Aller au contenu principal

Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Moins d'antibiotiques au programme

Un plan national de réduction des risques d'antibiorésistance en médecine vétérinaire a été publié en novembre. Il vise une réduction de 25 % de l'usage des antibiotiques en cinq ans pour les animaux d'élevage et de compagnie, ainsi que le développement de solutions alternatives.

© cg

Après deux ans de débats au sein du « comité vétérinaire pour un usage raisonné des anti- biotiques », le ministère de l'Agriculture lance un plan d'actions incitatives censé diminuer les antibiorésistances.

La direction générale de l'alimentation (DGAL) a attendu le 17 novembre, veille de la quatrième journée européenne d'information sur les antibiotiques, pour divulguer son plan d'actions en 40 mesures, destiné à lutter contre l'antibiorésistance acquise par l'usage des anti- biotiques vétérinaires.

Il s'inscrit dans une démarche européenne et nationale visant d'abord à protéger la santé des citoyens. Dans l'UE, les micro-organismes résistants aux antibiotiques seraient responsables de 25 000 décès par an. Désormais, il faut plus que jamais considérer les antibiotiques comme un bien commun à préserver sur le long terme, et non comme des produits susceptibles à court terme d'améliorer les performances des animaux. Le plan de la DGAL entend agir à deux niveaux. D'une part diminuer la contribution des antibiotiques vétérinaires à la résistance bactérienne et d'autre part préserver l'arsenal thérapeutique, sachant que le développement des nouveaux antibiotiques sera difficile, long et coûteux. Un usage « prudent » et « ciblé » est désormais de rigueur.

Le plan s'adresse à tous les acteurs concernés, des laboratoires pharmaceutiques aux éleveurs, en passant par les vétérinaires prescripteurs et les délivreurs de médicaments (vétérinaires et pharmaciens). Le dispositif compte quarante mesures traitant de la formation et de la sensibilisation de tous les acteurs (axe 1 avec 13 mesures), de la recherche d'alternatives aux antibiotiques (axe 2 avec 9 mesures), de la réduction des pratiques à risques (axe 3 avec 11 mesures) et enfin du suivi des consommations et de l'antibiorésistance (axe 4 avec 4 mesures). Pratiquement, l'exposition animale aux antibiotiques devra baisser de 25 % dans un délai de cinq ans. Celle- ci prend en compte la quantité d'animaux traités, la dose et la durée de chaque traitement. Ce critère est plus pertinent que le tonnage consommé, car réduire seulement la consommation globale pourrait s'avérer inefficace. En effet, diminuer les tonnages de vieilles molécules au profit de molécules plus récentes (notamment les fluroquinolones et les céphalosporines) conduirait à aggraver l'antibiorésistance. D'ores et déjà, quelques mesures coercitives sont prises pour protéger l'efficacité de certains antibiotiques dits «critiques » pour la santé humaine. D'ores et déjà, les représentants de la filière porcine (Coop de France, FNP et Inaporc) avaient décidé la mise en place d'un moratoire sur l'utilisation des antibiotique de type céphalosporines de 3e et 4e générations (ceftiofur, cefquinone) en avril 2011 et pour une durée de deux ans. Les mesures du plan national laissent une large initiative aux filières. Concrètement, des réunions de sensibilisation des éleveurs et des techniciens pourraient être orga- nisées par les vétérinaires, à l'initiative des organisations de production ou des interprofessions, estime le docteur vétérinaire Dominique Balloy qui a participé aux travaux du comité vétérinaire pour l'usage raisonné réuni en 2010 par la DGAL. « Il faut que le message descende jusqu'à la base », insiste le praticien vendéen. «L'antibiotique doit redevenir un médicament au service de la santé animale. Il devra être prescrit dans des conditions plus restrictives que par le passé.»

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir porc.

Les plus lus

Vignette
Une installation structurée autour d’une fabrique d'aliment à la ferme simplifiée
La fabrique d’aliment créée par Anthony Damany, installé avec son père Claude en 2015, permet d’alimenter les porcs charcutiers…
Vignette
Avec une alimentation de précision, les truies sortent de maternité en meilleur état
L’alimentation de précision mise en place par Émilie et Julien Méléard en maternité leur a permis d’augmenter le poids des…
Vignette
Agir pour se protéger des particules fines présentes dans l’air des bâtiments d’élevage
L’air des salles d’élevage peut contenir plus de 250 000 particules fines par mètre cube d’air. Prévention et protection sont de…
Vignette
Une fabrique d'aliment à la ferme très simple pour 1 700 places d’engraissement
Installé en 2015 à la tête d’un atelier naissage de 220 truies à Saint-Clet, dans les Côtes-d’Armor, Mathieu Thomas a récemment…
Vignette
Pour Paul Auffray, « L’Ifip doit être ouvert aux entreprises et sur le monde »
Eleveur de porcs à Plouvara, dans les Côtes-d’Armor, Paul Auffray a été élu président de l’Ifip-Institut du porc…
Vignette
L’étude de marché, un outil indispensable pour la vente directe
En Ille-et-Vilaine, Frédéric est ravi d’avoir réalisé une étude de marché avant de se lancer dans la vente de ses produits en…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8€ TTC/mois
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Articles en libre accès
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT'Hedbo Porc (tendances et cotations de la semaine)