l’export et pour une grande partie de notre consommation intérieure. Et, parallèlement, un marché exigeant en termes de bien-être animal et de protection de l’environnement, avec des produits évidemment plus chers qui devront être payés à leur juste prix. Ce marché est en croissance et nous devons apporter des solutions au travers d’élevages de petite ou de grande taille, neufs ou rénovés.

Concrètement, quels sont les changements majeurs à apporter au système « conventionnel » ?

La problématique n’est pas nouvelle, et déjà des évolutions majeures ont été prises : le logement des truies en groupe, les cases maternités liberté… Aujourd’hui, les réflexions et actions portent sur l’engraissement. Une partie des consommateurs souhaite des porcs qui voient le jour et refusent qu’ils soient en totale claustration.

D’où les propositions de certains constructeurs : Schauer, Big Dutchman, Höllscher Leuschner (1), qui ont conçu des porcheries d’engraissement avec des courettes extérieures ?

En effet. On peut considérer que ces conceptions d’élevage relèvent du passé. C’est en partie exact, mais ces nouvelles porcheries font aussi appel à tous les équipements et matériaux modernes. Par ailleurs, la demande émergente ne se résume pas à ces seules courettes. Une partie des consommateurs allemands réclame plus globalement un meilleur confort des animaux tout au long de leur période d’engraissement.

Ce qui justifie cette plateforme intitulée « Le futur pour les porcs en engraissement » ?

Oui, avec ici un focus particulier sur les moyens de réduire les morsures de queue, et, à terme, l’arrêt de la caudectomie, sujet sensible pour lequel nous devons trouver les solutions. S’agissant d’un phénomène d’origine multifactoriel, il est normal de trouver sur cet espace des propositions sur le logement, l’ambiance dans les bâtiments, l’alimentation, les différentes possibilités d’enrichissement du milieu avec des matériaux organiques comme la paille, mais aussi le problème de la castration.

Où en est la filière allemande sur ce sujet de la castration des porcelets ?

Trois alternatives sont possibles : la castration avec un analgésique, l’immunocastration, et la production de mâles entiers, ces deux dernières options restant encore marginales en Allemagne. Nous y travaillons !

Les citoyens veulent avoir leur mot à dire sur l’élevage.

(1) A découvrir en détail dans l’édition de janvier 2017 de Réussir Porc
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