Mycotoxines : bien prélever son échantillon d’analyse
En cas de suspicion de contamination par des mycotoxines en élevage porcin, une bonne prise d’échantillon est nécessaire pour obtenir une analyse fiable. Les conseils du laboratoire Labocéa, équipé d’outils d’analyse à la pointe sur son site de Ploufragan, dans les Côtes d’Armor.
En cas de suspicion de contamination par des mycotoxines en élevage porcin, une bonne prise d’échantillon est nécessaire pour obtenir une analyse fiable. Les conseils du laboratoire Labocéa, équipé d’outils d’analyse à la pointe sur son site de Ploufragan, dans les Côtes d’Armor.
88 % des points d’erreurs selon diverses sources scientifiques viennent de la prise d’échantillons. C’est pourquoi, il ne faut pas prélever un échantillon de matière (aliment ou matière première) en un seul endroit, au risque de passer à côté de la contamination ou à l’inverse de prélever uniquement dans une zone infestée. Ce qui ne reflèterait pas la réalité de la contamination des matières premières consommées ou à consommer par les porcs dans l’élevage. « Une contamination de matières premières par les mycotoxines n’est pas uniforme, ni aux champs, ni au stockage. Quand vous avez un silo vertical avec une infiltration d’eau, il y aura présence de champignons et potentiellement, présence de mycotoxines dans les zones humides∞ », décrit Gurvan Le Pivert, responsable technique du service micropolluants organiques (1) lors de la réunion Labocéa à Ploufragan. « Il faut nous soumettre un échantillon représentatif pour en tirer les bonnes conclusions. » Il conseille de constituer un premier mélange de 5 à 10 kg de matières premières (ration complète, céréales, tourteaux…) à partir d’une vingtaine de sous-échantillons prélevés à différents endroits et sur quelques jours (si possible). L’échantillon final de 500 g à 1 kg (500 g pour un aliment, 1 kg pour une céréale) issu de ce mélange sera transmis au laboratoire à température ambiante (jusqu’à sept jours). Envoyer des échantillons d’organes ou les fèces d’animaux en cas de suspicion de contamination n’est pas conseillé. « Nous le faisons à la demande s’il n’y a plus d’aliment mais nous n’émettons aucun avis. Il y a un risque de ne pas trouver toute la quantité et la diversité de mycotoxines ingérée dans ce seul échantillon, cela permet juste un complément d’information vis-à-vis de la problématique mycotoxines », insiste le responsable.
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Interprétation des résultats
La technique analytique employée par le laboratoire consiste à utiliser la chromatographie en phase liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC MS-MS) permettant d’analyser 61 molécules et métabolites (2) dans les échantillons, avec une sensibilité très largement inférieure aux seuils réglementaires. La mycotoxine est détectée et quantifiée. Le retour de l’analyse demande de 7 à 15 jours compte tenu des temps de broyage, séchage, extraction, passage sur la machine et retraitement informatique. Côté interprétation des résultats, « toutes les molécules ne sont pas citées dans les textes réglementaires, seulement dix et les métabolites sont absentes. Et puis, la teneur maximale recommandée de la DON (3) pour un aliment composé porc est de 0,9 mg/kg (ppm). Or nous savons que les problèmes arrivent dès 0,5 mg/kg », indique Gurvan Le Pivert. Aussi, Labocéa réalise un calcul de l’équivalent Déoxynivalénol correspondant à la somme des molécules de cette famille de mycotoxines en pondérant par un coefficient de toxicité (en porcs et volailles). Et ce, afin de prendre en compte la présence et la toxicité des métabolites « qui peuvent être cinq fois plus toxiques que la molécule mère DON ».
Mycotoxines : une présence liée aussi au climat
« Quand le stockage est déficient, le champignon peut se développer potentiellement et produire des mycotoxines. Cela dépend vraiment de la météo et du climat de la région », explique Gurvan Le Pivert. En Bretagne, les plus retrouvées sont le déoxynivalénol (DON) de la famille des Trichothécènes, ainsi que le T-2 et le HT2 de la même famille et la zéaralénone. Dans le Sud-Ouest ou le bassin méditerranéen, le risque de présence de fumonisines et d’aflatoxines est plus élevée. Pour rappel, les mycotoxines sont issues du métabolisme secondaire des moisissures (Fusarium, Aspergillus, Penicillium…). Les mycotoxines se distinguent selon qu’elles sont issues de moisissures de champs ou de moisissures de stockage.
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