Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

La Russie à l'heure des grands chantiers

Pour tendre vers son autosuffisance en viande de porc, la Russie développe à marche forcée la création d’élevages par modules de 5 000 truies, s’inscrivant dans des filières verticales complètes.

Des complexes de milliers de truies qui sortent de terre, des milliers d’hectares de cultures, l’usine d’aliment, l’abattoir et les magasins, le tout avec des capitaux privés, c’est le modèle de développement porcin qui se met en place en Russie.

 

Voilà le message passé au coursde la journée organisée par Adisseo à Paris le 5 février (voir page 48), au travers des présentations de Jan Peter Van Ferneij, économiste à l’Ifip, et Philippe Gréau, consultant et manager d’un complexe porcin situé à 400 km de Moscou, Veli- kolulsky Svinovodchesky.

 

Si le gouvernement encourage ce développement à tout va, c’est avant tout pour satisfaire une demande croissante de la population en viande de porc. Jan Peter Van Ferneij précise que la consommation intérieure a doublé en douze ans, passant de 1,6 million de tonnes en 2 000 à plus de 3 millions en 2012. Dans le même temps, la production qui s’était effondrée entre 1990 et 2000 a régulièrement progressé, mais pas au même rythme que la demande.

D’où des importations croissantes de la Russie pour nourrir sa population.
Le pays a importé 650 000 tonnes en 2012, essentiellement d’Europe (don til est le second débouché après la Chine) et du Brésil (respectivement 260 000 et 200 000 t), mais aussi des Etats-Unis et du Canada.

Une situation que le gouvernement ne souhaite pas voir perdurer. D’où, selon certains observateurs, le retrait d’agréments d’abattoirs sous des prétextes sanitaires (plus ou moins avérés ?) et, récemment l’interdiction d’importation de viande de porcs ayant reçu l’anabolisant Ractopamine.

Une décision qui a conduit le Brésil et le Canada à cesser cette pratique pour ce marché, tandis que les Etats-Unis entendent faire valoir la position de leur administration (Food and Drug) niant tout problème lié à cette molécule.

Le développement à grande échelle de la production porcine intérieure est donc encouragé par le gouvernement au travers de subventions et d’une fiscalité avantageuse.

 

« Sachant qu’en Russie, il y a de l’ar-gent ! », témoigne Philippe Gréau. De l’argent provenant de l’énergie, (gaz, pétrole...) et autres secteurs d’activité aux mains de puissants hommes d’affaires. Ils voient dans cette production une opportunité à saisir et développent des complexes tota- lement intégrés, allant de l’achat de terres jusqu’à la distribution de viande dans leurs propres magasins. Jan Peter Van Ferneij précise que chaque région veut développer ce type de production. De tels complexes se créent en particulier dans les zones céréalières, et à une relative proximité des grandes villes. Philippe Gréau rapporte pour sa part que les nouveaux complexes tendent à se développer progres- sivement vers l’Est, « suivant la route du Transsibérien."


Si la volonté politique et les capitaux sont bien là, le savoir-faire, lui est inexistant, selon les observateurs. C’est pourquoi les investisseurs se tournent vers l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Amérique du Nord... Pour leur apporter quasiment « clés en main » les outils de production rassemblant les toutes dernières technologies, comme en témoigne Philippe Gréau ».

Ce développement signe aussi la disparition des petits élevages, incapables de rivaliser avec ces megas élevages.

« Le prix du porc payé a chuté de 33 % en six mois », annonce Jan Peter Van Ferneij. Une chute insupportable pour les petits producteurs « indépendants », mais gérable par les complexes d’intégration qui, eux, peuvent jouer sur les différents centres de profit.

Le coup de grâce des petits producteurs russes viendra aussi peut-être de l’épidémie de peste porcine africaine qui se répand dans le pays et que les autorités sanitaires parviennent difficilement à maîtriser.

Jan Peter Van Ferneij prévient qu’il s’agit pourtant d’un problème majeur à résoudre« si les Russes veulent atteindre leur objectif d’autosuffisance en 2020 et, même, pourquoi pas, devenir exportateur de certaines pièces, notamment vers la Chine ! Mais il reste bien du chemin à parcourir pour en arriver là », prévient-il.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir porc.

Vous aimerez aussi

Vignette
Question débat : La réponse aux attentes de bien-être animal passe-t-elle par des équipements alternatifs ?
Truies maternité liberté, nouveaux concepts d’engraissements bi-climat… de nouveaux cahiers des charges incluant des exigences…
Vignette
La recherche porcine au plus près du terrain
Les journées de la recherche porcine qui avaient lieu à Paris les 5 et 6 février dernier ont fait la part belle aux publications…
Vignette
Hénaff étoffe sa gamme de produits bio.

Bientôt sept références bio de la célèbre marque bretonne seront proposées en GMS. Hénaff reste fidèle à sa philosophie d…

Vignette
Herta, Bigard et Evel’Up contractualisent sur 2 000 porcs par semaine
Le dispositif d’avance de trésorerie remboursable, mis en place par les trois partenaires, va gérer les écarts entre le prix de…
Vignette
Des Happig Hour pour faire tomber les préjugés sur le métier d’éleveurs de porcs

Le Comité régional porcine de Bretagne propose aux éleveurs de porcs d’organiser près de chez eux des Happig Hour. Le…

Vignette
La transmission des outils, une priorité chez Triskalia
Face aux aléas de la profession et aux banques qui demandent un apport de fonds propres, il faut viser au plus juste pour…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8€ TTC/mois
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Articles en libre accès
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT'Hedbo Porc (tendances et cotations de la semaine)