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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Le Cantal veut dynamiser le Capelin

Les éleveurs de Capelin viennent d‘être reconnus « Groupement d’intérêt économique et environnemental ». Un moyen de conforter leur production de porcs de montagne sur paille.

« Aujourd’hui, il existe une forte attente des consommateurs pour une viande de porc de qualité différenciée avec une origine identifiée, explique Jean-Luc Doneys, directeur de l’activité hors sol du groupe Altitude, dans le Cantal. La demande pour le porc de montagne sur paille Capelin (marque propre, voir Réussir Porc n° 242) est très dynamique depuis plusieurs mois. » Pour répondre à cet accroissement de la demande, la coopérative porcine du groupement (CAPP), qui commercialise 40 000 porcs charcutiers dont 12 000 Capelin, lance un programme visant à installer de nouveaux ateliers de porc sur paille et conforter les élevages existants. Un projet qui vient d’être labellisé GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental). Une démarche assez lourde qui doit se caler dans la grille de validation de ce dispositif agro-écologique, destiné à faire reconnaître par l’État des projets locaux et collectifs d’amélioration des pratiques agricoles répondant à la « triple performance (économique, environnementale, sociale) ». Le GIEE du Cantal regroupe dix producteurs de porcs de montagne sur paille et doit durer trois ans. Cette reconnaissance permet au collectif d’éleveurs d’obtenir un financement de l’État pour l’animation du projet et de faciliter l’accès à certaines aides publiques, par priorisation des dossiers voire majoration de ces subventions (par exemple 10 % supplémentaires sur le PCAE).

Réduire les besoins en paille

L’idée de ce projet est de conforter la viabilité et la « viabilité » des élevages de porcs sur paille dans les conditions de production de montagne. Le groupe s’est donné un programme de travail dense construit autour de quatre axes : améliorer la performance économique et environnementale, répondre à la demande sociale, améliorer l’attractivité du métier. En montagne, la paille est rare et coûte cher. Avec 70 kg de paille par porc en moyenne sur le cycle d’engraissement, si la totalité est achetée au prix du marché, le coût de revient de la litière est de 5,60 € par porc, calcule Xavier Legrand, responsable développement des activités hors-sol : « Cette charge variable représente près de 50 % de l’annuité d’un bâtiment neuf ». Le groupe va donc travailler sur la réduction de la consommation tout en maintenant les performances techniques, en utilisant par exemple de la paille broyée, plus absorbante, ou des additifs biologiques, voire des matériaux alternatifs (sciure). Il va repenser aussi la configuration des bâtiments afin de mieux maîtriser l’ambiance, en réintroduisant notamment de la ventilation dynamique, à la fois pour améliorer l’indice de consommation et la qualité de la litière.

Le groupe d’éleveurs prévoit de travailler aussi à l’amélioration de l’autonomie en céréales, en faisant évoluer les assolements. Le potentiel reste malgré tout assez limité. Il va également se pencher sur le coût de production en mettant en place le tableau de bord dans les élevages. La difficulté est de répartir les charges de structures entre les différentes productions d’élevage, notamment les consommations d’eau et d’électricité. « Nous voulons refaire des références de porcs sur paille dans notre zone de montagne », explique Xavier Legrand. Sur le plan environnemental, il prévoit de remesurer les valeurs fertilisantes des fumiers propres à leur mode d’alimentation, pour mieux les intégrer dans le bilan agronomique de l’exploitation, ainsi que leur potentiel méthanogène, en vue d’éventuels projets de méthanisation. Un axe prévention sanitaire est également au programme. « À court et moyen terme, l’idée est d’arrêter l’utilisation d’antibiotiques à partir de 42 jours d’âge, affirme le responsable développement. Nous y sommes presque, mais nous devons mettre en place la méthode de traçabilité afin de pouvoir le dire. À long terme, nous voulons aller vers une démédication totale, mais cela demandera un peu plus de travail. »

Améliorer le système de garantie

Côté social, le groupe veut renforcer le lien avec les consommateurs, en créant notamment un site internet. Le social, c’est aussi permettre aux producteurs de bien vivre de leur métier. L’idée est d’améliorer encore le système de garantie, au-delà du prix plancher actuel de 1,20 €/kg carcasse. L’attractivité du métier enfin passe par une amélioration des conditions de travail, en réduisant la pénibilité des tâches spécifiques à ce mode de production (manutention des porcs, paillage, curage) et en intégrer mieux le travail de l’atelier porc dans l’organisation globale de l’exploitation. Pour susciter de nouvelles vocations, les éleveurs vont organiser des visites d’élevage pour faire découvrir la production aux étudiants en agriculture. Ils ne manqueront pas d’arguments.

L’EARL des Glycines croit au porc sur paille

Patricia et Laurent Serieys, EARL des glycines, produisent du Capelin depuis dix ans dans un bâtiment de 400 places et du porc de montagne sur caillebotis (736 places en 2 bâtiments). Ils disposent également de 416 places de post-sevrage (soit 1 PS pour 3 lots d’engraissement). Les porcelets sont livrés toutes les 6 à 7 semaines à 21 jours par la maternité collective de la coopérative (CAPP). L’exploitation, dont le chiffre d’affaires est assuré à 90 % par l’activité porcine, commercialise 2 800 porcs charcutiers par an, dont 35 % de Capelin de 123 kg et 180 jours d’âge. En 2016, les Capelin ont été payés 1,63 €/kg carcasse et les porcs de montagne Cantalou 1,49 €/kg, pour un cadran moyen de 1,265 €/kg, soit des plus-values respectives de 0,365 €/kg et 0,225 €/kg. Les aliments deuxième âge, croissance et finition sont fabriqués à la ferme (790 tonnes par an), hormis l’aliment de finition à la châtaigne du Capelin (qui en contient 5 %), obligatoire les quatre dernières semaines.

Après avoir progressivement arrêté presque toutes les productions bovines (hormis l’engraissement de 25 génisses) et mis les surfaces herbagères en estives, l’EARL des glycines poursuit le développement du porc sur paille avec un nouveau projet qui va voir le jour fin 2018. Une ancienne stabulation à taurillons va être transformée en engraissement sur paille (315 places) et un nouveau bâtiment, qui comprendra 300 places d’engraissement sur litière en ventilation dynamique et 420 places de PS, va être construit. Ce qui portera la capacité de production à 836 places de PS et 1 750 places d’engraissement et l’objectif de production à 4 400 porcs charcutiers par an dont 65 % de Capelin. Le coût prévisionnel du projet, qui comprend aussi la construction d’une fosse à lisier et d’un bâtiment de stockage de la paille et du fumier, s’élève à 500 000 euros. Il bénéficiera de 70 000 euros de subvention PCAE.

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