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Dominique Cantin, directeur d’Asserva
"L’identification individuelle des porcelets se fera rapidement"

Asserva lance un concept de nourrisseurs et d’abreuvoirs connectés pour analyser les consommations d’aliment et d’eau à l’échelle de l’animal. Pour son directeur, l’identification individuelle ouvre des perspectives importantes dans la gestion de l’élevage et la traçabilité.

Dominique Cantin, directeur d'Asserva. "On peut apporter un aliment correspondant aux besoins de chaque animal, tant en quantité qu’en qualité."
© D. Poilvet
Comment exploiter les possibilités de la connectique en élevage de porc ?

Comme pour toute nouvelle technologie qui arrive en élevage, il faut que la rentabilité soit au rendez-vous. Asserva met au point avec l’Ifip une méthode prédictive d’apparition des pathologies à partir de l’analyse des quantités consommées d’eau et d’aliment à l’échelle de l’individu. Cette méthode a un double intérêt économique. Elle permet une réduction des dépenses de santé en privilégiant les traitements individuels (effet direct), et elle diminue la pression sanitaire (effet indirect), d’où l’amélioration des performances techniques. Par ailleurs, beaucoup plus d’animaux pourront être labellisés "sans antibiotique", d’où une meilleure valorisation commerciale. Avec la base de données associée aux automates, une fiche de traçabilité individuelle permettra de garantir cette absence de traitement.

L’identification individuelle peut-elle être utilisée pour optimiser l’alimentation des animaux ?

Elle est déjà utilisée pour individualiser l’alimentation des truies gestantes avec le Selfifeeder. Et il est tout à fait envisageable d’utiliser une puce électronique pour gérer l’alimentation en post-sevrage et en engraissement à l’échelle de l’individu. Dans un premier temps, l’objectif est de réduire ou supprimer les comportements alimentaires non désirés (gaspillage, "goinfrement"), en fractionnant la quantité d’aliment distribuée sur la journée tout en restant dans un mode d’alimentation à volonté. Ce pilotage alimentaire permet d’abaisser l’indice de consommation. L’identification individuelle offre aussi de réelles perspectives en termes de qualité de viande. On peut ainsi apporter un aliment correspondant aux besoins de chaque animal, tant en quantité qu’en qualité, ce qui permettra d’homogénéiser les lots et améliorer les taux de muscles.

Des synergies avec les partenaires de la filière sont-elles possibles ?

Bien sûr, ce projet développé par Asserva doit être vu comme le précurseur d’une évolution qui peut intéresser tous les maillons de la filière. L’individualisation de l’alimentation va permettre aux éleveurs de produire des lots de porcs en fonction de la demande des marchés et des abattoirs. Il est même envisageable qu’à terme l’abattoir passe commande à l’éleveur en début d’engraissement de porcs dont la conformation réponde à ses besoins. La puce électronique donnera une garantie de traçabilité totale. Elle pourra contenir toutes les caractéristiques génétiques de l’animal, indiquera son origine et fournira les informations concernant son parcours de santé. Il sera aussi possible de l’utiliser en substitution de la frappe ou de la boucle d’identification.

Les équipements nécessaires (automates, identification individuelle) ne sont-ils pas encore trop chers pour rentabiliser l’investissement ?

Si toutes les possibilités que j’évoque sont exploitées, il me paraît évident que l’identification individuelle des animaux se fera rapidement et que l’éleveur y trouvera une plus value. Par ailleurs, les prix des composants électroniques et des outils connectiques ne cessent de baisser. Nous arrivons très rapidement à un seuil permettant d’envisager l’utilisation de puces électroniques jetables, ce qui résoudra le problème de leur récupération à l’abattoir.

La puce électronique donne une garantie de traçabilité totale

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