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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Les nombreux virus grippaux sont en constante évolution

H1N1, H3N2, H1N2… autant de dénominations caractérisant un virus grippal. Décryptage de la signification de cette classification qui permet entre autres de mesurer la part des différents sous-types et les mutations entre eux.

Gaëlle Simon, de l’unité de virologie de l’Anses Ploufragan, a fort utilement démarré la journée consacrée à la grippe par l’Ispaia et IDT à Ploufragan (1) avec des rappels sur le virus (ou plutôt « les » virus en cause), leurs spécificités et les différents types de grippes rencontrés en élevage.

Question de nomenclature tout d’abord. Les virus grippaux sont identifiés sous la forme d’un H et d’un N. Il s’agit en fait de deux glycoprotéines se trouvant à la surface du virus, le H étant responsable de la fixation du virus au récepteur cellulaire, le N permettant la libération des virions de la cellule cible. Sachant qu’il existe 18 H et 11 N, un virus sera nommé selon un de ces H et un de ces N. Toutefois, le nombre de combinaisons circulant réellement au sein d’une espèce reste limité. Exemple pour le porc : H1N1, H1N2 ou H3N2… Or les anticorps développés vis-à-vis d’un virus ne protègent pas d’une infection par un autre virus.

Et la réalité est encore plus complexe. Car au sein d’un même sous-type, par exemple H1N1, il existe encore plusieurs virus selon l’espèce animale dont ils proviennent. D’où une nomenclature supplémentaire qui associera aux HN et aux chiffres qui leur sont associés de petites lettres qui indiquent leur origine : av pour aviaire, hu pour humain, sw pour porc (swine). On parle alors de lignage. Exemple : H1avN1 et H1huN1 pour désigner deux virus H1N1, le premier d’origine aviaire, le second d’origine humaine.

Le porc, "marmite de mélange" de virus grippaux

Ces détails ne relèvent pas seulement de considérations de virologistes. Ils sont en effet importants pour comprendre l’origine d’un virus grippal. Car la transmission entre espèces est possible (voir schéma). Le porc peut être infecté par des souches grippales porcines, évidemment, mais aussi par des souches d’origine aviaire ou humaine. C’est pourquoi on qualifie le porc de « marmite de mélange ».

Un qualificatif qui se justifie d’une part parce que, dans un même élevage, différents types de virus peuvent circuler en même temps, que de nouvelles souches peuvent être introduites, par l’homme notamment, et, enfin, que de nouveaux virus peuvent émerger suite à des réassortiments génétiques entre ces multiples souches, plus fréquents chez le porc que dans d’autres espèces.

Ceux-ci se font le plus souvent entre souches enzootiques présentes en élevage depuis longtemps, mais des cas atypiques se produisent.

Le plus marquant de ces dernières années fut le virus apparu en 2009 au Mexique, responsable de ce qui a été dans un premier temps appelé « grippe porcine », puis « grippe mexicaine ». Ce virus H1N1 est en effet issu du réassortiment de virus humain, porcin et aviaire. Il a créé une réelle psychose à l’époque compte tenu de la sévérité des symptômes chez l’homme, de sa contagiosité, et de sa rapide répartition dans le monde. D’où le terme de pandémie et l’appellation de cette « grippe pandémique ». À l’heure actuelle, chez l’homme, c’est ce virus H1N1 pandémique qui est le principal responsable des épisodes de grippe hivernaux, donnant des signes cliniques tout à fait classiques. Ce virus sévit dans la plupart des pays avec une plus ou moins forte prévalence (voir articles à suivre).

Surveillance rapprochée

La grippe porcine n’est pas, comme par exemple la peste porcine africaine, une maladie réglementée à déclaration obligatoire. Gaëlle Simon déplore que, dans ces conditions, la connaissance de la diversité, de la dynamique et de la répartition géographique des virus grippaux porcins dans le monde soit très inégale. En France, les données issues des laboratoires qui détectent les virus grippaux (et caractérisent les sous-types) sont centralisées au sein d’un le dispositif national de surveillance, le Résavip, qui fonctionne depuis 2011. Au niveau européen, un réseau (Esnip) permet le partage des connaissances.

Les données ainsi récoltées, tout comme les travaux conduits par des laboratoires comme IDT Biologika (voir ci-contre) confirment une diversité croissante de ces virus grippaux en France comme en Europe, selon Gaëlle Simon, avec des spécificités régionales à l’échelle de l’Europe et de certains pays, dont la France.

(1) La grippe porcine dans tous ses états. Ploufragan, le 19 avril 2016.
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