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La santé des porcs à l’ère du numérique

L’apparition de nouveaux outils numériques et des big data en médecine vétérinaire peut contribuer à mieux prévenir et maîtriser les maladies.

© D. Poilvet

Le développement des outils numériques en élevage est en passe de modifier en profondeur l’approche des problématiques de santé animale. De nouvelles applications accessibles en ligne directement en élevage facilitent la diffusion des connaissances et des méthodes pour évaluer le niveau de biosécurité des sites de production, mieux prévenir les maladies, ou encore mieux maîtriser les traitements.

Mais la vraie révolution numérique en cours réside dans l’utilisation optimisée des données collectées en élevage et dans la filière. L’administration d’un médicament à un animal, l’observation de leur comportement dans les cases, l’analyse de leurs déplacements dans l’élevage ou d’un site de production à l’autre, les interactions avec l’environnement de l’élevage (fournisseurs, abattoirs)… Tout ceci pourra être numérisé, souvent à l’aide de « capteurs de données » (boucles RFID, caméras…) permettant l’identification individuelle et une traçabilité complète de la naissance jusqu’à l’abattoir. La pression grandissante de l’administration sur la traçabilité des médicaments vétérinaires va sans doute accélérer ce processus. Au final, des millions de données saisies vont être regroupées dans ce que les informaticiens appellent des big data. Ces données constituent une base de travail unique pour aider la filière à mieux maîtriser la santé de ses animaux et à diminuer l’utilisation des médicaments, les antibiotiques en particulier. Des process basés sur l’intelligence artificielle vont permettre d’anticiper l’apparition de maladies. Ils vont pouvoir détecter instantanément les points faibles de l’élevage et proposer des solutions pour y remédier. À l’échelle d’un groupe d’éleveurs ou de la filière, ils vont aider à mieux maîtriser ou à éradiquer les grandes pathologies.

Il faudra cependant mobiliser beaucoup de moyens financiers et humains pour développer toutes ces nouvelles technologies numériques. La plupart devront aussi évoluer pour qu’elles soient accessibles à tous les éleveurs, et qu’elles ne deviennent pas une charge supplémentaire. Enfin, il faudra sans doute préciser les règles d’utilisation et de sécurisation des données appartenant aux éleveurs.

Des millions de données saisies sont regroupées dans des big data

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