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Le vaccin Clostriporc A a résolu les diarrhées néonatales

Chez Christophe Sevin, à Saint-Thomas de Courcerier, en Mayenne, le nouveau vaccin d’IDT contre le clostridium perfringens de type A a permis de se débarrasser des diarrhées néonatales qui frappaient les porcelets de chaque bande.

Le problème récurrent de diarrhées des porcelets dès 1 à 3 jours d’âge est totalement réglé depuis la mise en place de la vaccination des truies avec Clostriporc A dans cet élevage de 200 truies. L’éleveur parvenait à gérer cette pathologie en ayant recours aux antibiotiques injectables administrés très tôt, mais ne se satisfaisait pas de cette solution. « Tout d’abord, elle demandait beaucoup de temps, et les injections avaient généralement lieu le week-end suivant les naissances. Le recours aux antibiotiques avait aussi un coût non négligeable, mais, surtout, cette solution ne me convenait pas à titre personnel », justifie l’éleveur qui est engagé dans la production de porcs mâles entiers et sans antibiotiques après le sevrage avec son groupement Cooperl.

L’arrivée sur le marché du vaccin Clostriporc A d’IDT Biologika s’est révélée être la solution. Christian Spindler, vétérinaire de la Selas de la Hunaudaye, a en effet pris le problème « dans l’ordre » en faisant réaliser par le laboratoire les analyses permettant de poser un diagnostic précis sur les pathogènes en cause (voir encadré Smart kit). Des prélèvements de fèces et écouvillons rectaux ont été réalisés sur trois à cinq porcelets de trois portées. Le rapport d’Agnès Jardin, vétérinaire IDT Biologika est clair : pas de virus ni d’E. coli en cause, mais un Clostridium perfringens de type A produisant les toxines alpha et beta 2. Le vétérinaire de l’élevage propose alors la mise en place de la vaccination des truies bande à bande, cinq semaines et deux semaines avant la mise bas. « Dès la mise bas des premières truies vaccinées, en octobre 2016, j’ai arrêté l’injection curative quasi systématique d’antibiotique aux porcelets, et je n’ai constaté qu’une dizaine d’animaux aux fèces liquides sur les 450 de la bande », témoigne l’éleveur. Les bandes suivantes ont confirmé l’efficacité de ce protocole de prévention des diarrhées néonatales. Et les données chiffrées permettent d’en mesurer les conséquences : 3 % de baisse des pertes sur nés vivants, un gain de 325 g de poids vif au sevrage (voir tableau). Paul Creach, directeur d’IDT Biologika France calcule : cela représente 194 porcs de plus par an à la vente, 2,42 €/truie de diminution des coûts d’antibiotiques. Pour un investissement d’environ 0,25 € par porcelet, le gain net est de 2,6 euros par porc, soit un retour sur investissement de 10 et un gain que le logiciel Pigsim évalue à 15 500 euros pour l’élevage.

Un diagnostic préalable indispensable

Le vaccin Clostriporc A est dirigé contre les Clostridium perfringens de type A produisant les toxines alpha et beta2. Il n’aura d’efficacité que s’il s’agit bien de ce pathogène qui est responsable des diarrhées néonatales. « D’autres pathogènes peuvent être responsables, ou co-responsables, de ces symptômes, des virus (rotavirus, coronavirus), des bactéries (E. coli), entérocoques, voire des coccidies », précise Agnès Jardin, vétérinaire IDT Biologika. C’est la raison pour laquelle le laboratoire propose un kit de diagnostic, le SMART kit, qui a reçu la distinction Innov’Space en 2016. Car il permet en effet de réaliser des analyses dans un laboratoire allemand « indépendant d’IDT Biologika, et seule structure permettant l’évaluation, de manière semi-quantitative, de la production in vitro des toxines alpha et Beta 2 », précise Paul Creach.

Le kit comprend trois pots de récolte de fèces pour les analyses de virus, trois écouvillons rectaux pour la recherche des bactéries et un flacon destiné à recevoir des fragments de tissu intestinal pour l’histologie. L’ensemble est expédié en Allemagne par colis express et les résultats sont disponibles huit à dix jours plus tard. « Cette étape est indispensable avant la mise en place du vaccin », prévient Agnès Jardin. À ce jour près de 230 kits sont parvenus au laboratoire depuis sa mise à disposition en juillet dernier, avec, dans 83 % des prélèvements la présence de Clostridium perfringens de type A, la moitié produisant la toxine beta 2 et 36 % les deux toxines associées.

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