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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Malgré la crise, les jeunes investissent

Triskalia a organisé deux portes ouvertes le 25 mars chez deux jeunes éleveurs qui, par leurs investissements, démontrent qu’ils croient encore en l’avenir de la production. L’occasion pour le groupement de rappeler aussi que des solutions existent pour mieux valoriser la production.

Les deux portes ouvertes organisées la même journée par Triskalia dans les Côtes-d’Armor le 25 mars dernier ont permis de découvrir un bâtiment d’engraissement de 780 places chez Gildas Hamet (EARL des Noyers) à Trégomeur, et une maternité de 44 places à la SCEA du Petit Hoté, chez Emmanuel Lemercier à Saint-Aaron. Deux éleveurs récemment installés avec des tailles d’atelier relativement modestes (respectivement 155 et 180 truies naisseur-engraisseur), et qui ont investi pour améliorer la cohérence de leur élevage, ou remplacer des anciens bâtiments devenus obsolètes. Dans ces deux exploitations, les porcs sont produits sous signes de qualité (Bleu Blanc Cœur et label rouge Opale), qui permettent aux éleveurs de dégager des plus-values nécessaires pour assurer la pérennité de leur outil de production. "Par ces deux portes ouvertes, nous avons voulu démontrer qu’il existe encore des jeunes éleveurs qui croient en la production porcine en Bretagne", explique Bernard Poilvet, responsable de la zone Côtes-d’Armor au groupement Triskalia. À condition de respecter les fondamentaux de la production : "avoir un élevage cohérent pour engraisser tous les porcelets produits, optimiser la main-d’œuvre par des installations performantes et une bonne organisation, valoriser ses céréales si l’exploitation a du lien au sol, et surtout être bon techniquement, un préalable essentiel pour réussir". Bernard Poilvet souligne que les jeunes ne veulent plus travailler seuls dans un élevage. "Mais il est possible de développer un projet cohérent à deux associés, surtout si des signes de qualité comme le label rouge Opale valorisent la production."

Dominique Poilvet

SCEA du Petit Hote 44 places maternité tout confort

Emmanuel Lemercier s’est installé en 2013 à Saint-Aaron (Côtes-d’Armor) sur la ferme familiale avec 150 truies naisseur-engraisseur partiel. Pour engraisser tous ses porcelets, il fait l’acquisition d’un site post-sevreur-engraisseur situé à quelques kilomètres de distance. François Fournier, ancien technicien Triskalia, l’a rejoint deux ans plus tard en tant que salarié, dans l’optique de s’associer prochainement. Emmanuel Lemercier est aujourd’hui à la tête d’un élevage de 180 truies naisseur-engraisseur en label rouge Opale, avec 105 hectares de SAU dont 30 hectares de maïs autoconsommé. La nouvelle maternité de 44 places remplace deux bâtiments devenus trop obsolètes. Elle est dimensionnée pour une conduite en quatre bandes. "Nous avons voulu faire un bâtiment tout confort, aussi bien pour les animaux que pour les éleveurs", explique l’éleveur, qui a fait le choix des cases ascenseurs (Lact-Up de chez I-Tek) pour limiter les pertes par écrasement. "Neuf éleveurs sur dix choisissent désormais ce type de case, que ce soit en neuf ou en rénovation", affirme Benoît Le Boulzec, commercial I-Tek. Les porcelets bénéficieront de nids, avec un sol plein au-dessous pour limiter les déperditions de chaleur. L’objectif prioritaire pour l’éleveur étant de travailler avec une température basse dans la salle pour le bien-être des truies et des hommes. Un relevage centralisé permet de régler à partir d’un seul endroit la hauteur d’ouverture de tous les nids de la salle. L’alimentation des truies sera assurée par le Materniself (S.A. Méheust). Ce système permet une distribution maîtrisée à la fois de l’aliment et de l’eau sur une journée à partir de courbes programmées. L’aliment stocké dans un doseur descend par doses de 50 grammes dans l’auge grâce à un système de vérin. Des capteurs d’auge contrôlent la quantité consommée par la truie et limitent si besoin le nombre de doses distribuées. "Avec ce système, les interventions humaines sont réduites au minimum, tout en assurant à la truie une distribution optimale en rapport avec ses besoins de lactation", justifie l’éleveur.

Une production valorisée par le label rouge Opale

Le coût du bâtiment est de 5 000 euros la place, un investissement rendu nécessaire par la vétusté des maternités existantes et par le changement de conduite en bandes. Pour mieux valoriser sa production, Emmanuel Lemercier produit des porcs charcutiers label rouge Opale, un signe qualité qui lui permet d’obtenir une plus-value globale de 30 centimes par kilo sur le prix cadran. "Nous travaillons en partenariat très étroit avec Socopa qui abat et commercialise les porcs, pour faire la promotion des produits dans les magasins et faire vivre le cahier des charges afin de répondre au mieux aux besoins des consommateurs", explique Emmanuel Lemercier, convaincu de l’importance des signes de qualité tels que le Label Rouge pour pérenniser les exploitations de taille moyenne comme la sienne.

SCEA du Petit Hote en chiffres

Emmanuel Lemercier et François Fournier

180 truies naisseur-engraisseur

108 hectares de SAU

FAF partielle (maïs humide)

Cahier des charges label rouge Opale

EARL des Noyers 780 places pour engraisser tous les porcelets

Installé en 2015 à la suite de son beau-père à Trégomeur (Côtes-d’Armor) sur un atelier de 120 truies naisseur-engraisseur partiel et 52 hectares de SAU, Gildas Hamet a totalement rénové le parc bâtiment pour exploiter un cheptel de 150 truies et la suite en cinq bandes de 29 truies, avec un objectif de produire 4 000 porcs charcutiers par an. Pour cela, les anciennes maternités ont été transformées en post-sevrages, et l’ancienne gestante en maternité. Un bâtiment gestantes sur paille a été construit aux normes bien-être. L’engraissement neuf de 780 places présenté lors de la porte ouverte est constitué de cinq salles de 156 places. Il complète un bâtiment existant de 560 places. Pour limiter les coûts, l’éleveur a fait appel à des concepts simples, mais éprouvés : alimentation soupe, cases de 13 places, ventilation salle par salle et plafonds perforés surmontés de laine de verre. L’investissement se monte au total à 450 euros la place, en incluant le quai d’embarquement, une fosse à lisier et une machine à soupe. Cette dernière servira dans un proche avenir à alimenter par voie liquide l’engraissement existant actuellement équipé de nourrisseurs. "J’ai prévu de garder le maïs produit sur l’exploitation sous forme humide pour l’incorporer dans l’alimentation des porcs charcutiers", justifie Gildas Hamet.

Le contrat nouvel investisseur sécurise les cinq premières années

Les porcs charcutiers sont nourris avec un aliment contenant de la graine de lin extrudée pour être commercialisés sous le label Bleu Blanc Cœur. "Ce signe qualité permet aux éleveurs de toucher jusqu’à quatre euros par porc labellisé, avec des contraintes sur le TMP et le poids moyen des lots", indique Catherine Ollivier, technicienne au groupement Triskalia. "Ces derniers mois, j’ai surtout apprécié l’absence de retard d’enlèvement, preuve que les consommateurs sont demandeurs de ce type de produits", ajoute Gildas Hamet, pour qui la production sous signe de qualité est l’une des réponses à la crise. "Pour pérenniser mon exploitation, je ne mise pas sur un agrandissement de mon atelier. Ici, dans le Trégor, les terres sont très convoitées, et je n’ai pas envie d’investir dans une station de traitement du lisier." Gildas Hamet bénéficie aussi du contrat jeune investisseur proposé par Triskalia aux jeunes qui s’installent (voir aussi Réussir Porc mai 2016 page 40). Pendant cinq ans, ce contrat garantit un prix payé minimum établi en fonction du coût de production. "Depuis que je suis installé, j’ai perçu six centimes par kilo de carcasse. Cela m’a permis d’équilibrer mes comptes, prélèvements privés inclus". À 35 ans, Gildas Hamet croit fermement dans la pérennité de son exploitation. C’est sans doute cet état d’esprit qui a convaincu les banquiers de l’épauler pour son installation. "Quand on s’installe, il faut croire en son projet et connaître parfaitement ses chiffres", conclut-il.

EARL des Noyers en chiffres

1,2 UTH

52 hectares de SAU

155 truies

700 places de post-sevrage

1 340 places d’engraissement

4 000 porcs charcutiers par an

Cahier des charges Bleu Blanc Cœur

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