Aller au contenu principal

Un pont de vaccination des porcelets à moins de 2 000 euros

L’équipement mobile Eazyvac permet de vacciner les porcelets à hauteur d’homme, tout en étant facile d’emploi et peu onéreux. La maternité collective SCEA de La Ville Barbé l’a vite adopté.

L’idée originale du pont de vaccination Eazyvac est d’associer une caisse modulable de contention des porcelets à un gerbeur électrique capable de lever la caisse à hauteur d’homme. L’ensemble aboutit à un équipement ergonome, mobile, rapide à installer et à coût maîtrisé. Il est le fruit d’une collaboration entre des vétérinaires d’Univet santé élevage, le laboratoire Zoetis, le service bâtiment de Porc Armor évolution et un groupe d’éleveurs, dont Sylvain Hamon, cogérant de la SCEA de La Ville Barbé à Hénanbihen.

Depuis que l’Eazyvac y est testé, les six salariés de la maternité collective de 1 250 truies se disputent presque leur tour pour vacciner chaque semaine les quelque 700 porcelets sevrés ! « La position debout est plus confortable pour le dos. On vaccine désormais dans le couloir d’accès principal du bâtiment de post-sevrage, plus lumineux et plus frais que les salles, confirment les salariés Thierry, Joseph et Stéphane. Il n’y a plus besoin de soulever les porcelets du sol. Ils ne crient pas, on peut se passer de casque auditif. Avec cet équipement, on améliore notre confort de travail, le bien-être animal mais aussi la qualité de vaccination », résument-ils.

Lire aussi : Gagner en confort de vaccination

 

 
Frédéric Colin, de Zoetis, Benoit Boivent et Sébastien Lopez, d’Univet Santé élevage. « En apportant du confort de travail, l’Eazyvac contribue à une qualité de vaccination plus homogène du premier au dernier porc vacciné à chaque séance de vaccination. » © A. Puybasset
Initié depuis 2019 par les vétérinaires Sébastien Lopez et Benoit Boivent, le projet Eazyvac avait pour objectif de répondre aux deux problématiques d’amélioration de l’ergonomie du travail et de qualité de vaccination. « Avec l’augmentation de la taille des bandes, la vaccination des porcelets en élevage est de plus en plus perçue comme une corvée. Elle peut être un frein à la mise en place d’une nouvelle prophylaxie. Avec la fatigue liée au port des porcelets se pose aussi la question de l’homogénéité de la vaccination entre le début et la fin du chantier », expliquent-ils. Le cahier des charges de l’Eazyvac a été défini avec quatre éleveurs et devait tenir compte de trois contraintes : un niveau d’investissement acceptable (moins de 2 000 euros), un temps d’installation inférieur à 15 minutes et une sécurité maximale pour les opérateurs.

 

Adapté pour 30 porcelets de 6,5 kilos

Conçu par le service bâtiment de Porc Armor évolution et fabriqué par un artisan ferronnier de Loudéac, l’Eazyvac arrive à sa version définitive.

 

 
Le pont de vaccination Eazyvac est composé de deux éléments indépendants : une caisse de contention des porcelets et un transpalette avec croisillons et relevage électrique. © A. Puybasset
Il est composé d’un caisson de 1,6 m de long, de 80 cm de largeur et 43 cm de haut. L’armature et les portes sont en inox. Les dimensions des cloisons en PVC et du fond en caillebotis plastiques sont standard, ce qui facilite leur remplacement en cas d’usure. L’ensemble est démontable et facilement lavable. Le caisson a été spécialement dimensionné pour être porté par un transpalette spécifique, commercialisé par France Manutention (1). « Cette combinaison des deux équipements a plusieurs avantages, listent-ils. La partie hydraulique étant sur le gerbeur (et pas sur le caisson), on évite les problèmes de maintenance que l’on peut avoir avec des ponts de vaccination à relevage automatisé. Le SAV est géré par une entreprise professionnelle du relevage. Les croisillons sous le gerbeur apportent de la stabilité. Le relevage du transpalette est électrique (jusqu’à 80 cm), alimenté par une batterie rechargeable. Il peut rouler sur les caillebotis. »

 

 

 
Les croisillons du gerbeur apportent de la stabilité. Il peut être relevé jusqu’à 80 cm de haut et porter un poids maximum de 1000 kilos. © A. Puybasset
Un atout majeur du système est que la hauteur du caisson est ajustée en fonction de la taille des opérateurs, pour plus de confort. La caisse est conçue pour recevoir jusqu’à 30 porcelets de 6,5 kilos.

 

Un coût autour de 2 000 euros

Facile à dupliquer et à généraliser en élevage, l’intérêt du pont de vaccination est d’être fabriqué sur mesure tout en utilisant du matériel standard. En comptant un coût du transpalette d’environ 1 200 euros et une fabrication de la caisse par un ferronnier, l’équipement complet Eazyvac revient à 2 000 euros. « L’objectif est désormais de le promouvoir à plus large échelle », compte Frédéric Colin, responsable vétérinaire porc du laboratoire Zoetis, qui a accompagné Univet Santé élevage et Porc Armor évolution dans toutes les étapes du projet. Les plans de l’équipement sont disponibles auprès du service bâtiment de Porc Armor évolution (2).

Un équipement sur mesure avec du matériel standard

(1) Référence EX10.
(2) Contact : Porc Armor évolution - Christophe Guivarch - 06 83 89 02 15.

La vaccination avec Eazyvac en pratique

À la SCEA Ville Barbé, la vaccination est réalisée à l’entrée des salles de post-sevrage sur des porcelets de 26 jours, 5 jours après le sevrage. Elle mobilise deux personnes pendant 1h30 pour 700 porcelets.

Avis : Sylvain Hamon, cogérant de la SCEA de La Ville Barbé à Hénanbihen

« Un équipement mobile et sécurisé »

 

 
Sylvain Hamon, cogérant de la SCEA de La Ville Barbé à Hénanbihen © A. Puybasset
« Avant de m’installer, j’ai été salarié pendant 15 ans. Je sais ce que représente le travail de vaccination des porcelets. Lors de la conception de la maternité collective de 1 250 truies, nous avons réfléchi à installer une fosse de vaccination, mais cette solution a été écartée pour des raisons de facilité de mise en œuvre, de difficulté du nettoyage et de coût. Nous cherchions une solution pratique, mobile, sécurisée pour nos six salariés et qui ne soit pas « bricolée ». L’Eazyvac répond à ces objectifs. Il apporte du confort et permet de travailler dans le couloir extérieur, avec des conditions d’ambiance plus agréables. La caisse, une fois stockée, prend peu de place. Le transpalette peut avoir d’autres utilités (transport de sacs, déplacement d’une truie trouvée morte…). »

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir porc.

Les plus lus

Le département du Finistère représente près de la moitié des offres bretonne en production porcine.
Salarié en élevage de porc - Un marché de l’emploi tendu en Bretagne
L’Anefa Bretagne analyse chaque année les offres déposées sur la Bourse de l’emploi www.lagriculture-recrute.org
La mortalité moyenne des portées de plus de 16 porcelets dépasse 18 %, contre 11 % pour les portées de 13 à 14 porcelets.
Comment gérer les porcelets surnuméraires
Le nombre de porcelets nés vivants n’a jamais été aussi élevé dans les élevages français. Mais les mener jusqu’au sevrage reste…
Le Canada accélère sur le bien-être des truies gestantes
Le Canada accélère sur le bien-être des truies gestantes
À compter du 1er juillet 2024, tous les éleveurs de porcs canadiens devront suivre la réglementation sur bien-être animal qui…
Le cheptel porcin français en baisse en 2022
Le cheptel porcin français en baisse en 2022

Selon la dernière enquête réalisée au printemps dernier, le cheptel porcin français a…

Les jambons secs sont parmi les plus émetteur de gaz à effet de serre des produits porcins ramené au kilo de produit brut, du fait que l’impact se concentre dans moins de matière, le séchage conduisant à une réduction de masse.
L’impact environnemental de la viande de porc évalué
La base de données Agribalyse 3.0 fournit les impacts environnementaux de près de 2 500 produits agricoles destinés à la…
Marlène Dilly, épaulée par son salarié Patrice Lecrecq, valorise trois cochons par semaine issus de l’élevage de son époux et de Jérémy Demol.
Un magasin de vente directe pour valoriser les porcs sur paille
À Avroult dans le Nord, Jérémy Demol et Emmanuel Dilly vendent une partie de leur production dans un magasin de vente de produits…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)