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L’alimentation du futur testée par le Gouessant

Un prototype de distribution d’aliment est testé en élevage de production par les nutritionnistes du Gouessant. Il pourrait bien préfigurer une alimentation d’une extrême précision pour les années à venir.

Chez Pierre Morfouace, naisseur-engraisseur à Plestan, dans les Côtes-d’Armor, une case d’engraissement est aujourd’hui équipée d’un dispositif de distribution d’aliment Asserva baptisé Selfilab. S’il est encore au stade de prototype, il pourrait préfigurer des systèmes d’alimentation qui équiperont les engraissements du futur. Le principe est d’alimenter les porcs au plus juste de leurs besoins. Pour cela, les alimentateurs sont équipés de deux trémies contenant deux formules d’aliment, par exemple un aliment riche en protéine et un autre riche en énergie. Lorsque le porc, pucé, va consommer, son poids est enregistré à l’entrée du dispositif. L’aliment consommé est aussi mesuré. Toutes ces données peuvent servir de base pour le calcul au plus juste des besoins des porcs en fonction de leur poids et de leur appétit. « Les recherches conduites à l’étranger, en particulier au Canada, montrent qu’un tel ajustement entre les besoins et les apports réels de chaque porc peut conduire à une réduction de l’indice de consommation de 25 % et des rejets azotés de 40 % », annonce Sébastien Courtois, nutritionniste et animateur R & D au Gouessant. Loin d’être une fiction, le système pourrait en effet être développé de façon à offrir à chaque animal le mélange des deux aliments et la quantité les plus proches des besoins en fonction des objectifs de performance fixés. Un « multiphase individualisé » en quelque sorte. En tout cas, un dispositif qui se distingue d’équipements apparus ces dernières années, essentiellement en stations de recherche et dans certains élevages de sélection (Gène +…) où les animaux sont alimentés à volonté afin de détecter les individus les plus « performants ».

Sur la première bande élevée dans la case « expérimentale », les techniciens confirment une énorme variation individuelle d’ingéré, « avec des écarts de consommation quotidienne allant du simple au triple », annonce le spécialiste. D’où l’intérêt de prolonger le dispositif avec un logiciel qui calculerait en continu l’optimum du mélange d’aliment et des quantités attribuées à chaque porc.

La deuxième bande vient d’arriver dans la case expérimentale. Une deuxième case sera prochainement équipée du dispositif. Dans un premier temps, il s’agit de mettre au point le matériel. Puis de tester des formules alimentaires pour le service nutrition du Gouessant.

La salle est aussi équipée de caméras qui permettent à tout moment de visualiser le comportement des porcs. Démonstration à l’appui, Sébastien Courtois nous montre la case où les quinze porcs « précurseurs » semblent particulièrement calmes. « À l’avenir, il est possible d’imaginer des cases de 20 à 25 porcs avec un dispositif de ce type. Reste à travailler avec notre partenaire Asserva pour aboutir à un matériel éprouvé et économiquement acceptable en conditions de production. »

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